« Paradise Papers » : plus de 12 000 documents en lien avec la Tchéquie

Après les « Panama Papers » publiés au début de l’année dernière, qui mettaient au jour les flux d’argent sale dans les paradis fiscaux, des journalistes de dizaines de médias partenaires du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) ont eu accès à de nouveaux documents, les « Paradise Papers ». Ils montrent comment les plus riches, à la frontière de la légalité, se débrouillent pour échapper à l’impôt.

Photo illustrative: Archives de Radio PraguePhoto illustrative: Archives de Radio Prague Les révélations concernant des cabinets comme Appleby, basé aux Bermudes, ou Asiaciti Trust, installé à Singapour, et des tas de paradis fiscaux, permettent de comprendre comment via des montages financiers complexes, il est possible de placer son argent à l’abri de l’impôt du pays où il est gagné. Au total, quelque 400 journalistes ont pu éplucher pendant plusieurs mois un volume de 13,5 millions de documents.

En Tchéquie, c’est le Centre tchèque pour le journalisme d’investigation qui a fait le travail, comme à l’époque des « Paradise Papers ». Les journalistes de cette structure ont établi qu’au moins 12 000 documents avaient un lien avec la République tchèque. Selon eux, il est cependant difficile d’établir combien de ressortissants tchèques sont précisément concernés, car un nombre important des entrepreneurs tchèques ayant recours à des sociétés offshores ont une adresse permanente enregistrée à l’étranger.

Les documents qui ont fuité permettent cependant de retrouver la trace de certaines entreprises et d’hommes d’affaires tchèques. Il est notamment question de Viktor Kožený, le cas le plus célèbre des abus et des escroqueries liés à la vague de privatisation par coupons dans les années 1990. Via un fond d’investissement, Viktor Kožený avait acquis à l’époque de très nombreux bons qui lui ont permis d’acquérir des entreprises à vil prix. Il en a ensuite retiré les liquidités qu’il a placées dans des paradis fiscaux. Dans les « Paradise Papers », on retrouve son nom dans les documents liés à la société Renaissance Capital Group Limited, enregistrée aux Bahamas et en Suisse…

Les détails de l’enquête menée par le Centre tchèque pour le journalisme d’investigation sont à retrouver à l’adresse https://www.investigace.cz/.