Économie/Commerce Immobilier: "de plus en plus de Russes achètent à Prague des logements de luxe"
Eric Figus, Français d’origine italienne, travaille depuis cinq ans dans l’immobilier à Prague. Il est spécialisé dans les quartiers de Prague 1 et 2, c’est-à-dire le centre et les alentours, Vršovice et Vyšehrad. Nous lui avons d’abord demandé comment les affaires marchaient en ce moment :
Eric Figus « C’est plutôt calme... Même si depuis septembre il y a une légère
reprise, ça reste quand même calme. »
Vous vous occupez en particulier des étrangers qui veulent acheter à Prague. Vous avez d’ailleurs réalisé avec un collègue une étude sur ces étrangers qui viennent acheter ici...
« Les investisseurs étrangers qui opèrent ici viennent principalement
de Grande-Bretagne et d’Irlande. Il y a de plus en plus de Russes, qui
ont un intérêt particulier pour le luxe, alors que Britanniques et
Irlandais achetaient plutôt pour investir et pour louer, des studios, des
F2 ou F3.
Là où je travaille, on a un collègue ukrainien et une
collègue russe qui s’occupent uniquement de la clientèle russe. Ce
sont
des bons clients, qui payent cash... mais qui sont exigeants. Il y a aussi
des investisseurs italiens... »
On dit ici parfois que ce sont les Italiens qui achètent, rénovent et revendent aux Russes. C’est vraiment comme ça ?
« C’est un peu vrai, pas spécialement aux Russes, même si les Russes
sont intéressés quand c’est du haut standing. Les Italiens ont
beaucoup
acheté au début des années 1990. Ils rénovent, parfois louent et
surtout revendent. En général ils rénovent bien, c’est de la qualité
mais du coup c’est assez cher. »
Y a-t-il encore des affaires à faire à Prague ?
« Ce n’est pas évident parce que les propriétaires tchèques sont
assez conservateurs : ils n’aiment pas vendre ou veulent vendre vraiment
cher. Mais il y a un autre type de propriétaires maintenant parce que
beaucoup de Tchèques veulent vivre à l’extérieur de Prague, vers
Průhonice ou Tuchomeřice par exemple. Quand ils veulent acheter une
villa
là-bas qui leur coûte peut-être 12 millions de couronnes, ils ont
besoin
de liquidités donc ont davantage tendance à vendre un appartement dans
le
centre ville dont ils ont peut-être hérité pour avoir du cash et ne pas
prendre de prêt, parce que les banques prêtent maintenant plus
difficilement.
Donc dans ce cas-là vous pouvez faire des affaires, mais
c’est rare et il faut les trouver. Sinon vous pouvez faire des affaires
vers Žižkov, Vršovice ou Vysočany pour des petits appartements, mais
en
général il y a beaucoup de travaux à faire. »
Et il vaut mieux avoir la somme maintenant si les banques ne prêtent plus aussi facilement ?
« Oui c’est clair, c’est toujours mieux. J’ai un client hollandais
qui voulait acheter deux appartements dans la rue Manesova. L’affaire
n’a pas pu se faire parce que les banques lui ont refusé un prêt, que
ce soit aux Pays-Bas ou ici. Pourtant c’était un pilote, avec sûrement
un bon salaire. Mais avec la crise, les banques ont peur de prêter et les
gens attendent de voir comment ça va évoluer. »







