Culture sans frontières Jana Boková : « Un exilé est toujours marginal »
Jana Boková est réalisatrice de films documentaires. D’origine tchèque, elle vit depuis des années à Buenos Aires, en Argentine. Comme beaucoup de Tchèques de sa génération, elle a choisi l’exil en 1968, faute de perspectives après l’invasion soviétique de la Tchécoslovaquie. C’est à Paris qu’elle s’établit d’abord, où elle fait ses études, avant de partir pour les Etats-Unis où elle travaille comme photographe pour le magazine Rolling Stones. Elle poursuit des études de cinéma à Londres et c’est le documentariste et ethnologue français Jean Rouch qui dirige son premier film d’études. Depuis la fin des années 1970, Jana Boková, éternelle voyageuse comme le sont souvent les grands exilés, sillonne le monde et tourne des films. Elle a filmé l’acteur hollywoodien Anthony Quinn, tourné avec Eric Clapton, s’est intéressée au tango argentin. Parmi son importante production deux films en particulier retiendront notre attention aujourd’hui : un documentaire sur La Havane, tourné en 1989, et Bye Bye Shangaï, un film très personnel à la rencontre de grandes figures de l’exil tchécoslovaque telles que Petr Král, Vlastimil Třešňák, Vladimíra Čerepková et d’autres. Jana Boková était récemment à Paris, une occasion de la rencontrer.
'Havana'
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