Faits et événements Elections : les Tchèques optent pour l'indépendance... et la droite
Un week-end pas comme les autres, en République tchèque : pour la troisième fois déjà, cette année, ses citoyens ont été appelés aux urnes. Ils ont élu leurs représentants locaux et une trentaine de nouveaux sénateurs. Dimanche, les résultats définitifs des élections sénatoriales et municipales ont été publiés. Le point avec Magdalena Segertova.
La composition du nouveau Sénat, graphique: CTK
Deux élections, deux vainqueurs... Les élections sénatoriales et
municipales ont été remportées par les candidats indépendants et le Parti
civique démocrate (ODS), en tête de l'opposition. Après l'échec aux
législatives de juin dernier, l'ODS relève la tête. La coalition
gouvernementale, quant à elle, refuse de la baisser.
Les résultats des municipales à la mairie de la capitale, Prague, (CTK)
Commençons par les municipales... Une agréable surprise pour les
politiciens : plus de 40% des électeurs ont glissé leurs bulletins de vote
dans les urnes. Un succès incontesté, surtout dans de petites communes, de
candidats indépendants : ils occuperont une large majorité des sièges aux
conseils municipaux et communaux. Mais c'est l'ODS qui a raflé, à
l'échelle nationale, le plus de voix, plus de 25% des suffrages : il a été
victorieux dans toutes les grandes villes. A la mairie de Prague, par
exemple, le Parti civique démocrate a remporté 30 des 70 sièges. Un nom à
retenir, celui du jeune et ambitieux Pavel Bem, leader pragois de l'ODS.
Il pourrait aspirer au poste de maire de Prague et, pourquoi pas, à la
présidence du parti. Un changement par rapport aux dernières municipales
de 1998 : l'âge moyen des élus et le nombre de femmes dans la politique
communale ont augmenté.
Vladimir Zelezny
Passons aux élections sénatoriales partielles, organisées dans une
trentaine de circonscriptions. Elles ont porté sur le renouvellement d'un
tiers du Sénat. Le premier tour s'était déroulé il y a plus d'une semaine
: un désintérêt profond des électeurs et un seul sénateur indépendant élu,
Vladimir Zelezny, directeur de la plus grande chaîne privée de télévision
dans le pays. Bien que de nombreux Tchèques doutent de l'utilité de la
Chambre haute, ils se sont montrés plus présents au second tour des
sénatoriales : le taux de participation a dépassé 30%. Et, suite à ces
élections, l'ambiance au Sénat va changer. Les indépendants et les petits
partis, jusqu'à présent non parlementaires, y auront 9 représentants.
Martin Mejstrik, photo: CTK
Parmi eux, Martin Mejstrik, 40 ans, personnage connu de la Révolution de
velours, qui a gagné les élections dans le 1er arrondissement pragois. Un
excellent score, de nouveau, pour l'ODS : avec ses 26 sénateurs, le parti
sera désormais très fort à la Chambre haute du Parlement. Avec un résultat
électoral moyen, la coalition gouvernementale y a perdu la majorité. Le
premier ministre et chef de la social-démocratie, Vladimir Spidla, ne
panique pas, il compte sur le soutien des indépendants.
Est-ce la fin de ce long feuilleton électoral ? Pas du tout. En janvier prochain, les députés et sénateurs vont élire le successeur du Président Havel. Sur ce point, les sénatoriales ont bien mélangé les cartes...
Ecoutons maintenant la réaction du politologue Josef Broz. Propos recueillis par Astrid Hofmanova.





