Faits et événements Antonín Slavíček, homme qui a saisi le caractère particulier du paysage tchèque
Il y a tout juste cent ans, les arts tchèques perdaient un de leurs plus grand fils. Le peintre Antonín Slavíček est mort le 1er février 1910 parce qu’il refusait de vivre partiellement paralysé. Sa vie, qui n’a duré que 40 ans, lui a pourtant permis de laisser une profonde empreinte dans les arts plastiques tchèques.
Antonín Slavíček
Antonin Slavíček a su comprendre la leçon des impressionnistes et lui
donner un nouveau contenu. Fils d’un gérant de l’Ecole polytechnique
de Prague, il commence ses études de peinture à Munich et les poursuit
à
l’Académie des Beaux-Arts de Prague dans l’atelier du professeur
Julius Mařák, peintre considéré comme un des meilleurs paysagistes
tchèques. Le jeune Slavíček s’impose bientôt comme un des plus
grands
talents de sa génération et peint encore au cours de ses études une
série d’excellents tableaux teintés d’une légère mélancolie.
'Le soleil dans le bois', 1898
Son tempérament et son intégrité artistique ne lui permettent pas
cependant d’être satisfait et le poussent toujours plus loin. Il se
laisse envahir par les impressions de la nature et réussit à les
évoquer
avec une rare force sur ses toiles. Ce grand coloriste qui fait éclater
la
couleur sur ses tableaux, n’en est pas moins capable de réduire sa
palette à des nuances du gris et du brun quand il veut exprimer la
griserie des jours de pluie ou la mélancolie d’automne. Il ne se
rassasie jamais de peindre Prague. Jana Orlíková, commissaire de sa
dernière rétrospective, rappelle cette importante partie de sa
création:
'Prague: Place de la Vierge', 1906
"Slavíček était un citadin typique. Il est né à Prague et
sa
famille n'avait pas de racines à la campagne. Mais il y recherchait la
pureté, la vérité, la sincérité qu'il ne trouvait pas en ville.
Evidemment, Prague lui était très proche - il adorait cette ville,
surtout la Vieille-Ville que l'on trouve sur ses tableaux : la rue
Jilská,
où il est né, le couvent Sainte-Agnès et ses environs, la rue Kaprová,
le quartier juif, qu'on était en train de démolir, mais dont il se
souvenait du temps de sa jeunesse."
'Chez nous, à Kameničky'
Une grande étape de la création d’Antonin Slavíček est liée au
village de Kameničky, perdu au milieu des champs du Plateau
tchéco-morave. Dans cette étape le pinceau de l’artiste se raffermit,
son style nerveux et flamboyant s’assagit pour exprimer le charme
désuet
de cette contrée et aussi, à travers la nature, la condition difficile
des gens qui vivent sur cette terre et la labourent. La série des toiles
créées à Kameničky est un acte fondamental qui ouvre un nouveau
chapitre des arts plastiques tchèques et se reflètera dans tout le
paysagisme tchèque du XXe siècle.
''Promenade dans un parc'
C’est à l’apogée de son art que le peintre est terrassé d’une
attaque cérébrale. Il n’a que 40 ans mais il reste partiellement
paralysé. L’artiste qui vivait pleinement sa vie, se rend compte que,
désormais, son état ne lui permettra que de vivoter. Il se révolte
contre une telle perspective et met fin à ses jours. Ses toiles resteront
comme un témoignage éclatant sur un homme qui ne savait pas vivre à
moitié.






