Faits et événements 2011 : la Tchéquie se serre la ceinture
L’année 2011 est présentée par le gouvernement tchèque actuel comme une année du changement. En effet, l’année apportera toute une série de changements et de restrictions dans la vie économique et sociale qui toucheront pratiquement tous les habitants de République tchèque.
Jaromír Drábek
L’année 2011 est tout d’abord synonyme d’une baisse de 10 % des
salaires des employés de la fonction publique. Les salaires des
représentants de l’Etat et des membres du Parlement baisseront de 5 %.
C’est ce que constate aussi le ministre du Travail et des Affaires
sociales Jaromír Drábek :
« Il est important que les membres des organes constitutionnels respectent comme tous les autres citoyens la nécessité de réduire les dépenses de l’Etat, d’améliorer la situation des finances publiques. Et il est important aussi que ces mesures soient convaincantes. »
Chaque citoyen de la République tchèque payera aussi un impôt de 100
couronnes (4 euros) par mois avec lequel le gouvernement financera la
liquidation des dégâts provoqués par les inondations et par d’autres
catastrophes naturelles.
L’année 2011 met fin également à la régulation de la majorité des
loyers en République tchèque à l’exception des appartements dans les
plus grandes villes et en Bohême centrale. La mesure concerne des
centaines de milliers de foyers. Les litiges éventuels entre les
locataires et les propriétaires de maisons seront réglés par les
tribunaux.
La politique d’austérité budgétaire touchera également les familles.
Seules les familles dont les revenus ne dépassent pas 17 000 couronnes
(680 euros) par mois auront le droit de toucher la prime de naissance et
encore seulement pour le premier enfant. Des modifications à la baisse se
manifesteront aussi dans la durée et dans les prestations du congé de
maternité. L’Etat renonce également à une part de ses responsabilités
en ce qui concerne les congés maladie. Ce seront les employeurs qui seront
obligés de se charger de payer les congés maladie pendant les trois
premières semaines. Les restrictions se feront sentir aussi dans les
prestations sociales pour les handicapés et pour les chômeurs. Par
contre, si les chômeurs décident de se lancer dans des activités
d’entreprise, ils peuvent compter sur une subvention de l’Etat de 6 000
couronnes, quelque 240 euros, par mois.
Vu l’ampleur des coupes budgétaires, l’année 2011 en République
tchèque risque d’être aussi une année de grogne sociale. Pour
l’instant ce sont les médecins qui se sont le mieux organisés pour
défendre leurs intérêts. Pour protester contre le bas niveau des
salaires dans les hôpitaux, ils ont organisé l’initiative « Merci on
s’en va ». Déjà plus de 3 800 médecins hospitaliers ont d’ailleurs
donné leur démission. Leur initiative a été fermement critiquée par le
président Václav Klaus et la réaction du président de l’Union
syndicale des médecins Martin Engel ne s’est pas laissée attendre :
Martin Engel
« Nous considérons cela comme une dernière tentative afin d’attirer
l’attention sur l’état lamentable du personnel des hôpitaux tchèques
et sur la nécessité urgente de résoudre ce problème. (…) Nous
n’exhortons personne à quitter le pays, nous exhortons les médecins à
quitter ce système mais non pas à partir à l’étranger. »
Les économistes, eux, manifestent un optimisme modéré et prévoient pour l’année 2011 un taux de croissance qui pourrait atteindre jusqu’à 2 %.







