Culture sans frontières Ivan Franek, un acteur tchèque, français et italien

16-04-2006 | Magdalena Segertová

Les acteurs tchèques qui ont réussi à se construire une carrière internationale ne sont pas aussi nombreux que cela. Prenons l'exemple de Jan Triska, fixé aux Etats-Unis où de Karel Roden, installé à Prague, mais que l'on voit souvent dans des productions américaines. C'est aussi le cas d'Ivan Franek, 41 ans, membre du jury international du festival de Plzen.

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Ivan FranekIvan Franek C'est curieusement en novembre 1989, à la veille de la révolution de Velours, que cet acteur marionnettiste s'est exilé en France (non pas à cause du climat politique, mais pour les « raisons du »coeur"). Ensuite, il allait, pendant huit ans, sillonner la France et l'Europe avec la compagnie Jean-Pierre Lescot. En 2001, lorsque l'Italien Silvio Soldini lui confie le rôle titre dans son film « Brucio nel vento » (« La brûlure du vent »), Ivan Franek se fait connaître au cinéma. Depuis, vous l'avez vu dans des dizaines de films, par exemple dans « Les marins perdus », où il a joué aux côtés d'Audrey Tatou et de Bernard Giraudeau, dans « 36 Quai des Orfèvres », ou encore dans « Vodka Lemon ». Partageant sa vie entre Paris, la Bourgogne et l'Italie, Ivan Franek a donc passé une semaine à Plzen, sa ville natale, en tant que membre du jury présidé par le cinéaste polonais, Maciej Karpinski. Entre deux projections, il nous a donné ses impressions du festival Finale :

 « Je suis vraiment content d'être ici, parce que depuis que je vis en France, donc depuis dix-sept ans, je n'ai presque pas la possibilité de voir les films tchèques. Ici, j'ai vu quinze films en cinq jours ! Des films qui traitent des problèmes de la société tchèque, à laquelle je me sens toujours appartenir. En plus, le fait de vivre à l'étranger a modifié mon regard sur plein de choses. Ce sont donc deux points de vue différents, auxquels s'ajoute, du coup, un troisième point de vue que je viens de découvrir dans ce festival. Pour le moment, je l'analyse, pour voir ce que ça va m'apporter. »

'Vodka Lemon''Vodka Lemon' Sur quoi travaillez-vous en ce moment en France, ou ailleurs ?

 « Je viens de terminer Les Inséparables avec Elisabeth Rappeneau. Après ce festival, je pars en Italie, où je tourne très souvent (même ici, je parle avec un collègue du jury en italien et ça me pose pas mal de problèmes de passer de l'italien au tchèque et du tchèque en français...). Sinon, j'ai un projet de tournage avec Vincent De Brus, le réalisateur de L'Entente cordiale (avec Daniel Auteuil et Christian Clavier) qui sortira en France en octobre. Ce sera de nouveau une comédie, elle devrait s'appeler La nuit Médicis et ce sera un peu dans le style du Bal des Vampires de Polanski. »

Avez-vous un cercle de gens, avec lesquels vous aimez travailler ?

 « Je me sens proche des gens avec qui j'ai tourné des films, comme Coline Serrault, Olivier Marchal, Vincent De Brus ou Jean-Pierre Daroussin. Nous sommes restés amis. Après, il y a, évidemment, plein de réalisateurs avec qui j'aimerais travailler. Mais, à part le cinéma et la télévision, je fais aussi beaucoup de théâtre de marionnettes. J'en ai fait avec Jean-Pierre Lescot et j'ai utilisé cette technique également dans le spectacle La bonne âme de Se-Tchouan, monté par Irina Brook. »

Vous n'avez pas un physique typiquement tchèque... Pensez-vous que ça vous a aidé à percer ?

 « Je ne sais pas ce qui est un physique typiquement tchèque...Jadis, nos frères slovaques nous appelaient les Suédois, parce que pendant la guerre de Cents Ans, les Suédois sont quand même restés assez longtemps à Prague. D'où, peut-être, tant de filles blondes aux yeux bleus... Quant à mes racines, il est vrai que ma mère est Ukrainienne, mon grand-père était Géorgien et mon père est Tchèque... Si mon physique m'aidait ? Je ne sais pas, c'est possible. »

Vous vous considérez comme un acteur tchèque ?

 « Bien sûr ! Je me considère comme un citoyen et acteur tchèque qui s'est expatrié en France, mais dont le coeur bat pour son pays. On l'accepte où on ne l'accepte pas, mais les racines sont là, où elles sont. »

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