Faits et événements 119e Grand Steeple-chase de Pardubice avec un cheval français et un prestige en hausse
Comme chaque année ou presque depuis la première édition en 1874, le deuxième dimanche d’octobre est marqué par la tenue de Velká Pardubická, ou le Grand Steeple-chase de Pardubice. 135 ans après sa création, la course hippique la plus folle organisée en République tchèque passionne toujours autant les foules. Et pour la première fois depuis sept ans, un cheval français courra également sur l’hippodrome de Bohême de l’Est.
Pour donner une idée de l’importance que revêt pour les Tchèques le
Grand Steeple-chase de Pardubice, il suffit d’ouvrir les journaux de
vendredi. A la veille du match pourtant crucial de l’équipe nationale de
football contre la Pologne, une place presque aussi importante est en effet
réservée à la présentation de la course et des chevaux qu’à
l’analyse des dernières chances tchèques de qualification pour la
prochaine Coupe du monde.
Photo: www.pardubice-racecourse.cz
Un intérêt rehaussé cette année par la présence annoncée de six
chevaux étrangers, quatre anglais, un irlandais et un français, au
départ d’un parcours long de 6 900 mètres et jalonné de trente et un
obstacles, dont le plus célèbre mais aussi le plus controversé reste la
tranchée Taxis, une haie naturelle haute de 1,50 mètre derrière laquelle
se cache un fossé souvent meurtrier.
Parmi les 25 chevaux qui s’élanceront dimanche figure donc Juful Tennis, entraîné par Jean-François Cottin, monté par le jockey Fernand de Oliveira et propriété de Jean-Paul Sénéchal. Une participation française saluée par Miroslav Petraň, le président de la Société hippique de Pardubice :
Miroslav Petraň
« Nous avons une présence française pour la première fois depuis de
longues années et je m’en félicite. Je souhaite que cette présence
soit encore plus importante à l’avenir. Mais il me semble que le
problème avec les Français, c’est qu’ils ont certaines insuffisances
dans leurs connaissances historiques et géographiques. Lorsque l’année
dernière, après le cross-country de l’Anjou-Loire Challenge, organisé
par le Lion d’Angers, j’ai remis un prix à un entraîneur, je l’ai
invité à venir à Pardubice avec son cheval en lui disant qu’il avait
une chance de gagner. Mais il m’a répondu qu’il n’avait pas
l’intention de faire cinq jours de voyage. Je lui ai alors demandé
s’il avait déjà vu une carte de l’Europe et expliqué que je ne
l’invitais pas à Moscou, mais à Prague et qu’il n’y avait qu’un
jour de route depuis la France. »
Photo: www.pardubice-racecourse.cz
Avec une cote de 12/1, le cheval français de 12 ans Juful Tennis fait
partie des possibles trouble-fête de Velká Pardubická. La grande
favorite sera le vainqueur des deux dernières éditions, la jument Sexteen
annoncée, elle, à 2/1 par les bookmakers tchèques. Un triplé qui
rentrerait dans l’histoire même si, soucieux du prestige de l’épreuve
au-delà des frontières de la République tchèque, Miroslav Petraň se
satisferait également de la victoire d’un pur-sang d’un propriétaire
étranger :
Richard Dunwoody
« C’est évident que ce serait une avancée. Lorsque le jockey Charlie
Mann s’est imposé ici en 1995, il était un peu l’enfant terrible en
Angleterre. Il n’avait plus le droit de courir dans son pays après un
grave accident. Néanmoins, après sa victoire, le prestigieux Jockey Club
britannique lui a remis un prix spécial récompensant la meilleure
performance réalisée par un jockey dans l’année. Sans cette victoire,
peut-être serions-nous aujourd’hui encore considérés comme une course
un peu obscure. Et puis les participations du légendaire Richard Dunwoody,
le meilleur jockey de l’histoire pour les courses d’obstacles, ont
également grandement contribué au prestige de la course. Dans son
autobiographie, il a écrit que courir à Pardubice lui avait procuré les
plus belles sensations de sa carrière. Or, en Angleterre, Richard Dunwoody
est presque aussi populaire que David Beckham. Vous imaginez donc ce que
cela représente pour Pardubice. Et puis il ne faut pas oublier la visite
de la princesse Anne il y a deux ans. Elle aussi a beaucoup fait pour notre
renommée. »
Une renommée à laquelle contribuent toutefois surtout les chevaux. Avec pas moins de vingt-huit morts dans l’histoire de la course, ils restent les héros tragiques d’un événement souvent décrié.










