A Prague, une sculpture dédiée à Jaroslav Seifert a été érigée dans le quartier de Žižkov

Prix Nobel de littérature en 1984, Jaroslav Seifert s’est vu dédier une nouvelle sculpture commémorative à Prague. Installé dans le quartier de Žižkov à l’occasion du 115e anniversaire de la naissance du célèbre poète tchèque, ce monument en bronze de trois mètres de haut ressemble à une grande lettre « S » qui part vers le ciel. L’œuvre a été dévoilée lundi par les représentants du Centre tchèque du PEN Club international, en présence notamment du ministre de la Culture, Daniel Herman, et de la fille du poète, Jana Seifertová-Plichtová. Pour parler davantage de Jaroslav Seifert et de cette sculpture, Radio Prague a contacté le président du PEN Club tchèque, Jiří Dědeček :

Daniel Herman, Zdeněk Svěrák, Jiří Dědeček, photo: ČTKDaniel Herman, Zdeněk Svěrák, Jiří Dědeček, photo: ČTK « Jaroslav Seifert était d’abord un grand poète lyrique. Puis, il était le seul lauréat tchèque du prix Nobel de littérature. Ce sont donc les deux raisons principales pour lesquelles il faut s’en souvenir et le rappeler au public. C’est avec cet objectif que nous avons organisé à Prague le Congrès mondial des poètes dédié à Jaroslav Seifert et que nous avons dressé son monument dans le quartier de Žižkov. »

Pouvez-vous préciser pourquoi avez-vous décidé de situer ce monument justement dans le quartier de Žižkov, dans le 3e arrondissement de Prague ?

La sculpture dédiée à Jaroslav Seifert dans le quartier de Žižkov, photo: ČTKLa sculpture dédiée à Jaroslav Seifert dans le quartier de Žižkov, photo: ČTK « Le quartier de Žižkov était très aimé par Jaroslav Seifert. Il y a passé une grande partie de sa vie. Il vivait à Žižkov et il écrivait sur ce quartier qui était à l’époque un peu bizarre et peut-être même un peu morne, mais à la fois aussi très mystérieux et très inspirant. Jaroslav Seifert était donc un ‘citoyen de Žižkov’, comme il se déclarait dans ses mémoires, et ce la raison pour laquelle nous avons choisi ce quartier-là, même s’il est un peu loi du centre de Prague. De toute façon, c’est là qu’il a passé la période la plus heureuse de sa vie. »

Parlons un peu plus en détail de cette sculpture. Qu’est-ce qu’elle symbolise ?

 « Cette sculpture, faite par le sculpteur Jan Roith, est une grande lettre ‘S’, rappelant le nom Seifert, qui monte vers le ciel. Sur ce ‘S’ en bronze, il y a une inscription, une citation d’un poème de Jaroslav Seifert qu’on pourrait traduire approximativement par : ‘Et le mot est devenu oiseau et s’envolait vers les étoiles.’

Jaroslav Seifert, photo: Hana Hamplová, CC BY-SA 3.0 UnportedJaroslav Seifert, photo: Hana Hamplová, CC BY-SA 3.0 Unported On voulait d’abord faire une statue ordinaire de Jaroslav Seifert comme cela se fait habituellement. Mais finalement, nous avons changé d’avis et nous avons décidé de faire une sculpture ‘peu commune’, je dirais, qui est très rare et qui attire l’attention à première vue. »

Qui est venue avec l’idée de faire un monument commémorative de Jaroslav Seifert et comment s’est passé sa réalisation ?

 « L’initiative est venue du Centre tchèque du PEN Club international. Nous avons créé une fondation grâce à laquelle nous avons collecté un peu d’argent. Puis, la femme du sculpteur qui a construit ce monument, Zuzana Roithová, nous a beaucoup aidé avec l’organisation. Nous avons donc travaillé pendant un an, le PEN Club tchèque et les époux Roith, et voilà le résultat. »

La sculpture dédiée à Jaroslav Seifert dans le quartier de Žižkov, photo: ČTKLa sculpture dédiée à Jaroslav Seifert dans le quartier de Žižkov, photo: ČTK Vous avez mentionné que ce monument avait été dévoilé à l’occasion du Congrès mondial des poètes qui s’est tenu à Prague et qui s’est achevé ce lundi. Pouvez-vous présenter cet événement ?

 « Ce congrès se déroule chaque année dans un pays différent. Cette fois-ci, c’était la République tchèque. On a invité à peu près deux cents poètes du monde entier. Ces poètes se réunissaient chaque jour dans la bibliothèque municipale de Prague et lisaient leurs poèmes, inspirés par l’œuvre de Jaroslav Seifert, et plus précisément par son vers que je traduirais librement comme ‘Je crois qu’il est mieux de chercher de beaux mots que de tuer.’ »