Les Tchèques célèbres et moins célèbres Zlatuše Müller, photographe et scénographe
Photographe et scénographe, Zlatuše Josefa Müller est également la directrice du prestigieux Bohemian Carnevale, membre de la Fédération des villes de carnaval, fondé par son mari Rostislav Maria Müller, et cofondatrice de l’atelier Franzis Wussin.
Madame d'Or, 2009, photo: Rostislav Maria Müller
Parmi les nombreux prix qu’elle s’est vue décerner, on peut citer le
Prix Fotoprinsessan 1997 (Suède) ou Agfa European Portrait Award
(Barcelone). Entre autres, elle a également réalisé la scénographie de
Carmen au Théâtre sur la balustrade (Divadlo na zábradlí). Mystérieuse
et fascinante, elle se présente lors des soirées mondaines le visage
caché par un bon masque en brocard doré, d’où son surnom « Madame d’Or » :
Zlatuše Müller, photo: Triglaw Corp
« Je porte mon masque pour assister aux activités dont j’estime
qu’elles le méritent, par exemple lorsque je suis invitée en été aux
garden parties, à la Fête de la musique ancienne organisée par le
Collegium Marianum, au théâtre, ou lors de rencontres avec des mannequins
du XXe siècle. J’ai d’ailleurs moi-même été mannequin pour la
prestigieuse agence des années 70’ et 80’ ÚBOK. Je mets mon masque
avec une robe de soirée. C’est un vrai plaisir car le visage mérite
également de porter un habit prestigieux. Dans ces cas je suis la Dame
d’Or, Aurélie, Aurelia avec un bon masque qui orne mon visage. »
Zlatuše Müller, photo: Triglaw Corp
Zlatuše Josefa Müller, née à Brno, rêvait d’être chanteuse,
peintre et finalement actrice, mais il n’en fut rien. Elle est devenue
une photographe et une scénographe de renom. Elle a hérité son talent
dramatique de sa grand-mère paternelle, Josefa, qui était comédienne et
qu’elle ne voyait pas souvent mais qu’elle adorait. Cette dernière
avait l’habitude de féliciter cette enfant qui réussissait quelque
chose, ce qui est plutôt rare chez les adultes. Enfant unique, Zlatuše
Josefa vivait dans son propre monde. Mais elle avait aussi beaucoup
d’amis et avait un tempérament de meneuse. Dès son plus jeune âge,
elle a fait de très beaux dessins. Zlatuše Josefa Müller évoque ses
souvenirs d’enfance :
Princess d'Or (Zlatuše Josefa Müller en âge de trois ans) - Saison Carnevale Brünn, photo: Atelier Medvídek Brno
« C’est toujours beau de s’asseoir de temps en temps et de faire
revivre ses souvenirs d’enfance. On parle de ces beaux moments seulement
en famille ou lorsque quelqu’un vous pose la question. Les premiers
souvenirs d’enfance les plus intenses qui me reviennent, c’est lorsque
j’étais assise à table dans la cuisine et que je dessinais des
princesses aux longs cheveux, vêtues de magnifiques robes. C’était les
mêmes robes que l’on confectionne à l’atelier : jupes volumineuses,
taille serrée, bref, féeriques. Je vivais dans un monde imaginaire que je
m’étais créé et dans lequel je vis encore aujourd’hui. »
Bohemian Carnevale, photo: Triglaw Corp
A treize ans, elle est déjà une belle jeune fille qui désire plaire.
Elle a grandi sous le régime totalitaire. Dans les magasins il n’y avait
pratiquement pas de vêtements ou seulement des habits démodés et sans
valeur. C’est à cette époque qu’elle se lance dans la couture.
D’abord, elle n’ose faire que des jupes longues et droites, puis
suivent les minis qu’elle transforme au fur et à mesure en manches de
robes ou de chemisiers. C’est la mère de Zlatuše qui décide
d’envoyer sa fille étudier à l’école d’économie de Brno, section
secrétariat et travail administratif. Zlatuše est une excellente
étudiante et profite bien de son temps libre. Elle entre au studio
d’enfants du Théâtre sur une corde (Divadlo na provázku) et se
consacre avec passion à l’art dramatique. Brno était une ville d’art
et il était facile d’y rencontrer des artistes renommés.
Princesse, 1995, photo: Zlatuše Josefa Müller
Après ses études secondaires elle essaie d’entrer à l’Académie des
arts dramatiques (DAMU), section dramatique, mais n’est pas admise. Son
handicap est qu’elle refuse absolument d’écouter les réalisateurs et
les metteurs en scène. A cette époque, elle réalise déjà ses propres
créations, projets et modèles. Elle décide alors de partir avec son ami
à Prague où ce dernier est admis à l’Ecole supérieure des arts
décoratifs (UMPRUM). Elle ne connaît personne et doit se débrouiller
seule. Elle a l’idée de présenter à un Centre culturel prestigieux de
Prague le projet les Femmes minces (Štíhlice) qui est un défilé de mode
mêlé à du théâtre. Elle trouve les mannequins à l’Ecole des Arts
Décoratifs.
Bohemian Carnevale, photo: Triglaw Corp
Pendant un mois elle ne dort presque pas et passe ses nuits à
confectionner des créations extravagantes. Le succès est énorme et on en
parle encore aujourd’hui. Finalement, Zlatuše Josefa arrive à entrer à
l’Académie des arts dramatiques, section scénographie. C’est à cette
époque qu’elle commence à apprendre à faire de la photo. Elle passe
beaucoup de temps à chercher la bonne température du révélateur et le
temps nécessaire pour laisser la photo dans le bain de fixage.
C’est lorsque qu’elle prépare son mémoire de fin d’études et se
prépare à partir en Italie, que Zlatuše fait la connaissance de
Rostislav Maria Müller, son futur mari :
Bohemian Carnevale, photo: Triglaw Corp
« C’était au club Radost FX. Il est très important dans ma carrière
et dans ma vie. En 1995, j’y ai exposé mes photos pour la première
fois. J’ai été choisie par la propriétaire du club Bethea Zoli parmi
de nombreuses candidates. Je désirais rencontrer quelqu’un. Soudain
j’ai aperçu près de la piste un jeune homme. Il portait un bonnet et je
ne voyais pas son visage. Je suis venue vers lui, j’ai pris sur la table,
car il y avait un buffet, une feuille de salade et j’ai commencé à
chanter la chanson que l’on jouait. Il m’a regardée en me disant : il
faut prendre un micro et il m’a tendu une carotte. J’étais fascinée
et me suis dit c’est lui, il est comme moi. Ce fut le coup de foudre.
Puis j’ai déménagé pour six mois en Italie et j’ai beaucoup voyagé.
Finalement Rostislav Maria me manquait et je suis retournée à Prague.
Nous nous sommes fiancés et avons pris une photo ensemble à l’occasion
des fiançailles. Depuis nous faisons tout ensemble, nous sommes
inséparables comme des jumeaux. »
Amon-Re et Elektra, photo: Zlatuše Josefa Müller
Et ensuite, comme dans un conte de fée, Zlatuše Josefa a épousé
Rostislav Maria Müller. C’est elle-même qui a confectionné sa robe de
mariée avec 13 mètres de tissu brillant qu’elle avait acheté comme
coulisse pour faire des photos.
Artiste et mère de deux magnifiques enfants, Amon Re et Elektra, Zlatuše Maria Müller est la Grande Dame du Carnaval de Prague.







