Après TAFTA, un autre accord international négocié secrètement pointe le bout de son nez : TISA

S’appuyant sur des documents publiés par le serveur Wikileaks, le site Internet de la revue Literární noviny (la Gazette litéraire) fait état de négociations en cours entre une cinquantaine de pays, dont la République tchèque, concernant la libéralisation du secteur des services. Baptisé TISA (ou Accord sur le commerce des services), le nouveau traité commercial, qui emboîte le pas au déjà très critiqué accord TAFTA, actuellement en négociations et concernant la création d’un marché unique entre l’Union européenne et les Etats-Unis, est lui aussi négocié dans le dos des peuples mais pas dans celui des lobbys de l’industrie des services.

Photo: Commission européennePhoto: Commission européenne L’auteur de l’article, Tereza Spencerová, rappelle que c’est le manque de régulation du service de la finance qui est à l’origine de la crise en 2008, la plus importante de l’ère moderne. Pourtant, le TISA, que l’Union européenne, les Etats-Unis et les autres pays impliqués espèrent faire entrer en vigueur dès le début de l’année prochaine, comprend un volet sur la libéralisation du secteur de la finance. Mais ce n’est pas tout, les services publics, eau, transport, santé ou encore éducation, seraient également concernés et l’accord pourrait favoriser leur privatisation et empêcher les Etats de légiférer dans ces domaines, comme le note un rapport de l’Internationale des services publics cité par le blog ContreLaCour.

Les documents de Wikileaks, dont Julien Assange est l’un des rédacteurs en chef, concernent une annexe de l’accord, justement sur les services financiers. Ils ont été mis en ligne le 19 juin et depuis les médias tchèques ne s’en sont guère fait l’écho. Pourtant le Parlement européen a voté l’ouverture des négociations dès le 4 juillet 2013. Parmi les eurodéputés tchèques, les sociaux-démocrates, les chrétiens-démocrates et les libéraux-conservateurs de l’ODS ont voté en faveur du texte. Seuls les parlementaires communistes s’y sont opposés.