Faits et événements Architecture Week à Prague - retrouver une culture urbaine
Pour la deuxième année consécutive, Prague accueille cette semaine et jusqu’à dimanche la Semaine de l’architecture. Expositions, séminaires, débats et excursions en ville sont au programme de la manifestation qui a pour ambition de sensibiliser le public sur différents aspects de l’architecture. Nous avons rencontré l’un de ses participants de marque, l’architecte français Dominique Lyon.
Photo: www.architectureweek.cz « C’est toujours important pour nous, Français, qui avons une tradition
urbaine et une tradition de commande publique de venir dans des pays où
cette politique est peut-être en train de se réinventer. Il y a eu une
coupure historique assez longue, c’est intéressant de voir comment dans
des pays dont les villes sont assez proches des villes ‘européennes’,
comment on arrive à résoudre les questions de patrimoine, de
développement urbain, de transports et tout simplement de construction,
quelles sont les nouvelles constructions qui se font, quels sont leurs
moyens de développement urbain. C’est intéressant de comparer les
villes qui ont connu une coupure avec les vieilles villes européennes qui
ont connu une continuité historique, comme Paris. »
Photo: www.architectureweek.cz
Peut-on définir les principaux enjeux de l’architecture contemporaine ?
« On parle moins d’architecture maintenant que de développement
urbain. Les enjeux sont moins architecturaux qu’urbains, dans la mesure
où l’on insiste en Europe et dans le monde sur un développement de la
ville, un retour vers la ville pour des raisons qui sont liées à des
questions d’énergétique, de développement durable et aussi des
problèmes de difficultés de déplacement. Partout en Europe, on revient
vers une idée d’une ville centre, d’une ville un peu plus dense et
beaucoup d’architectes travaillent sur cette idée de la densité. Le
premier élément commun pour nos villes, c’est de travailler sur la
densité, de retrouver une culture urbaine qu’on avait sans doute perdu
au profit d’une culture périurbaine, dans les années qui viennent.
Photo: www.architectureweek.czJe
ne connais pas assez bien Prague et ses traits spécifiques, mais les
problèmes généraux des villes, c’est comment arriver à concilier
transports publics et transports privés, comment concilier la conservation
du patrimoine qui sont généralement de grands bâtiments qui posent des
problèmes de reconversion, pas tellement du point de vue architectural,
mais du point de vue de la programmation, qu’est ce qu’on fait de ces
grands bâtiments que le passé nous a laissés, le XVIIIe et le XIXe en
particulier, quels sont les programmes de revitalisation…
Ce sont les
problèmes que connaissent toutes les villes européennes, dès l’instant
d’ailleurs où elles ont réintégré dans leur patrimoine leur
patrimoine industriel, dans les années 1970, 1980 ; avant le patrimoine
industriel n’existait pas en tant que tel. Les villes se retrouvent donc
avec d’énormes bâtiments qu’il faut reprogrammer. Pour les villes
comme Prague, il y a, je suppose, des problèmes de développement, de
croissance urbaine qu’il faut maîtriser, sans faire de ségrégation
spatiale entre le centre historique, touristique et culturel et cher, et
des périphéries qui sont moins équipées, moins favorisées. »










