La croissance tchèque a ralenti au troisième trimestre

L’économie tchèque a crû de 1,9% sur un an au troisième trimestre contre 2,6% lors du trimestre précédent. Ces chiffres communiqués ce mardi par l’Office tchèque des statistiques (ČSÚ) correspondent à la croissance la plus faible enregistrée depuis deux ans et demi. Malgré ce ralentissement, le ministère des Finances table sur une croissance de 2,4% l’an prochain, une prévision que certains jugent peu réaliste.

Photo: cooldesign / FreeDigitalPhotos.netPhoto: cooldesign / FreeDigitalPhotos.net Le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 0,3% sur un trimestre au troisième trimestre. Ce chiffre s’élevait à 0,9% au second trimestre. Pour le ČSÚ, le ralentissement de la croissance s’explique par plusieurs facteurs et en premier lieu du fait de la baisse des investissements réalisés avec l’argent des fonds européens. L’institution indique également que l’activité industrielle a été relativement faible durant l’été et que cela a impacté les résultats obtenus au troisième trimestre.

Cités par l’agence de presse ČTK, différents analystes estiment toutefois que la croissance tchèque, largement dépendante de la consommation des ménages et de la demande extérieure, devrait être plus élevée au dernière trimestre. Elle devrait selon eux s’établir autour de 2,5% pour cette année 2016.

Parallèlement, le ministère des Finances est plutôt optimiste quant à l’avenir. Dans ses prévisions publiées lundi, il juge désormais que l’économie tchèque devrait croître de 2,4% l’an prochain, contre 2,2% lors d’estimations précédentes. La Banque nationale tchèque (ČNB) parle même d’une croissance du PIB de 2,8% en 2017. D’après le ministère, certains investissements devraient en effet porter leurs fruits durant l’année à venir.

Dans un entretien pour le Quotidien économique, tout cela laisse pourtant songeur l’analyste Vladimír Pikora, qui ne croit pas à ces chiffres :

« La chose qui est un peu mordante, c’est qu’on s’attend à une baisse de la croissance au sein de l’eurozone de 1,5% à 1,2%. Je pense qu’il n’y a pas besoin de bien comprendre l’économie pour saisir qu’il est très peu probable que la croissance ralentisse chez nos voisins, et qu’elle s’accélère chez nous, quand la plupart de nos exportations se font justement vers l’eurozone. »