Le « Trabant muzeum », étonnant fruit d'une passion familiale

C'est une ancienne station de contrôle technique située dans la périphérie ouest de Prague. Reconvertie, elle accueille toujours des voitures... qui, cependant, ne repartent désormais plus sur les routes. Radio Prague vous emmène à la découverte du musée de la Trabant, témoignage passionnant d'une époque révolue.

Le musée de la Trabant, photo: Archives dtrabante Martin HuclLe musée de la Trabant, photo: Archives dtrabante Martin Hucl A l'extérieur du musée, on ne voit qu'un bâtiment aux formes carrées installé sur un parking. Mais en y entrant, c'est à un voyage dans le temps auquel nous invite le Trabant Muzeum, un endroit plein de charme.

La Trabant, c'est cette voiture assez simple, pour ne pas dire rudimentaire, symbole de l'époque communiste en Allemagne de l'Est. Pas moins de trois millions d'exemplaires des différents modèles du véhicule ont été produits à Zwickau, dans la Saxe, entre 1957 et 1991.

Alors pourquoi dédier un musée dans la capitale de la République tchèque à cette marque trabantdisparue ? Pour le comprendre, il faut remonter dans les années 1960. Viktor Mráz, célèbre pilote de course tchécoslovaque, fait alors le voyage à Zwickau. Enthousiasmé par les Trabant, il décide de coopérer avec la marque pour réaliser des voitures de course performantes. Il est alors à la tête de l'Autosportklub de Prague, et l'une de ses pilotes s'appelle Helena Huclová. A la mort de cette dernière, en juin 2015, sa famille décide d’ouvrir ce musée dédié à sa passion, à l’endroit où se trouvait l’Autosportklub. C’est ce qu’explique Monica, petite-fille d’ Helena Huclová :

Le musée de la Trabant, photo: Archives de Martin HuclLe musée de la Trabant, photo: Archives de Martin Hucl « Ce musée a été lancé par son fils Martin. Helena Huclová a participé à toutes ces compétitions. Martin a voulu faire quelque chose pour elle, il a donc ouvert ce musée. Il adore les Trabant, il les a collectionnées toute sa vie, et désormais il s’occupe de ce musée avec sa femme. C’est une façon de rendre hommage à notre grand-mère. »

Une passion qui a amené Martin à acheter toutes sortes de Trabant et d’objets liés à ce véritable phénomène culturel. Porte-clefs, miniatures et goodies en tous genres occupent une grande place dans le musée, aux côtés des trophées et photos des pilotes. La passion des Hucl est connue, si bien que certains ont même fait des dons au musée, qui déborde désormais de ses quatre murs. Monica :

« Mon oncle veut agrandir le musée. D’autres Trabant sont dehors, il n’y a pas beaucoup de place dans le bâtiment. »

Viktor Mráz et Helena Huclová ont été les premiers pilotes automobiles tchécoslovaques à s’être équipés en Trabant, tant pour les rallyes que pour les courses sur piste. Avec leurs voitures allemandes, ils sont allés de compétition en compétition, amassant les trophées :

« Viktor Mráz a vu en ma grand-mère, la mère de mon oncle, beaucoup de talent pour la compétition. Il lui a dit : ‘tu dois y participer, ce serait super pour toi’. Ils ont travaillé ici tous les deux et couru ensemble. »

Le musée de la Trabant, photo: Archives de Martin HuclLe musée de la Trabant, photo: Archives de Martin Hucl Le club s’est ensuite agrandi. Sur une des photos du musée, on voit une dizaine de pilotes issus de la petite entreprise de Viktor Mráz et Helena Huclová. Monica :

« Les compétitions se déroulaient principalement en Tchécoslovaquie. Les pilotes se rendaient également dans les pays voisins amis de la Tchécoslovaquie, principalement en Allemagne de l’Est. »

Les pilotes de course n’étaient pas les seuls à se fournir en Trabbi est-allemandes. Leur utilisation quotidienne sur les routes de Tchécoslovaquie s’est vite répandue. De la première voiture vendue dans le pays en 1963 à la chute du communisme en 1989, ce ne sont pas moins de 150 000 Trabant qui ont circulé.

Les voitures étaient alors très demandées, et la production ne suivait pas : il fallait parfois attendre jusqu’à deux ans avant d’obtenir le véhicule tant désiré en Tchécoslovaquie communiste. L’effondrement du bloc de l’Est au début des années 1990 a précipité la fin des Trabant :

Le musée de la Trabant, photo: Archives de Martin HuclLe musée de la Trabant, photo: Archives de Martin Hucl « Cette année-là, la production s’est affaiblie en raison de la réunification des deux Allemagne. Les prix ont augmenté, les Trabant sont devenues trop chères. Puis les clients ont préféré les voitures de l’Ouest. »

Si les propriétaires de Trabant étaient encore nombreux dix ans après la chute du régime communiste, la voiture appartiennent désormais à un passé révolu ; une histoire dans laquelle les nostalgiques pourront se replonger le temps d’une visite dans ce petit musée de l’ouest de Prague.

De l’AWZ-P70, ancêtre de la Trabant, au modèle 1.1, tentative désespérée de relancer la marque en 1990, toute l’histoire de cette petite voiture pratique et légère mais tellement moquée, y est concentrée. Plus de vingt-cinq ans après le rachat de l’usine de Zwickau par Volkswagen pour y produire des Polo, quelques passionnés entretiennent la flamme. Les photos de Tom Hanks ou de Michael Schumacher posant fièrement à côté des Trabant démontrent, si besoin en était, que cet intérêt pour les Trabant va au-delà de quelques initiés. Le musée prévoit même de quoi distraire les enfants avec un simulateur de conduite de Trabant et un circuit de petites voitures. Vroum, vroum !!!

Pour les amateurs, plus de renseignements, y compris en anglais et bien entendu en allemand, sur le site http://www.trabantmuzeum.cz