Les Tchèques célèbres et moins célèbres Jan Eskymo Welzl

10-01-2008 16:42 | Jaroslava Gregorová

Explorateur polaire, aventurier, écrivain et narrateur exceptionnel, Jan Welzl était un homme simple et inculte. Pourtant, il était doté d’une intelligence innée et doué d’un sixième sens qui semble manquer aujourd’hui à une grande partie de la population. L’objectif principal de celui qui fut appelé le chef blanc des Esquimaux, était de vivre en paix dans la nature, éloigné des gens et ne dépendant que de sa propre personne.

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Jan WelzlJan Welzl Jan Welzl, qui plus tard ajouta à son nom la dénomination Eskymo, est né le 15 août 1868 en Moravie. Sa mère, une jeune veuve énergique, tenait une épicerie-laiterie pour gagner sa vie. Jan obtient son C.A.P. de serrurier à l’âge de seize ans et sur le coup part acquérir de nouvelles expériences à l’étranger. Il passe par Vienne, Gênes, en Bosnie, Herzégovine, Serbie, puis en Hongrie et en Roumanie. Au retour, il part au service militaire dont il revient trois ans pus tard dans sa ville natale en Moravie. Mais il n’a pas du tout envie de trouver une situation et encore moins de se marier. Jan n’est pas trop partisan de la vie sédentaire, il a un esprit vagabond qui l’entraîne en nomade vers des destinations lointaines. Jan WelzlJan WelzlAinsi, il décide de faire le tour du monde et s’embarque sur un paquebot transocéanique. C’est en Chine, qu’il apprend la mise en œuvre de la construction du chemin de fer transsibérien. Sans aucun doute, une expérience à tenter pour ce jeune homme à l’âme errante. Il part donc à Irkoutsk, centre de l’événement, où il participe à la construction du chemin de fer en posant par exemple des rails et en effectuant des travaux très lourds. Et là encore, il ne tient pas en place. On ne saura jamais d’où vient cette force motrice qui le pousse à aller toujours plus loin encore, à vrai dire jusqu’au au bout du monde.

Jan Welzl part en solitaire à travers les marécages, forêts vierges, la taïga, il traverse la toundra glacée et les rivières sibériennes. Un voyage de plusieurs milliers de kilomètres qui durera trois ans et se terminera sur les bords de l’océan glacial Arctique. C’est dans une grotte abandonnée par les Esquimaux que l’explorateur d’origine morave s’installe. Il se nourrit comme il peut : il chasse, pêche, fait du commerce, cherche de l’or… Ainsi, il a vécu une bonne trentaine d’années dans l’Arctique qu’il aimait et où il était particulièrement heureux. Il appréciait beaucoup la philosophie, les rites et le style de vie des Esquimaux. Jan WelzlJan WelzlVivant dans des conditions rigoureuses, les peuples arctiques sont très naturels et simples. Ils partagent la théorie que les êtres vivants tout autant que les plantes, pierres et objets possèdent une âme et une ombre. D’après eux, l’âme est immortelle et se rend après la mort au royaume des ombres. Les Esquimaux adoptent Jan Welzl et l’appellèrent le chef blanc des Esquimaux.

Jan WelzlJan Welzl Le naufrage de son navire, Seven Sisters, lui fait perdre énormément d’argent et le décourage au plus haut point. Il décide de quitter la région polaire et de revenir en Europe. Pendant un certain temps, il vit à Hambourg gagnant sa vie comme il peut, surtout en travaillant comme ouvrier journalier. Au cours de cette période, il réussit à faire publier pour la première fois ses impressions vécues, dans le journal Lidove Noviny, à Brno. Le rédacteur de Lidove Noviny Rudolf Tesnohlidek, prend en charge le traitement des écrits de Welzl et l’édition du livre intitulé Jan Welzl qui paraît en 1928. Suivent Trente ans au nord d’or, Histoires de glace, Sur la trace des trésors polaires, les Ennuis du chef des Esquimaux en Europe. Les livres de Jan Welzl ont été traduits en plusieurs langues, par exemple en allemand, français, danois, finlandais, anglais, norvégiens et suédois. Il est intéressant de noter que lui même ne les a jamais lus. Jan WelzlJan WelzlPour lui, c’était surtout une source d’argent qui lui permettrait de repartir dans les régions arctiques qui lui manquaient. Mais il approchait de la soixantaine, et son énergie baissait et petit à petit se perdait. Sa santé également était loin d’être de fer. Pourtant, il quitte tout de même sa patrie, mais pour des raisons de santé justement il s’installe à Dawson, au Canada. Une petite ville au confluent des rivières Yukon et Klondike. Ce fut en ces lieux, aux confins de la nature sauvage, qu’il a vécu en solitaire, mais probablement heureux plus de vingt ans.

Mi-août 1951, Jan Welzl fut pris d’un malaise. Il s’en alla à l’hôpital St. Mary’s Hospital pour se faire soigner, mais quelques jours après, précisément le 15 août 1951, l’explorateur morave décéda.

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