Bientôt la fin de l’élevage des animaux à fourrure en Tchéquie

Il s’agit d’une petite victoire pour les défenseurs des droits des animaux. L’élevage des animaux à fourrure sera en effet interdit en République tchèque à compter de la fin du mois de janvier 2019. Les sénateurs ont adopté, ce jeudi soir, un amendement à la loi sur la protection des animaux qui interdit les exploitations de ce type.

Photo: Esalota via Foter.com, CC BY-NC-ND 2.0Photo: Esalota via Foter.com, CC BY-NC-ND 2.0 Le texte, qui a été adopté sans changement par rapport à la version proposée par les députés, vise à interdire « l’élevage et la mise à mort d’animaux exclusivement et prioritairement à des fins d’obtention de fourrures ». La nouvelle législation touchera ainsi avant tout les fermes dans lesquelles sont élevés des renards et des visons, et ne concernera pas par exemple l’élevage des lapins ou des ragondins. Il existe actuellement neuf fermes de ce type en République tchèque, environ 20 000 animaux y sont tués chaque année. La majorité des peaux sont destinées à l’exportation.

Selon la loi, tous les éleveurs ayant commencé à travailler dans ce domaine avant la fin du mois de juin 2016 et dont l’activité sera désormais interdite, pourront demander à l’Etat des compensations financières. Leur montant exact n’est pour l’instant pas déterminé, il ne devrait toutefois pas dépasser le bénéfice moyen annuel de la ferme, calculé à partir des chiffres d’affaires des cinq dernières années. L’Etat entend consacrer à cette fin environ 50 millions de couronnes, soit près de 1,9 millions d’euros. Vice-présidente du Sénat, Miluše Horská explique :

« Il est inévitable de donner aux éleveurs des compensations financières car ils avaient leurs activités et nous les empêchons de continuer à travailler. Mais je crois que le montant proposé est suffisant pour qu’ils puissent lancer une nouvelle entreprise. »

Jan Veleba, photo: Martin Vlček / Bureau du SénatJan Veleba, photo: Martin Vlček / Bureau du Sénat Adopté en juin dernier par une large majorité des députés, le projet n’a toutefois pas fait l’unanimité à la Chambre haute du Parlement où les discussions se sont étalées sur deux heures. Un groupe de sénateurs a en effet demandé, sans succès, d’ajourner la date de l’entrée en vigueur de cette nouvelle mesure à 2022, ou encore d’augmenter le montant des compensations proposées. Parmi eux figurait aussi Jan Veleba, du Parti des droits des citoyens (SPO) :

« Je ne crois pas que tous les éleveurs recevront des sommes qui pourront compenser la fin de leurs activités. »

L’amendement, que doit maintenant contresigner le président de la République Miloš Zeman, avait été initié par une cinquantaine de députés, soit un quart des sièges que compte la Chambre basse du Parlement, qui justifiaient leur position notamment par des arguments d’ordre éthique et par les conditions déplorables dans lesquelles vivent ces animaux sauvages en captivité.. Ces arguments jouissent d’un important soutien dans la société. Récemment, une pétition en faveur de l’intediction a recueilli quelque 46 000 signatures.

La mesure, qui existe déjà dans plusieurs pays européens, suscite toutefois aussi de nombreuses critiques, ses opposants craignant notamment que cette interdiction puisse aboutir à la création d’élevages illégaux qui échapperaient au contrôle de l’Administration vétérinaire tchèque ou tout simplement au déplacement de ces fermes en Pologne ou en Norvège, pays dans lesquels des millions d’animaux seraient tués chaque année pour leur fourrure.