Dimanche musical La Sixième symphonie, un chef-d’œuvre peu connu de Dvořák
Dans le magazine musical aujourd’hui, Radio Prague vous fait découvrir la Symphonie en ré majeur op.60, la sixième par ordre, d’Antonín Dvořák, œuvre tout aussi belle, quoique moins interprétée et moins connue, que les célèbres Huitième et Neuvième symphonies de l’un des plus grand compositeurs tchèques de tous les temps.
Antonín Dvořák en 1870
C’est entre août et octobre 1880, donc dans un délai très court, que
Dvořák compose cette œuvre qui lui est commandée par la Philharmonie de
Vienne. Elle a été interprétée pour la première fois le 25 mars 1881,
sur l’île pragoise de Žofín. La symphonie est aussitôt jouée et
applaudie en Angleterre puis, en 1883, à New York.
Vous vous en souvenez peut-être : nous avons récemment parlé de cette œuvre, sur Radio Prague, avec Ronald Zollman. Originaire d’Anvers, Ronald Zollman est le principal chef invité de l’Orchestre symphonique de la Radio tchèque ; et c’est justement avec cet ensemble qu’il a récemment interprété la 6e symphonie d’Antonín Dvořák à Prague. Ronald Zollman a expliqué au micro de Václav Richter pourquoi cette symphonie de Dvořák était relativement peu connue :
Ronald Zollman, photo: Raphael Oleg
« Quant on regarde les symphonies de Dvořák, de la Cinquième à la
Neuvième - elles vont aussi en crescendo en fréquences d’exécution.
Moi je les ai jouées toutes les cinq. La Cinquième est vraiment assez peu
jouée. La Sixième est donnée quand même relativement souvent, la
Septième est plus fréquente, la Huitième nettement plus et la Neuvième,
évidemment tout le monde la siffle dans les rues non seulement de Prague,
mais de New York, de Paris et d’ailleurs. Je ne m’explique pas pourquoi
la Sixième est moins jouée que la Huitième. Elle est plus difficile.
Cela doit être une raison. La Huitième et la Neuvième sont des
symphonies relativement faciles à monter. Toute musique est difficile à
jouer, comprenez-moi bien, mais il y a quand même une musique qui se monte
plus facilement que d’autre et en jouant la Huitième on peut obtenir
assez vite un assez bon résultat. Dans la Sixième il y a beaucoup de
travail mais ce n’est sûrement pas une moins bonne symphonie. C’est
pour moi la plus brahmsienne des symphonies de Dvořák mais en même temps
elle est très authentiquement ‘dvořákienne’. Pour moi c’est un
chef-d’œuvre absolu de Dvořák. Brahms est un grand architecte, tandis
que Dvořák a quelque chose de plus souple, de plus mobil que Brahms.
Disons que la mobilité de Brahms est plus cachée que celle de Dvořák
mais l’influence de Brahms est très évidente dans les 1er et 4e
mouvements. Et il se fait que je l’ai beaucoup dirigée, je crois 35
fois, ce qui est beaucoup pour quelqu’un qui n’est pas Tchèque. »
Nous vous invitons à présent à écouter les 3e et 4e mouvements de la Symphonie en ré majeur op.60 d’Antonín Dvořák. Précisons encore que, dans cette émission, vous entendez l’enregistrement de 1983 réalisé par l’Orchestre symphonique de Prague. Il joue sous la baguette de Václav Smetáček.







