« Hystérie » autour de la hausse du prix du beurre

« Ces dernières semaines, les symptômes de l’hystérie se manifestent sur notre marché », estime l’analyste économique d’une grande banque tchèque, interrogée sur la hausse spectaculaire du prix du beurre. Sur un an, le prix du beurre a augmenté de plus de 55% et par les temps qui courent, il faut débourser environ 60 couronnes (plus de deux euros) pour se procurer une motte de 250 grammes de beurre.

Photo: Štěpánka BudkováPhoto: Štěpánka Budková On ne parle que de cela en République tchèque et les chiffres de l’inflation pour le mois de septembre confirment la tendance. Les prix à la consommation ont augmenté de 2,7% sur un an, c’est 0,2 point de plus qu’en août, et cela est dû en partie à la hausse continue du prix du beurre. Celui-ci a donc crû de 55% par rapport à l’année dernière, et encore de 9,7% par rapport au mois d’août.

Un phénomène, observé partout en Europe en raison de la pénurie de matière grasse de lait et de la hausse de la consommation de lait, que les consommateurs, paniqués par les informations diffusées dans les médias, ont tendance à alimenter en faisant des stocks de beurre. En anticipant la hausse de son prix, ils raréfient le produit avec pour conséquence d’en augmenter le prix. Pour celui qui a le plaisir de se balader dans un supermarché ces jours-ci, il ne peut manquer de constater que, dans les rayons produits frais, on trouve seulement quelques mottes de beurre éparses là où elles devraient être des dizaines voire des centaines, et des marques les plus variées.

« S’il n’y avait pas cette demande pour faire des stocks, les prix n’augmenteraient pas davantage », explique l’analyste Jan Vejmělek, celui-là même qui parle de comportements hystériques. La situation est en tout cas prise au sérieux par le monde politique. Sur la demande du Premier ministre Bohuslav Sobotka, le ministère des Finances a diligenté une enquête pour identifier précisément les causes de la hausse des prix et déterminer si certains n’ont pas outrageusement profité des conditions favorables du marché.

Un autre analyste, Aleš Michl, cité par le site Novinky.cz, relativise en rappelant que les prix du beurre, bien que supérieurs à leur niveau en 2013, restent inférieurs à ce qu’ils étaient au début des années 1990.