A Pékin, Miloš Zeman cimente ses relations avec la Chine et la Russie

Le président Miloš Zeman fait partie des vingt-neuf chefs d’Etat qui avaient fait le déplacement à Pékin pour participer, ces dimanche et lundi, au sommet visant à rapprocher la Chine de l’Europe, de l’Afrique et de l’Asie centrale à coups de milliards d’investissements. Un « projet fascinant de l’histoire moderne », selon le président tchèque, qui a profité de l’occasion pour s’entretenir, sur un ton très amical, avec son homologue russe Vladimir Poutine.

Miloš Zeman et Xi Jinping, photo: ČTKMiloš Zeman et Xi Jinping, photo: ČTK « Je salue votre courage » : tel est un des multiples compliments que le chef de l’Etat tchèque a adressés, au cours du sommet, à son homologue Xi Jinping et au peuple chinois. Pour le président Zeman, le projet de nouvelle Route de la soie est comparable au plan Marshall lancé par les Etats-Unis après la Deuxième Guerre mondiale pour encourager la reconstruction de l’Europe. Le leader chinois promet que le projet pharaonique de son pays ne sera pas basé sur l’idéologie, mais qu’il sera « ouvert à tous ». Devant Miloš Zeman, Vladimir Poutine ou encore Recep Tayyip Erdogan, assis au premier rang, Xi Jinping a promis de débloquer quelque 124 milliards de dollars pour financer différents projets autoroutiers, énergétiques, ferroviaires et portuaires, dans le cadre de cette « initiative de la Ceinture et de la Route ».

Accompagné de 200 chefs d’entreprise et hommes d’affaires, ainsi que de trois ministres, le président tchèque a indiqué être venu en Chine « avec trente-huit projets très concrets ».

Parmi ceux-ci figurent le rachat de l’entreprise de construction mécanique Škoda Transportation de Plzeň par la société chinoise Railway Rolling Stock Corporation (CRRC) ou encore la construction d’une usine de pneus Linglong Tire en République tchèque. Sans oublier la mise en place annoncée d’une nouvelle liaison aérienne entre les deux pays, concrètement entre Prague et Shanghai, et même le domaine du sport : les Tchèques se sont engagés à aider la Chine à progresser en hockey sur glace dans l'optique des Jeux olympiques d'hiver qui se tiendront à Pékin en 2022.

Miloš Zeman, photo: ČTKMiloš Zeman, photo: ČTK Si la deuxième puissance mondiale aspire à ressusciter l’immense réseau d’infrastructures et de voies commerciales qui la reliait jadis au reste du monde, elle reste pointée du doigt par ses partenaires étrangers en raison de sa politique en matière des droits de l’Homme. Néanmoins, à en croire Miloš Zeman, relier les deux domaines serait illogique :

« Il n’est pas question d’équilibrer le thème des droits de l’homme avec quoi que ce soit. Cela vaut dans les deux sens. Même un analphabète économique comprendra qu’un tel volume d’investissements représente beaucoup de possibilités pour de multiples entreprises tchèques. »

En marge du sommet de Pékin, le président Zeman a rencontré son homologue russe Vladimir Poutine. Le maître du Kremlin s’est d’abord félicité de l’excellence de la relation entre Moscou et Prague, et notamment des 44% de croissance du volume des échanges commerciaux depuis le début de l’année :

« C’est grâce à vous que nos relations réciproques se maintiennent à un très haut niveau et se développent, malgré les difficultés que nous éprouvons. »

Miloš Zeman et Vladimir Poutine, photo: ČTKMiloš Zeman et Vladimir Poutine, photo: ČTK Opposé aux sanctions instaurées par l’Occident contre la Russie suite à l’annexion de la Crimée, Miloš Zeman compte parmi les alliés les plus fidèles de Vladimir Vladimirovitch sur la scène internationale. Par ailleurs, la rencontre entre les deux hommes a été un prélude à la visite du président tchèque à Moscou, prévue pour novembre prochain. Tout cela n’enlèbe rien au fait qu’un léger incident a perturbé l’ambiance idyllique de cette entrevue, lorsque Miloš Zeman a déclaré que les journalistes, devant lesquels il devait s’exprimer, étaient « trop nombreux » et qu’il fallait « les liquider ». Si le président tchèque entendait peut-être pousser son habituel sarcasme plus loin encore, ses propos, en relation avec les meurtres de plusieurs journalistes survenus en Russie sous le régime de Vladimir Poutine, ont cette fois été critiqués par de nombreux médias tchèques et internationaux.