1953 :« U nás jaro nekončí » - Chez nous, le printemps est sans fin

Le choix du tube de l’année 1953 surprendra peut-être nos auditeurs. Il se base cependant sur les données statistiques très précises des ventes de disques phonographiques Supraphon, qui était alors le seul label disponible en République tchèque.

21 mars : Antonín Zápotocký nommé deuxième président communiste de la République tchécoslovaque
1er mai : lancement de la diffusion régulière de la Télévision tchécoslovaque
1er juin : réforme monétaire qui dévalorise les économies de la population
Et aussi, le 22 mars : naissance de l’actrice tchèque et deuxième épouse du président Václav Havel, Dagmar Havlová

Cette année-là, la chanson « U nás jaro nekončí » – « Chez nous, le printemps est sans fin », dont le compositeur était Ludvíka Podéšť et dont le texte avait été écrit par Vlastimil Pantůček, constituait la mélodie principale du film « Písnička za groš » – « Une chanson pour un sou ».

Cette chanson aurait facilement pu être qualifiée de fox-trot, mais la « musique de la misère intellectuelle » influencée par le jazz et l’Europe de l’Ouest n’était alors pas autorisée par le régime communiste de la Tchécoslovaquie. Pour cette raison, les réalisateurs de ce film débordant de propagande ont alors choisi de se tourner vers l’ensemble pseudo-folklorique de Július Móži, qui a alors réalisé un enregistrement de la chanson avec Milan Směták, un chanteur originaire de Brno.

Photo: SupraphonPhoto: Supraphon Les paroles ne posaient nullement problème, car elles étaient remplies des formules de propagande d’alors.

Pourtant très strictes, les institutions de l’époque n’ont donc fait aucune objection. Mais l’avide public de danseurs y a reconnu des éléments de fox-trot et s’est emparé de cette chanson, qui a alors atteint le record de vente de 145 000 disques. Pourtant, il est aujourd’hui difficile de s’imaginer que cet optimisme déjà essoufflé ait pu rencontrer autant de succès.

 

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