Économie/Commerce La publicité des tabacs et les soins médicaux à l'étranger

18-04-2003 | Omar Mounir

Deux thème seront traités dans cette émission hebdomadaire : L'interdiction qui est en fait une limitation de la publicité des tabacs en Tchéquie et le règlement des consultations médicales des Tchèques à l'étranger, après l'admission du pays à l'UE.

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Publicité des tabacsPublicité des tabacs Voilà des années que ministres et parlementaires tchèques débattent de l'interdiction de la publicité des tabacs. Elle est enfin tombée cette interdiction. Mais elle a déçu ceux qui s'attendaient à ce qu'il soit mis totalement fin à cette pratique. La publicité des tabacs sera limitée, mais ne disparaîtra pas complètement. Le Sénat a approuvé la version de l'amendement de la loi proposé par les députés.

A partir de la seconde moitié de l'année prochaine, la publicité des tabacs ne pourra être visible que dans des bureaux de tabac. Mais elle ne disparaîtra pas, pour ainsi dire. L'effort de certains sénateurs pour une plus grande sévérité dans la propagation des cigarettes et du tabac ou son élimination complète de la société est resté vain. « Plusieurs points de modification ont été présentés, certains ont été adoptés, d'autres non. Mais aucun parmi eux n'est passé au vote final » a dit Alena Paleckova, sénateur de l'ODS.

Dans le projet d'amendement les sénateurs n'ont même pas annulé le passage qui permet aux sociétés de l'industrie de tabacs de sponsoriser jusqu'à 2007 les courses des motos. Certains représentants ont attiré l'attention sur le fait que l'interdiction de la publicité des tabacs aura des retombées économiques importantes. Selon Jaroslav Kubera, de l'ODS, la diminution de la vente des cigarettes peut diminuer les recettes fiscales. Mais il y avait un choix à faire : ménager les recettes fiscales ou ménager la santé de la population. Quand la santé d'un jeune est compromise, elle est irrécupérable ; quand une recette fiscale est perdue, elle peut être récupérée ailleurs. Il n'empêche qu'on a fait deux poids et deux mesures dans cette interdiction partielle de la publicité des tabacs.

Selon les représentants des sociétés de tabac, cette loi renforcera la position dominante de la société Philip Morris. « Déjà actuellement, cette société domine le marché et on peut supposer que l'argent économisé sur la publicité lui permettra de renforcer sa position » a dit le porte-parole de la filiale tchèque de British American Tobacco, Jiri Oberfalzer. Selon la nouvelle loi, d'ici au 1er juillet 2004, tous les panneaux publicitaires pour les cigarettes doivent disparaître des rues et des passages. La publicité des tabacs ne doit être visible que dans des bureaux de tabac. Elle doit absolument contenir un avertissement contre le danger de fumer. Elle ne doit pas s'adresser aux mineurs de moins de 18 ans et ne doit pas inviter à fumer ni montrer des gens en train de fumer.

La publicité peut rester dans la presse imprimée à l'étranger, si un tel magazine n'est pas destiné exclusivement au marché tchèque. L'amendement de la loi est également destiné à empêcher la distribution des articles qui servent à la propagation du tabac.

L'auteur du projet d'amendement de la Chambre des députés, le chrétien-démocrate Josef Janecek, a proposé, il y a 10 ans déjà, l'interdiction totale de la publicité. Il n'a pas été d'accord sur l'exception accordée aux courses des motos, mais d'une manière générale il a été content du résultat. L'argumentation principale des partisans de l'interdiction, au Sénat comme à la Chambre des députés est, encore une fois, la santé des citoyens. La publicité des tabacs s'adresse d'abord aux enfants, elle doit attirer de nouveaux clients pour les sociétés de fabrication, disent-ils.

Selon Janecek, 22.000 personnes meurent chaque année en République tchèque suite aux maladies dues au tabac. Le chef du groupe ODS des sénateurs, Jiri Liska, a rappelé que l'interdiction totale de la publicité pour le tabac, introduite dans la directive de l'UE, a été refusée par la Cour européenne en 2000. « Elle contient, selon Jiri Liska, quatre domaines de base de régulation dont l'interdiction de la publicité dans la presse, l'interdiction de la publicité dans des sociétés d'information, l'interdiction de la publicité et du sponsoring dans des émissions radio et l'interdiction du sponsoring dans la propagation des articles de tabac lors des manifestations à caractère international ».

Dès l'admission de la Tchéquie à l'Union européenne, les citoyens tchèques vont pouvoir se soigner dans les pays de l'Union sous le couvert de leur assurance nationale, sans qu'il soit nécessaire qu'ils effectuent un paiement supplémentaire de traitement ou d'assurance. C'est tellement beau que le public tchèque a eu du mal à y croire, ce qui ne veut pas dire que la médecine tchèque n'est pas, aujourd'hui, au bon niveau. Le tout est que les mêmes traitements coûtent beaucoup plus cher dans des pays comme l'Allemagne et la France, par exemple. Selon la ministre de la Santé, Marie Souckova, les traitements à l'étranger seraient pleinement remboursés par les assurances tchèques. « A l'opposé, a ajouté la ministre, si un citoyen d'un autre pays de l'Union a consulté un médecin chez nous, son assurance paiera le traitement médical reçu chez nous ». Ainsi, a-t-elle ajouté, nos médecins n'auront pas à craindre que les soins prodigués à des étrangers ne leur soient plus remboursés. La différence des prix sera remboursée, selon madame la ministre, par le Centre des paiements inter-étatiques.

Cependant, le député ODS, Jaroslav Zverina, attire l'attention sur le fait que ce système n'ira pas sans problème pour les services de santé tchèques. « Cela, a-t-il dit, pourrait créer toute une série de disproportions dans les remboursements et conduire à une surcharge financière du système de santé tchèque, les soins médicaux étant plus élevés dans la partie occidentale de l'Union que chez nous. » Madame Souckova, en revanche, affirme que le ministère de la Santé fera des efforts en sorte que la Tchéquie ne soit pas discriminée. Dans la pratique, elle voit déjà une source de compensation, à savoir la facturation, à des prix occidentaux, des soins prodiguées aux ressortissants des autres pays de l'Union. Partant du fait que des correspondances de prix seront dégagées, elle a précisé que la Tchéquie fera en sorte que les critères retenus ne la défavorisent pas.

C'est au demeurant pour régler ces problèmes que 130 médecins se sont rencontrés à Srni, en Bohème occidentale, lors du week-end du 19 au 20 mars.

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