Culture sans frontières Jim Murple Memorial et Didier Awadi au festival Respect
Un des premiers festivals musicaux de la saison printanière et estivale vient de s'achever dans la capitale. C'est un festival de musiques du monde, intitulé Respect. Il fêtait ses dix ans au milieu de la Vltava avec au programme des groupes du Mali et du Niger, du Brésil et d'autres pays encore. Le week-end dernier, c'est un groupe français qui a déchaîné les foules. Entretien avec Nanou, la chanteuse de Jim Murple Memorial, quelques minutes après le concert, par Flora Moscovici...
Jim Murple Memorial
F.M.: Je me trouve actuellement en compagnie de la chanteuse de Jim Murple
Memorial, au festival Respect, à Prague. Tes impressions juste après le
concert ?
Nanou : « Super ! En descendant, ce que je disais, c'est que des fois, j'ai envie de dire aux gens qu'ils sont merveilleux... Ils ont eu le sourire accroché aux oreilles du début jusqu'à la fin du concert, bonne ambiance, comme on aime. »
F.M : C'est la première fois que le groupe participe au festival Respect ?
N : « C'est la première fois qu'on vient à Prague. »
F.M : Et en République tchèque aussi?
N : « La première fois, oui. Hier, on était en Allemagne, c'était la deuxième fois, donc timidement on franchit les frontières. Cela fait onze ans qu'on tourne et on avait envie de sortir un peu de la France : on commence à jouer en Belgique, en Suisse, en Allemagne, en Tchéquie, c'est super. »
F.M : Et là, vous êtes partis pour une petite tournée en Europe de l'Est ou vous revenez à Paris après?
N : « On rentre demain ! Mille deux cents bornes ou mille cinquante bornes, je ne sais plus, on rentre demain ! »
F.M : Je sais que vous jouez aussi bien dans des petites salles que dans
des très grands festivals comme les Vieilles Charrues, par exemple, en
plein air... Qu'est-ce que ça donne un petit concert comme ça, un petit
festival en plein air ?
N : « C'est vachement bien ! En fait, ce qui est très sympa, c'est cette ambiance familiale. Toutes les configurations sont bien. Ce qu'il peut y avoir de plus impersonnel, ce sont vraiment les gros, gros, gros festivals. Tu peux moins jouer avec l'ensemble du public, donc tu t'adresses forcément aux trente mètres devant toi, alors que quand ça reste à échelle un peu humaine, je trouve ça plus sympa, plus chaleureux. »
F.M : Et les impressions par rapport à Prague ?
N : « Je vais être honnête avec toi, on est arrivés, on a fait la balance et on n'a vu que le site. Donc, notre première impression, on s'est dit : 'Tiens, ça ressemble au festival des Sziget !' On est allés en Hongrie il y a quelques années, c'était sur une petite île aussi. Sinon, on n'a rien vu de la ville, donc là on va voir un petit peu les groupes, rester avec les gens et on va profiter de notre soirée à Prague. »
F.M : Donc envie de revenir ?
N : « Carrément ! Un peu plus longtemps même... »
Le festival Respect s'est terminé vendredi dernier par un concert de Didier Awadi, le rappeur sénégalais aux origines capverdiennes. Guillaume Narguet l'avait rencontré à l'occasion de son premier concert en RT. C'était il y a un peu plus d'un an, en marge des Journées de la Francophonie...
D.A.: « Pour moi, il est important de donner une image positive du
continent partout où on va. Je combats cette image de misère de l'Afrique
: maladies, sida, guerres, cannibalisme, etc. Des trucs qui n'existent
pas. Moi, je vis à Dakar, en Afrique, et je crois beaucoup que tous ces
pays africains doivent travailler ensemble pour donner une image positive
d'eux-mêmes. Ce travail commence par un travail sur soi-même. Si toi, tu
montres une image positive de toi et que chacun le fait, tout le continent
aura une plus belle image. »
Comment le public perçoit-il vos chansons et leurs rythmes ?
D.A.:« Très bien. Ici, c'était assez nouveau pour la plupart des
gens,
parce que dans notre show, on peut entendre de l'Amérique comme de
l'Europe et de l'Afrique, et même de la vraie brousse. On fait voyager les
gens et ils nous suivent partout, dans tout ce que l'on fait dans
l'évolution du show. Jusqu'à présent, le public accueille tout cela très
bien et il nous donne aussi beaucoup (...) Franchement, je suis surpris de
l'accueil. Les gens viennent et sont enthousiastes. Ça chante, ça danse
avec nous... Bien qu'ils ne comprennent pas tout, ils sentent la vague que
l'on essaie de faire passer et ils nous le rendent bien. Je suis donc très
heureux d'être ici, même si je crois que c'est aussi ma nature d'être
heureux. »
United Islands of Prague (21-23 juin)
Parmi les événements musicaux qui se préparent, on notera le festival
United Islands of Prague, qui a accueilli l'année dernière Rachid Taha et
Khaled. Les concerts sur les îles de Prague auront lieu le 23 juin, mais
le festival débutera (et c'est une nouveauté cette année) deux jours plus
tôt, à l'occasion de la fête de la musique. Le 21 juin, plus de 60 groupes
joueront dans 20 lieux de Prague. A l'Institut français aussi, où l'on
pourra entendre, entre autres, les groupes français Meltem ou Norman B.






