« L’Ostrava noire, c’est fini. En été, la vie se passe dans les rues »

Radio Prague vous propose cet été une mini-série consacrée à différentes destinations en République tchèque. Si la plupart des gens qui visitent le pays se rendent à Prague, il existe bien d’autres endroits à découvrir. Aujourd’hui, direction, Ostrava, capitale de la Moravie-Silésie, qui a vécu une transformation radicale ces dernières années. Cet ancien centre industriel, point noir sur la carte du pays, est aujourd’hui une ville bien vivante, moderne et propre.

Ostrava, photo: Guillaume NarguetOstrava, photo: Guillaume Narguet

 « Dieu a donné toute la beauté à d’autres villes » chante le barde d’Ostrava Jaromír Nohavica dans une chanson consacrée à sa ville natale, tout en exprimant son amour éternel pour cette « étoile noire au-dessus de la tête ». Originaire elle aussi d’Ostrava, Vendula Havlíková, auteur d’un guide original sur la capitale tchèque (https://www.radio.cz/fr/rubrique/tourisme/-les-500-secrets-caches-de-prague-un-guide-insolite-destine-auxtouristes-et-aux-locaux), ne partage pas l’opinion de son compatriote et affirme que la troisième ville tchèque n’est plus ce lieu noir qu’il était dans le passé mais une jolie ville où il fait bon vivre. Et elle présente les raisons pour lesquelles les touristes devraient absolument se rendre à Ostrava :

 « Les raisons sont nombreuses. Ce n’est qu’à trois heures par train depuis Prague et vous vous trouverez dans un endroit exotique complétement différent du reste du pays. Les gens y parlent un dialecte qui est peu compréhensible pour les habitants de Prague. De plus, Ostrava dispose d’un patrimoine industriel unique. Vous pouvez visiter par exemple d’anciennes mines de charbon (notamment le site sidérurgique de Dolní Vítkovice ou la mine Michal, ndlr). Les visites sont guidées par d’anciens employés de ces mines. Il est possible de monter dans une tour panoramique créée à partir d’un ancien haut-fourneau ou de visiter un ancien réservoir de gaz transformé en salle de concert. »

Vous rendez-vous souvent à Ostrava ?

Le festival de Colours of Ostrava, photo: Ana BriceñoLe festival de Colours of Ostrava, photo: Ana Briceño « J’y retourne deux ou trois fois par an pour rendre visite à ma mère. »

Ostrava avait dans le passé la réputation d’une ville industrielle et polluée. La situation a-t-elle évoluée depuis votre enfance ?

 « Heureusement oui. C’est fini, l’Ostrava noire. Chaque fois que je visite la ville, je suis étonnée de voir le nombre de nouveaux bureaux et d’hôtels qui y sont construits. Les investissements se voient donc un peu partout. L’offre en cafés, restaurants et bistrots a, elle aussi, beaucoup augmenté. Il y a aussi plusieurs festivals qui se passent à Ostrava tout au long de l’année, et notamment en été. Le plus important est le festival de musique Colours of Ostrava, qui accueille chaque année des musiciens célèbres du monde entier. Il existe aussi à Ostrava des festivals de théâtre, consacrés notamment au théâtre moderne ou au contraire aux pièces classiques de Shakespeare. En été, la vie se passe dans les rues, sur les quais du fleuve Odra (connu sous le nom d’Oder en français, ndlr). »

Pouvez-vous nous recommander un endroit à ne pas manquer à Ostrava ?

 « J’adore me promener à Poruba, un quartier résidentiel construit dans les années 1950. Ce quartier a été inauguré par Léonid Brejnev en personne. Il s’agit d’un exemple extraordinaire de l’urbanisme soviétique, avec de grands boulevards et les décorations des façades représentant le peuple prolétaire. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes familles y habitent ou souhaitent y habiter. On doit l’avouer, l’urbanisme soviétique n’était en effet pas si mal. »

Ce quartier a-t-il changé depuis les années 1950 ?

Ostrava - Poruba, photo: Naďa Čvančarová, ČRoOstrava - Poruba, photo: Naďa Čvančarová, ČRo « Dans les années 1950, le quartier était habité par de jeunes familles. Mais petit à petit, ses habitants ont vieilli et la majorité de la population a finalement été constituée de retraités. Maintenant, ce sont souvent les petits-enfants de ces retraités qui habitent à Poruba. Quant à l’ambiance du lieu, elle n’a pas trop changé. Les arbres qui y avaient été plantés ont grandi. Il y a quelques nouveaux magasins et bistrots modernes, mais c’est tout. »