A Paris et à Darney, Andrej Babiš a rendu hommage aux légionnaires tchécoslovaques

Un jour après le sommet de l’Union européenne qui a abouti à un accord entre les pays membres sur les migrations, Andrej Babiš et Peter Pellegrini ont été reçus à l’Elysée, samedi, par Emmanuel Macron. En revanche, c’est finalement sans le président français, contrairement à ce qui avait été initialement annoncé, que les Premiers ministres tchèque et slovaque se sont rendus à Darney, là où il y a un siècle de cela, le 30 juin 1918, la France a été le premier pays à reconnaître le droit des Tchécoslovaques à disposer d’un Etat indépendant.

Andrej Babiš, Emmanuel Macron et Peter Pellegrini, photo:  ČTK / Regis Duvignau, Pool Photo via APAndrej Babiš, Emmanuel Macron et Peter Pellegrini, photo: ČTK / Regis Duvignau, Pool Photo via AP Comme le confirme le reportage de France 3 Grand Est, on avait mis les petits plats dans les grands à Darney pour accueillir les chefs de l’Etat français et des gouvernements tchèque et slovaque. Las, c’est finalement sans Emmanuel Macron que la cérémonie s’est tenue dans la petite commune des Vosges. Une absence remarquée, même si Andrej Babiš a tenu à assurer que celle-ci n’était absolument pas à mettre en rapport avec un éventuel différend entre Paris et les capitales des pays du Groupe de Visegrad sur la question délicate de la gestion des migrants :

« Ce ne sont là que des rumeurs infondées, un non-sens, des inventions de journalistes et je n’y attache aucune importance. On pourrait dire aussi que monsieur le président Macron n’est pas là parce qu’à 16 heures la France joue contre Messi. »

Andrej Babiš, photo: ČTK / Rémy Vlachos Andrej Babiš, photo: ČTK / Rémy Vlachos Pendant que Pavard et MBappé qualifiaient les Bleus contre l’Argentine pour les quarts de finale de la Coupe du monde de football, Andrej Babiš et Peter Pellegrini, eux, étaient donc occupés à rendre hommage aux 6 000 légionnaires tchécoslovaques qui s’étaient réunis en juin 1918 pour prêter serment de fidélité à l’Etat naissant. Le président français de l’époque, Raymond Poincaré, accompagné d’Edvard Beneš, avait alors participé à ce grand rassemblement patriotique et remis un drapeau aux soldats tchèques et slovaques qui avaient choisi de combattre aux côtés des adversaires de l’Empire austro-hongrois (cf. : http://www.radio.cz/fr/rubrique/histoire/la-memoire-des-tchecoslovaques-de-france-engages-en-14-18). Depuis 2002 et une décision du président Václav Havel, le 30 juin est célébré en République tchèque comme la Journée des forces armées.

Avant cela, dans la matinée, sur la route de Bruxelles et avant de prendre la direction de Darney, Andrej Babiš et Peter Pellegrini ont fait une escale à Paris, reçus par un Emmanuel Macron qui a rappelé que « la France a été la première à reconnaître officiellement le conseil national fondé par Masaryk, Beneš et Štefánik », les premiers représentants du gouvernement tchécoslovaque, et qui était ravi, si l’on s’en tient à ses propos, de déjà revoir ses deux collègues :

« La succession de nos rencontres hier à Bruxelles et ce samedi à Paris est à l’image de ce qui nous unit. »

Les trois hommes ont de nouveau discuté de la question migratoire. Le président français a défendu « le visage d'unité et d'efficacité » offert par l'Europe en ces « temps difficiles » après l'accord conclu à Bruxelles, tandis qu’Andrej Babiš s’est félicité de voir s’ouvrir ce qu’il a qualifié de nouveau chapitre de la coopération européenne. « C’est un grand succès, nous sommes parvenus à résoudre des différends de quatre ans sur les quotas », a-t-il entre autres déclaré.

Par ailleurs, un nouveau Plan d’action de partenariat stratégique tchéco-français a été signé pour les quatre prochaines années, le quatrième consécutif. Ce Plan définit un ensemble de projets sur lesquels les deux pays coopéreront pour la période 2019-2022.