Culture sans frontières Olympic a quarante ans et pas une ride...
Chaque pays a ses légendes musicales. Des chanteurs, dont les voix ne vieillissent pas, des musiciens, immortalisés par des tubes qu'ils avaient composés. Le groupe du big-beat Olympic électrise le public tchèque depuis quarante ans. Ce joli anniversaire, Olympic l'a fêté à sa façon : par une série de concerts, donnés à Brno, à Ostrava et... tout récemment à Prague. Aujourd'hui, ce fameux groupe tchèque ne joue que pour vous.
Olympic
Huit mille concerts, des albums vendus en République tchèque comme à
l'étranger à plusieurs millions d'exemplaires, mais surtout un public
ravi, des fans de tout âge... A sa quarantaine épanouie, Olympic a
vraiment de quoi être fier !
Olympic, qui porte le nom d'un club de musique pragois, a débuté comme un groupe d'accompagnement au prestigieux théâtre Semafor, à Prague. Trois guitares, un piano, des percussions et... un projet solo en tête. En 1965, ce projet voit le jour : le groupe enregistre sa première chanson, intitulée Donne-moi plus d'amour. Et sa carrière décolle ! Avant de vous faire écouter ce grand succès d'Olympic, une petite parenthèse... Au fil des années, la composition du groupe a changé. Le seul musicien qui lui soit resté fidèle quarante ans durant s'appelle Petr Janda. Chef, guitariste et chanteur du groupe, Petr Janda est aussi un excellent compositeur : il a déjà signé plus de 500 chansons ! Dans les années 60 donc, les Beatles de Prague font craquer le coeur des Tchèques, avec cette chanson...
En 1968, Olympic sort son premier album et part en tournée en France. Entre-temps, les chars russes arrivent en Tchécoslovaquie et les musiciens envisagent de rester, peut-être, à Paris. L'avenir ne s'annonce pas mal du tout : Olympic se produit dans des clubs français et Johnny Hallyday lui propose de participer à ses concerts au Palais des Sports de Paris. Mais... les fêtes de Noël approchent et le groupe décide de retourner dans son pays. Il reviendra en France en 1969 et sera, de nouveau, tenté de rester. Voici un souvenir nostalgique de ces deux séjours français... Bonsoir mademoiselle Paris...
Arrivent les années 70 et 80, l'époque des mélodies sucrées, des chanteuses aux cheveux ondulés et des chanteurs aux chemises en tweed qui avaient une seule mission : semer la joie de vivre. Et les rockers dans tout cela ? La musique d'Olympic, ses textes peu ordinaires ne correspondaient pas trop aux normes de la culture communiste. Et pourtant, le groupe arrive à survivre et conserve son originalité. Il veille aussi à ne pas briser les contacts avec l'étranger et enregistre plusieurs albums en anglais, destinés au public occidental. En Tchécoslovaquie, Olympic ramasse des prix et donne des concerts à guichets fermés. Le groupe fait les choses en grand : ses concerts, ce sont des big shows, où des costumes et accessoires extravagants, des décors sophistiqués et des effets spéciaux ne manquent pas. Dans leurs chansons, les musiciens évoquent des sujets qui les interpellent et qui sont, d'ailleurs, toujours d'actualité : l'écologie et les relations humaines... La chanson que je vous fais écouter maintenant s'appelle Moi (en tchèque Ja) et c'est un portrait percutant d'un égoïste...
Après la Révolution de velours, en 1989, Olympic traverse une petite crise. Le groupe se dissout, Petr Janda fonde son propre studio musical et sa maison de disques. Il collabore avec d'autres musiciens et sort plusieurs albums solos. Mais... petit à petit, la nostalgie l'envahit... Et alors, au milieu des années 90, deux guitaristes, un pianiste et un percussionniste reviennent sur scène... et remportent, de nouveau, un immense succès ! Les concerts d'Olympic sont excitants et bondés : des papas, des mamans et leurs enfants entonnent, debout, ses grands tubes... Le fondateur du groupe, Petr Janda, 60 ans, menu, chauve, en lunettes, continue à composer... "Je n'aime pas les chansons qui plaisent à la première écoute", a-t-il confié dans une interview. "Il faut d'abord absorber la mélodie, la digérer, apprendre à vivre avec. En fait, la chanson est comme une femme. Et dans la vie, des coups de foudre sont quand même assez rares. L'amour met aussi un certain temps à naître..."
C'était Olympic et son concert pragois, qui a eu lieu il y a tout juste une semaine. L'année prochaine, les célébrations du quarantième anniversaire d'Olympic vont continuer : le groupe fera, avec son programme, le tour du pays...






