« Poruba », le nouvel album empreint de nostalgie de Jaromír Nohavica

En novembre dernier, Jaromír Nohavica, surnommé le « barde d’Ostrava, a sorti un nouvel album intitulé « Poruba », du nom d’un quartier de sa ville natale. Un album empreint de la nostalgie caractéristique des compositions de Nohavica qui, âgé de 64 ans, se replonge toutefois plus intensément que d’ordinaire dans l’enfance et se penche sur les années changeantes de l’adolescence, des premières amours…

La toute première chanson est celle qui donne son titre à l’album… Poruba, quartier populaire de la ville industrielle d’Ostrava, en Moravie-Silésie, et où Jaromír Nohavica a grandi. Pour ceux qui connaissent bien le chansonnier, son style musical peut ici surprendre, mais le reste de l’album se présente de manière plus classique. Il n’en reste pas moins que cette première composition retient l’attention, toute entière dédiée à des souvenirs d’enfance et aux « madeleines de Proust » qui lient le chanteur au quartier de Poruba.

A la fin des années 2000, s’il a été mis en cause publiquement pour avoir été un collaborateur de la police politique communiste (StB), ces révélations, en partie reconnue par Nohavica lui-même, n’ont jamais entaché l’affection que lui porte le public tchèque. Preuve en est, des concerts joués la plupart du temps à guichets fermés et une fidélité sans faille de ses fans.

Jaromír Nohavica, photo: Chinese Man RecordsJaromír Nohavica, photo: Chinese Man Records On retrouve dans ce nouvel album les piliers de la création de Jaromír Nohavica : la nostalgie, l’introspection sur l’enfance échappée, le regard poétique sur la vie et des réflexions douces-amères sur le monde contemporain auquel il peine à s’identifier. Des leitmotivs qui reviennent dans ses balades tout au long de ses presque 40 années de carrière, dont il serait facile de dire qu’avec le temps, ils sont stéréotypés, mais qui, chez Nohavica, parviennent à convaincre encore et encore.