Culture sans frontières Swinguer à Prague ? A Reduta !

09-11-2003 | Magdalena Segertová

Radio Prague vous propose aujourd'hui une émission rythmée par le jazz... Dans quelques instants, nous plongerons ensemble dans la petite salle du Reduta - le club de jazz le plus réputé de Prague, qui vient de souffler ses quarante-cinq bougies.

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Jazz Club RedutaJazz Club Reduta Amis du jazz, si vous cherchez à savourer, à Prague, votre musique préférée, avenue Narodni (en français, Nationale), vous êtes à la bonne adresse. Aujourd'hui, comme déjà avant la Révolution de velours, l'avenue est une véritable artère culturelle de la capitale : on y trouve le Théâtre national, le fameux café Slavia, le théâtre Lanterne magique, le café-théâtre Viola et... depuis la fin des années 1950, aussi le club Reduta, qui propose du jazz diabolique à souhait, 364 jours par an... et dans lequel on a même vu Bill Clinton jouer du saxophone. Un bar à vin transformé, à l'époque, en une scène alternative de théâtre (le nom Reduta venant de l'expression italienne "teatro ridotto", en français "petit théâtre"), et ensuite en meilleur club de jazz à Prague.

En ce début novembre, Reduta a donc fêté ses 45 ans, et cela par son traditionnel festival international. Parmi ceux qui ont enthousiasmé le public, il y avait des vedettes tchèques, telles Emil Viklicky, Jana Koubkova ou Milan Svoboda, ainsi que des invités de l'étranger. Un nom pour tous : le pianiste russe de renommée mondiale Daniel Kramer.

"Dans le monde, il y a trois villes, dont je suis éperdument amoureux : Paris, Prague et Barcelone. C'est à Prague qu'a commencé, en 1988, ma carrière internationale. C'est la première ville étrangère que j'ai visitée. A l'époque, j'étais venu au festival de la jeunesse et des étudiants. Nous, les jeunes musiciens, nous sommes venus avec l'idée de surprendre le public tchèque par un bon concert. Mais il y avait, avec nous, les dirigeants du Komsomol, en permanence imbibés de vodka. Evidemment, nous étions rouges de honte... Mais bon, avec mon ami trompettiste qui fait aujourd'hui une brillante carrière à Vienne, nous avons réalisé notre rêve - nous avons joué à Prague. Et, en marge de ce concert, nous sommes allés, en simples spectateurs, à Reduta. Nous y avons passé une magnifique soirée, en buvant de la bière et en écoutant du jazz."

Le jeune pianiste de l'époque se range, aujourd'hui, parmi les stars les plus brillantes du jazz mondial. Il sillonne l'Europe et, en particulier, la France, où on peut souvent l'apercevoir aux côtés de Didier Lockwood. Et s'il se produit, de temps à autre, à Reduta, c'est par pur plaisir... « Le cachet s'envole tout de suite, il suffit que nous allions, ma femme et moi, deux ou trois fois au restaurant à Prague », dit-il, avec un sourire. Mais pour Daniel Kramer, Reduta est, tout simplement, une affaire de coeur... et ça n'a pas de prix...

Reduta, ce sont, à part le bar, deux salles intimistes, situées au sous-sol d'une maison Art nouveau et réservées à une centaine de spectateurs. Dans l'une, l'on swingue, dans l'autre, on peut découvrir, dix fois par mois, les merveilles du Théâtre noir de Jiri Srnec - ce qui est une spécialité tchèque, proche du théâtre des marionnettes. On sent, ici, l'ambiance des années 60, 70... Les chaises, le podium, le rideau... il n'y a rien de plus. Pas de décorations, à part les photos des légendes du jazz qui ont laissé, ici, leur empreinte. Un lieu décalé et convivial, où le spectateur se sent bien, quel que soit son âge ou sa nationalité...

"Nous sommes ici pour la toute première fois. Nous sommes venues par curiosité, pour entendre le pianiste russe, bien que nous ne soyons pas des spécialistes de jazz. Mais lui, il était vraiment magnifique. Nous avons lu dans la presse tchèque que Reduta fêtait ses 45 ans d'existence et ça nous a donné l'envie de venir. Reduta est une référence, tout le monde sait que c'est un club de jazz, mais à vrai dire, nous ne l'avons pas trouvé tout de suite..."

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