Culture sans frontières Lo'Jo raconte son aventure africaine
Le festival de world music Respect qui s'est déroulé ce week-end à Prague, est une occasion de mettre à l'honneur, sur nos ondes, une formation française aux racines africaines, reconnue dans le monde entier, qui s'est produite récemment dans la salle de concert pragoise Akropolis : il s'agit du groupe Lo'Jo, fondé en 1982, à Angers, en France, par le musicien, chanteur et poète Denis Péan.
Lo'Jo
D. P. : "Lo'Jo est parti de l'imaginaire, après, le voyage nous a
éduqués sur des façons différentes de faire de la musique. Au départ,
Lo'Jo n'était pas spécialement un groupe de musique, c'était un cercle de
gens qui étaient créatifs, qui avaient des choses à dire, par les
techniques de cirque, par la peinture et les images, par la danse et la
musique."
Et le nom du groupe ?
"Je l'ai inventé. Au début j'ai essayé de l'expliquer, mais maintenant non. Le nom n'a aucune signification et chacun le prononce comme il veut..."
"La poésie est une grande partie de Lo'Jo, elle est aussi importante que la musique. Les thèmes que j'aborde sont liés à la vie des gens. Je crée des métaphores sur l'existence. Je restitue par des images les moments magiques de la vie."
Le fameux Festival au désert, qui réunit, chaque année, au Mali, des pointures musicales, est né à l'initiative de Denis Péan.
D. P. : "Ce festival est parti de notre amitié avec des nomades. La
première année était une grande aventure, un peu folle. C'était très
difficile et dangereux d'aller jusque là-bas. Le premier festival était
une grande rencontre spirituelle entre des Européens et des nomades du
désert. Maintenant, il est devenu trop grand et trop médiatisé pour nous
et nous n'y participons plus, pour l'instant. C'était très difficile
d'acheminer le matériel là-bas, l'équipement de son, de lumière, du ciment
pour construire une estrade. On a transporté aussi de la farine pour faire
du pain. Tout est compliqué dans cette région : il n'y a pas de lignes de
transport, il n'y a pas de sécurité, d'hôpitaux, de téléphone. Mais la
rencontre humaine était tellement puissante... Même si, au début, nous
avons inspiré beaucoup de méfiance, vu que ces gens ont été maltraités
pendant des années par les Français. C'était quand même symbolique, cette
rencontre qui ne se faisait ni dans la guerre, ni dans le sens du profit,
simplement dans le sens de se comprendre avec nos différences."





