Les Tchèques célèbres et moins célèbres Ota Zaremba
L'haltérophile Ota Zaremba, cet homme à la stature impressionnante d'1m82 pour un poids dépassant les cent kilos, a été sacré champion olympique à Moscou, en 1980, dans la catégorie des cent kilos au total olympique, soit l'addition des meilleures performances dans chaque mouvement, l'arraché et l'épaulé-jeté. Il a également été quatre fois champion du monde en soulevant 186 et 188 kilos à l'arraché et 415 kilos à l'arraché et en épaulé-jeté, toujours dans la catégorie de poids des cent kilos. Six titres de champion de Tchécoslovaquie et une médaille de bronze acquise au Championnat d'Europe à Vitoria, en Espagne, en 1984, s'ajoutent à son riche palmarès. Enfin, O. Zaremba a été élu sportif tchécoslovaque de l'année en 1980.
O. Zaremba - Jeux Olympiques de Moscou (Photo: CTK)
Né le 22 avril 1957, en Moravie du nord, une région minière, O. Zaremba
soulève sa première barre de 18 kilos à l'âge de neuf ans. Fils d'un
chauffeur de navette conduisant les mineurs sur leur lieu de travail, Ota,
alors adolescent, commence un apprentissage d'ajusteur de mine. Mais la
perspective de se lever à quatre heures du matin pour aller travailler et
revenir à trois heures de l'après-midi ne l'enchante guère. Ce n'est pas
comme cela qu'il envisage sa vie. Il aimerait faire autre chose, mais ne
sait pas trop quoi. Son frère aîné de quatre ans pratique l'haltérophilie.
Un jour, par pur hasard, il amène Ota, à l'époque grand passionné de
hockey sur glace, à un entraînement d'haltérophiles. Ota est âgé de quinze
ans. Il pèse soixante-cinq kilos et soulève des barres de quatre-vingts
kilos. L'entraîneur lui conseille de se lancer dans cette discipline
sportive. Le jeune Ota n'hésite pas trop. Les entraînements durs et
intenses lui font vite oublier le hockey sur glace. Il se sent en forme,
mais son classement au Grand Prix de Prague des cadets lui fait perdre
quelques illusions. Il se retrouveà la vingt-sixième place pour
trente-deux participants ! Déception totale ! O. Zaremba se renferme sur
lui-même et s'entraîne dès lors encore plus dur. Plus de deux cents fois
par jour, l'haltérophile soulève des barres de cent cinquante kilos. Il se
concentre tout particulièrement sur l'épaulé-jeté, son point faible par
rapport au mouvement de l'arraché. Au début, il ressent des lancements aux
épaules et des douleurs aux genoux. Les problèmes s'atténueront avec la
prise de poids qui lui permet de monter à cent kilos. Sa devise :
s'entraîner pour devenir le meilleur de tous ! Au Championnat d'Europe à
Havirov, en Moravie, il est encore à la douzième place. O. Zaremba fonce
encore plus et les résultats ne se font pas attendre ! En 1979, il obtient
la quatrième place au Championnat du monde. Un an plus tard,
l'haltérophile devient champion olympique. Il porte toujours sur lui les
porte-bonheurs offerts par sa première épouse, une chaîne en or avec un
pendentif en forme de chat et un grand chien en caoutchouc. Le sportif
aime manger, particulièrement les plats traditionnels de la cuisine
tchèque, canard, boulettes de pâte bouillies, choucroute, porc,
charcuterie...Pendant les périodes de préparation aux compétitions, il lui
faut donc suivre un régime pour faire baisser son poids à cent kilos.
Fruits, légumes, protéines sont au menu quotidien. Un an après les Jeux
Olympiques de Moscou, O. Zaremba prouve, à l'occasion du Championnat de
Tchécoslovaquie à Sturovo (Slovaquie), que sa victoire n'était pas un
simple hasard. Il soulève 190 kilos à l'arraché, nouveau record du, et 228
kilos à l'épaulé-jeté, record de Tchécoslovaquie, et 415 kilos au total
olympique !
Le champion semble disposer de tous les atouts pour remporter encore une autre victoire au Championnat du monde de Lille, dans le Nord de la France. Mais le destin en décide autrement ! A l'arraché, il commence par une barre de 185 kilos, mais le coude, affaibli par une blessure datant du Championnat de Tchécoslovaquie, ne supporte pas le choc et se déboîte. Emil Brzoska, l'entraîneur de Zaremba, le fait tout de même passer au second essai et la blessure s'aggrave. Le champion olympique devra subir deux opérations et passera de longs mois à l'hôpital. La vedette revient sur la scène sportive en octobre 1982. Il parvient de nouveau à soulever 400 kilos au total olympique, mais les résultats ne sont plus les mêmes. Une grave blessure au genou diminue encore ses capacités physiques. Il ne peut plus s'entraîner comme avant et, fait incroyable, on le soupçonne de simuler ! Le genou mettra prématurément fin à sa carrière d'haltérophile. Il n'a pas le choix ! Plutôt que de se retrouver sur une chaise roulante à quarante ans, il préfère arrêter le sport de haut niveau. O. Zaremba se retire avec un goût d'amertume au fond de la gorge.
Le sportif se fait embaucher comme mineur. Loin de le satisfaire, ce travail le mène plutôt au bord de la déprime. Pourtant, il descendra dans les puits pendant huit ans. En 1994, il commence à travailler dans une boîte de vitriers, suite à la proposition d'un ami qui en est le propriétaire. L'ancien champion a des difficultés. Il est beaucoup trop fort et casse beaucoup à la coupe. La boîte est au bord de la faillite, mais avec ses collègues, il arrive à la remettre sur pied et en devient l'associé. Les circonstances sont contre l'haltérophile renommé ! En 1996, il est victime d'un grave accident. Il en sort grièvement blessé. Encore une fois, il faudra à l'homme plusieurs mois pour retrouver la santé. A partir du 1er janvier 1998, O. Zaremba travaille comme gardien de différents bâtiments dans une agence de sécurité. Il ne fait plus de sport. Pas de salle de musculature. Des petites randonnées, un peu d'exercice... Il a trop de problèmes de santé : le dos, le genou droit, le coude, les articulations en général...L'haltérophile ne cache pas que le dopage a certainement causé des dégâts irréversibles sur sa santé. Le dopage était à l'époque une pratique courante. Les haltérophiles se dopaient fréquemment pour pouvoir s'entraîner même blessés. Deux à quatre semaines avant la compétition, ils stoppaient le dopage.
En privé, O. Zaremba est un vrai Casanova ! Trois mariages tombent à l'eau. Un fils, Michal, restera le souvenir vivant du premier mariage. Un manque de sérieux dans les rapports le caractérise et l'embarque dans des liaisons plus ou moins longues à gauche et à droite. On dirait que O. Zaremba a tout de même l'air de vouloir se ranger. Il a une petite amie, mais il ne veut plus fonder de famille. Ma foi, il y a des gens qui ne sont tout simplement pas faits pour le mariage ! Par contre, l'ex-champion n'a pas sombré dans l'oubli. Encore aujourd'hui, il reçoit encore du courrier avec des demandes de photos et de signatures.





