Faits et événements Anniversaire de la réouverture d’une ligne de train reliant Tchèques et Bavarois
Marquant la frontière entre l’Allemagne et les pays tchèques, la voix ferrée de Železná Ruda a longtemps symbolisé les divisions entre l’Allemagne capitaliste et la Tchécoslovaquie communiste. Après la seconde guerre mondiale, cette ligne fut désaffectée et on projeta même de la faire disparaître. En 1991, deux ans après la Révolution de velours, la réouverture du chemin de fer entre les deux villages thèques et bavarois fut un véritable évènement entérinant le rapprochement entre les deux peuples. Ceux-ci ont dignement fêté ce samedi 20 ans d’une étroite collaboration.
Železná Ruda
Le village bavarois, Markt Eisenstein et le village tchèque, Železná
Ruda, portent tous les deux un nom signifiant « métal de fer » en
français. Situés dans l’une des zones les plus escarpées du massif de
Šumava, aussi appelé la forêt de Bohême, les deux bourgades ont été
façonnées par l’industrie minière et par l’industrie de la
verrerie. C’est aujourd’hui le tourisme qui fait vivre ce charmant
territoire de moyenne montagne. Le train a permis le développement de ces
activités en décloisonnant la région, qui s’est alors ouverte à Plzen
en Bohême de l’Ouest et à Munich via la ville de Plattling en Bavière.
La construction de la gare a en effet conduit à une multiplication des échanges entre les deux régions. Entré en service en 1877, le bâtiment présente la particularité d’être à cheval sur la frontière entre la République tchèque et l’Allemagne. Le maire du village de Železná Ruda, Michal Šnebergr, insiste sur le rôle crucial joué par cette liaison ferroviaire dans le développement de la région :
Michal Šnebergr
« La construction de cette voix de chemin de fer a constitué une vrai
chance pour nos villages et notre territoire. Ce fut un moment clef dans
l’histoire. Cela a créé une infrastructure qui a donné
l’opportunité à de très nombreux touristes de découvrir la région
et qui a, bien sur, permis d’interconnecter les pays tchèques et
bavarois. »
Malheureusement, après la seconde guerre mondiale, les activités de la gare sont au point mort. Aussi, le processus de division de l’Europe en deux blocs idéologiques ne va pas arranger les choses. En 1953, les autorités tchécoslovaques décident ainsi d’élever une clôture matérialisant la frontière et séparant la gare en deux entités distinctes. La ligne est coupée et son terminus se trouve désormais à plusieurs kilomètres au nord de la frontière. Le 2 juin 1991, deux ans après la Révolution de velours, la gare est finalement rouverte au trafic en présence du chancelier allemand Helmut Kohl et du premier ministre tchécoslovaque Petr Pithart.
Železná Ruda
Et c’est donc ce week-end qu’a eu lieu la plupart des festivités
commémorant cet évènement majeur, symbole de l’ancrage des pays
tchèques en Europe de l’Ouest et de la fin des rivalités avec le voisin
allemand. Michal Šnebergr revenait, quelques jours avant ces
célébrations, sur la tumultueuse histoire de cette gare et sur sa grande
valeur symbolique :
« Nous célèbrerons ce samedi le 20ème anniversaire de la réouverture du chemin de fer historique qui, comme je l’ai déjà dit, a joué un rôle essentiel pour toute notre région et dans la collaboration entre les tchèques et les bavarois. Il y a 20 ans, ce train fut rouvert, car il avait été bien évidemment fermé du temps du Rideau de fer. Il y avait de surcroît un mur séparant la partie tchèque de la partie allemande. D’une certaine façon, cette gare fut un symbole de la partition de l’Europe, tel que le fut également le Mur de Berlin. C’était notre symbole de cette division dans la région de la Šumava. »
Photo: Klatovsko
Ce samedi a ainsi été l’occasion pour les touristes de revivre une
partie de l’histoire des chemins de fer en embarquant à bord d’un
train à vapeur datant du début du XXème siècle. Aussi, des concerts ont
mis à l’honneur les traditions tchèques et bavaroises. Ces
célébrations, qui se poursuivront toute l’année, ont ainsi permis de
rappeler que la richesse de la région tient avant tout à sa position de
carrefour entre deux peuples et deux cultures.






