Les Tchèques célèbres et moins célèbres Jan Karafiát – auteur des Petits coléoptères, un conte charmant pour enfants et adultes
Pasteur des Frères de Bohême, missionnaire indépendant, écrivain et éditeur de la revue Lettres réformées (Reformované listy), Jan Karafiát est surtout connu pour son conte pour enfants et adultes Les Petits coléoptères, conte pour enfants et adultes. Il a publié ce livre en 1876 dans l’anonymat, comme d’ailleurs la plupart de ses œuvres, et à son propre compte. L’œuvre a vite été oubliée avant d’être heureusement redécouverte par l’écrivain Jan Herben, dix-sept ans après sa première édition. Elle a été publiée dans le magazine Čas (Le Temps) et son succès lui a valu d’être rééditée un an plus tard. Jan Karafiát était expert en théologie et se consacrait particulièrement au langage de la bible. Il a révisé la Bible de Kralice et a publié, en 1878, L’Analyse du langage et de la traduction du Nouveau Testament de Kralice et La Traduction de Kralice révisée de la Bible du Seigneur.
Jan Karafiát
Jan Karafiát est né le 4 janvier 1846 à Jimramov, à la frontière entre
la Bohême et la Moravie. C’est à l’école protestante de sa commune
natale, fondée au XIIIe siècle, qu’il a fait ses études primaires.
Après avoir terminé ses études secondaires au lycée allemand des
Piaristes à Litomyšl et au lycée protestant de Gütersloh en Westphalie,
il a poursuivi sa formation en théologie à Berlin, Bonn et Vienne. En
1869, il passe son dernier examen et commence à chercher un poste
pastoral. Malheureusement, tous les postes dans les paroisses sont
occupés. Mais le jeune théologien a tout de même de la chance. Son
professeur de Vienne, Eduard Böhl, qui l’a d’ailleurs beaucoup
influencé, le recommande comme éducateur au riche industriel Langen à
Cologne, en Rhénanie. Une année s’écoule et Jan part pour un stage
d’une année au sein de l’Eglise réformée à Roudnice, au poste de
vicaire. A cette époque devient membre de la confrérie des missionnaires
de Londres, qui lui propose d’écrire un livre sur Jan Hus. Une offre
qu’il accepte avec joie, et il termine l’œuvre en moins d’une
année.
Mais l’ambiance de Roudnice ne lui convient absolument pas et
lorsque l’Eglise libre d’Ecosse lui propose de financer ses études
dans un de ses collèges à Edimbourg, il part vivre en Grande-Bretagne. A
Edimbourg il fait la connaissance de Miss Joan Denistoun Buchanan of
Auchentorley, une aristocrate distinguée dont il se lie d’une forte
amitié qui durera durant toute la vie du théologien-écrivain.
A son retour d’Ecosse, il retourne dans sa patrie et décroche un poste
au Séminaire protestant d’instituteurs à Čáslav, où il enseigne la
pédagogie, la didactique et la langue tchèque. Deux ans après son
arrivée au séminaire, il devient gérant de l’institution, fonction
qu’il n’assumera que pendant un an. Par la suite il se déplace à
Velká Lhota, où il assumera la mission de pasteur pendant une vingtaine
d’années. Mais suite à des mésententes avec la direction, il quitte
Velká Lhota pour Prague.
Pendant un de ses séjours à l’étranger, il a résidé à Elberfeld,
aux Pays-Bas. C’est en ces lieux romantiques que Jan Karafiát a
rencontré la belle Herminka, dont il est tombé amoureux et qu’il
espérait épouser. Mais il n’en fut rien, et le pasteur et écrivain est
resté célibataire.
Par contre son séjour aux Pays-Bas fut plus tard
l’une des sources d’inspiration pour Les Petits coléoptères.
Décédé le 31 janvier 1929 à Prague, Jan Karafiát est l’auteur de
nombreuses œuvres, parmi lesquelles Les mémoires de l’auteur des Petits
coléoptères, une œuvre en cinq tomes dans laquelle il décrit les
principes et sa passion pour la mission de pasteur, La Prêche de Jan
Karafiát, Les amis, La personnalité de Jan Hus, Les chansons du
célibataire ou Recueil de chansons réformées.
Les Petits coléoptères, l’œuvre qui l’a rendu célèbre, a été traduite en plusieurs langues, elle est connue de toutes les générations et reste très recherchée.





