Faits et événements 400 000 signatures sous une pétition: mieux contrôler les mineurs qui ont commis un crime grave
Kmetiněves. Cette commune située à une trentaine de kilomètres de Prague s’est fait connaître dans tout le pays non seulement en raison d’un sinistre fait divers qui s’y est déroulé il y a six ans, mais surtout à cause de ses conséquences.
Roman, le triste protagoniste du crime qui a semé l’effroi dans ce
paisible village de quelques centaines d’habitants, a 19 ans. Le 1er
janvier 2004, le jour où il a brutalement violé et assassiné une
camarade de classe, d’un an plus jeune que lui, il n’en avait que
treize. En raison de son âge, il a été envoyé en maison de correction
pour mineurs où il a dû suivre un traitement médical. Il a été
libéré en janvier dernier, après avoir atteint la majorité. Et c’est
en raison de son âge au moment des faits que son casier judiciaire restera
vierge.
Les médecins ont constaté que le jeune Roman souffre d’un syndrome de déviation sexuelle qui nécessite une surveillance médicale permanente. Sans être suivi, il pourrait de nouveau être dangereux. Selon la législation tchèque, c’est pourtant à lui seul de décider désormais s’il veut continuer son traitement. La plupart des experts considèrent les mesures existantes comme insuffisantes. La psychologue Ludmila Čírtková:
Ludmila Čírtková
« Je soutiens l’idée qu’il faut vraiment avoir la possibilité de
contrôler les personnes ayant commis un crime très grave, même après
qu’elles ont purgé leur peine. Devenues libres, elles peuvent toujours
être très dangereuses ».
Les réactions des habitants de Kmetiněves à la libération du jeune assassin ont été aussi immédiates que radicales. Les villageois n’ont pas voulu se limiter à de simples proclamations, aussi médiatisées soient-elles, et ont décidé de se battre pour imposer une modification de la législation nationale à ce sujet. Par l’intermédiaire de leur maire, ils ont lancé une pétition appelant à maintenir une surveillance à vie des mineurs condamnés pour meurtre et remis en liberté. Luděk Kvapil explique :
« Il est inadmissible que ce jeune homme soit libéré. On ne peut pas
accepter qu’il demeure libre sans aucun contrôle. On ne peut pas
accepter qu’il demeure comme s’il n’avait pas de ligne dans son
casier judiciaire ».
Le retentissement de cette initiative a été impressionnant. A ce jour, la pétition a réuni plus de 400 000 signatures ce qui est un nombre record encore jamais atteint dans l’histoire. Plus largement, elle a provoqué un débat public et initié les préparatifs de modifications des dispositions législatives concernant le traitement des assassins mineurs.








