Syndicats tchèques et allemands unis contre le dumping social

Les syndicats allemands soutiennent les hausses de salaires demandées par leurs collègues tchèques. Il s’agit pour eux de lutter contre le dumping social, particulièrement entre l’Allemagne et ses voisins d’Europe centrale, espace où les salariés sont mis en concurrence à des conditions très inégales.

Photo: Pixabay, CC0Photo: Pixabay, CC0 « Nous voulons les mêmes rémunérations pour le même travail, ainsi que l’accélération de l’unification des normes », a indiqué pour le quotidien économique Hospodářské noviny Reiner Hoffmann, le leader de la Confédération allemande des syndicats (DGB). La plus importante centrale syndicale allemande, qui rassemble six millions d’adhérents, entend lutter contre la mise en concurrence qu’elle juge délétère entre les salariés allemands et les salariés d’Europe centrale, dont les salaires sont bien inférieurs.

En République tchèque, dont l’Allemagne est le principal partenaire commercial, et où sont présents de nombreux groupes allemands via des usines d’assemblage, les syndicats partagent la même problématique. Le pays est en situation de plein emploi, ce qui permet une pression à la hausse sur les salaires. Pour autant, ils augmentent bien trop lentement pour que la Tchéquie puisse à court ou moyen terme rattraper ses voisins occidentaux pour ce qui est du niveau de vie.

Pour soutenir leurs collègues tchèques en faveur d’une convergence des niveaux de rémunération et des conditions de travail, les syndicats allemands seront donc représentés au mois de septembre lors du congrès de la Confédération tchéco-morave des syndicats (ČMKOS). C’était un souhait de son président, Josef Středula : « Nous leur avons demandé de venir. Nous pensons que ce qui se passe au sein de l’Union européenne, c’est un abus des différences sociales qui existent sur le marché du travail. Les pays de l’Ouest font précisément ce pour quoi ils nous critiques ».