Économie/Commerce "Moser est une marque emblématique du savoir-faire tchèque"
Retour aujourd’hui sur l’entrée de la société tchèque Moser dans le prestigieux Comité Colbert, qui réunit plus de 70 maisons de luxe françaises et qui vient de s’ouvrir à quatre sociétés étrangères. Elisabeth Ponsolle des Portes, la déléguée générale du Comité Colbert:
Elisabeth Ponsolle des Portes
Pouvez-vous nous présenter le Comité Colbert ?
« Le Comité Colbert a été créé en 1954 en France. Au départ c’est une initiative tout à fait personnelle de Jean-Jacques Guerlain, le grand parfumeur, qui regroupe autour de lui une douzaine d’entreprises françaises soucieuses de représenter la culture française et de s’unir pour mieux représenter cette culture française à l’étranger. Aujourd’hui, le Comité regroupe 75 maisons représentant dix secteurs d’activité différents que sont notamment le cristal, le cuir, la porcelaine, l’orfèvrerie, la mode, le parfum, la décoration ou l’édition. »
Petite révolution pour le Comité Colbert, avec la récente cooptation de quatre maisons de luxe étrangères…
Photo: Comité Colbert « Grande révolution pour le Comité Colbert ! Parce que c’est un
comité qui a vraiment été créé pour promouvoir l’art de vivre
français. Mais nous avons considéré que depuis 1954, date de la
création de notre comité, l’environnement réglementaire et juridique
avait changé aujourd’hui et qu’il était nécessaire, pour mieux faire
entendre la voix du secteur du luxe, d’avoir une représentativité
élargie. Donc nous avons modifié nos statuts et créé une catégorie de
membres européens, de façon à pouvoir, lorsque nous rencontrons les
instances européennes à Bruxelles ou à Strasbourg, représenter au-delà
des marques françaises. »
Parmi ces nouveaux membres, le Tchèque Moser : pourquoi ce choix et quels ont été les critères de cooptation de ces nouveaux membres étrangers ?
Photo: Moser « Nous avons souhaité que les critères d’entrée au Comité Colbert
de membres européens soient strictement les mêmes que ceux qui régissent
l’entrée des maisons françaises. Ce sont cinq critères : la présence
et la notoriété internationale, l’excellence des produits, la
créativité, la poésie de l’objet et l’éthique. Nous avons choisi
Moser parce que nous considérons qu’il s’agit d’une marque tout à
fait emblématique du savoir-faire tchèque et qui assure la notoriété et
le rayonnement de la République tchèque à l’étranger. »
Est-ce que Moser s’est imposé comme une évidence ?
Photo: Moser « Nous analysons toujours les critères requis, mais c’est vrai que la
marque s’est imposée comme une évidence. Elle a été proposée par ses
deux parrains que sont Michel Bernardaud de la Maison Bernardaud et
Jérôme de Lavergnolle de la Maison Saint-Louis – qui est d’ailleurs
le concurrent direct de la Maison Moser. Comme le veut notre habitude au
Comité, le parrain doit parrainer son concurrent direct et expliquer en
quoi la Maison qu’il parraine remplit les critères et est digne de
rentrer au sein du Comité Colbert. La Maison Moser remplit bien ces
critères et a été parrainée par deux Maisons françaises ; elle s’est
imposée de fait comme une évidence en République tchèque. »
Avec Moser, trois autres nouveaux membres de deux autres pays…
La reine Elisabeth II avec Václav Havel et les verres Moser, photo: Moser « Oui, nous avons donc Herend en Hongrie, qui est cette magnifique
fabrique de porcelaine, là aussi tout à fait emblématique de la culture
hongroise. Et pour l’Allemagne, la Maison Montblanc, qui malgré son nom
français est une marque créée en Allemagne et a son siège à Hambourg,
et la Maison Leica, qui a la particularité d’introduire au Comité
Colbert un nouveau secteur qui est celui de la technologie. »
Est-ce une façon d’avoir plus de poids auprès des institutions européennes pour ne pas défendre que le luxe français ?
Photo: Moser « C’est exactement notre point de vue. Nous considérons que depuis
deux ou trois ans, l’environnement juridique qui nous vient de Bruxelles
et qui force les différents pays à s’adapter à ces réglementations
peuvent jouer un rôle important pour l’avenir du développement de notre
secteur. Donc il nous est apparu nécessaire de collaborer davantage avec
les entités avec lesquelles nous collaborions en Italie et en Angleterre.
Récemment une entité s’est créée en Espagne, donc voilà désormais
quatre associations nationales d’entreprises du secteur du luxe. Mais
l’Europe regroupe 27 pays et nous avons pensé que dans les pays qui ne
possédaient pas encore d’association nationale cela pourrait être
utile. Certains pays ont plus de marque que d’autres mais dans tous les
pays européens on trouve des marques d’excellence autour de savoir-faire
lié à la culture et à l’identité. Nous voulons élargir le plus
possible cette représentativité pour que ces instances européennes aient
conscience qu’il y a là un secteur qui exprime la personnalité de
l’Europe et qui doit être encouragé. C’est un secteur à haute valeur
ajoutée et c’est bien sur ce type d’industrie que l’Europe doit se
concentrer, d’autant plus que c’est un secteur en développement qui
est source d’emplois. »






