Emil Holub

Emil Holub... Ses collections ethnographiques se trouvent dans les musées et les écoles du monde entier. Il était l'un des rares explorateurs tchèques dont les récits de voyage ont été traduits en langues à diffusion mondiale. Emil Holub était loin de rouler sur l'or. Il devait lui-même gagner l'argent ou trouver les mécènes pour financer ses expéditions. Il a consacré sa vie entière aux voyages d'explorations en Afrique du Sud et dans la partie nord du fleuve Zambèze.

Emil HolubEmil Holub Un enfant chétif est né en début octobre 1847, dans la famille de Frantisek Holub, médecin à Holice, petite ville en Bohême de l'Est. L'enfant a été baptisé Emilian Karel Jan. Très rapidement, tout le monde a pris l'habitude de l'appeler Emil. Sa santé fragile inquiétait les parents qui craignaient le pire. Pourtant, Emil résista aux différentes maladies et devint un garçon respirant la santé. Au lycée, il faisait partie plutôt des élèves médiocres, mais s'intéressait beaucoup à la minéralogie, la paléontologie et à l'entomologie. Vers l'âge de dix-huit ans, il possédait déjà des collections impressionnantes de minéraux et de fossiles. Suivant le conseil de son père, le jeune Holub entreprit des études à la Faculté de médecine de l'université Charles à Prague. Depuis sa tendre jeunesse, E. Holub était passionné par l'Afrique noire, à l'époque pratiquement inexplorée. Le jeune homme était très attiré par le destin du docteur David Livingstone qui venait justement de disparaître. Le grand explorateur était l'exemple qu'E. Holub voulait suivre.

Au mois de mai 1872, E. Holub se fiança secrètement, à l'église Saint-Nicolas de Mala Strana, avec Berticka Novakova, qu'il avait connue au cours de ses études. Quelques jours après les fiançailles, le jeune médecin entreprit son premier voyage en Afrique. Berticka est allée l'accompagner à la gare, lui promettant, émue, de l'attendre.

Début juillet, E. Holub est descendu au Port Elisabeth. Sans s'attarder longtemps, il se déplaça dans la région diamantifère. Il ouvrit un cabinet de médecin dans la ville de Dutoitspan. Ses revenus étaient très minces. E. Holub réussit pourtant en cinq mois à faire des économies suffisantes pour effectuer une expédition dans les régions inexplorées. La première de ses expéditions a eu lieu en mars 1873. L'expédition était dirigée vers la région du Transvaal. Passant par les villes de Christiana et de Bloemhof, E. Holub a effectué une boucle en longeant la rivière Vaal. Le jeune médecin se livra à l'examen des gravures sur pierre des Boschimans, datant d'un passé fort lointain. Il envoya les collections de différents objets à Vojta Naprstek, mécène des explorateurs tchèques.

E. Holub effectua son second voyage d'exploration en novembre 1873. Cette fois-ci, il s'aventura vers le nord. En traversant le territoire du Botswana, l'explorateur arriva jusqu'au cours supérieur de la rivière Limpopo. Trois mois plus tard, E. Holub est revenu à Dutoitspan, chargé de nombreuses collections précieuses. La troisième expédition dura vingt et un mois. Le jeune explorateur arriva au fleuve Zambèze. Le but d'Emil Holub était de traverser l'Afrique pour rejoindre les bords de l'Océan Atlantique. L'explorateur tchèque se dirigea alors vers les Chutes Victoria. Il fut fasciné par l'élément grandiose et effrayant. Une première crise de paludisme et le naufrage d'un des canots transportant les provisions, l'empêcha de poursuivre le trajet vers l'Océan Atlantique. E. Holub était obligé de retourner à Kimberley. Il rouvrit son cabinet de médecin pour pouvoir gagner la somme nécessaire au retour dans sa patrie.

Ce ne fut qu'en 1879 qu'E. Holub s'embarqua sur le bateau mettant le cap sur l'Europe. Sept ans et demi s'étaient écoulés depuis son départ. Parmi d'autres personnalités importantes l'attendant à la gare, se trouvait sa fiancée Berticka. Pourtant, E. Holub a rompu ses fiançailles, car le père de Berticka était contre le mariage de sa fille avec un aventurier. Le retour au pays fut un triomphe! Les expositions de l'explorateur ont eu un énorme succès non seulement à Prague, mais aussi à Vienne. E. Holub donna des conférences en Angleterre, en Allemagne et a également publié son récit de voyage intitulé Sept ans en Afrique du Sud. L'Afrique commence à manquer à l'explorateur. En novembre 1883, E. Holub effectue son deuxième voyage en Afrique, financé partiellement par la Cour de Vienne. Cette fois-ci, il est accompagné par son épouse Ruzena âgée de dix-huit ans. E. Holub avait connu Ruzena au cours de l'exposition à Vienne. L'objectif de l'expédition officielle était de traverser l' Afrique noire du sud au nord. En décembre, le bateau de l'expédition aborda au Cap. Les explorateurs passèrent par la région diamantifère au Transvaal. En longeant la rivière Limpopo ils arrivèrent jusqu'aux Chutes Victoria. E. Holub se laissa encore impressionner par l'élément déchaîné. Au retour, les membres de l'expédition furent atteints par le paludisme auquel certains succombèrent. Ce ne fut que si mois plus tard que l'expédition était capable de continuer le trajet pour se diriger vers le territoire des Machoukulumba, groupe ethnique Ila-Tonga. Les Machoukulumba étaient loin d'être amicaux et agressèrent l'expédition. Ils volèrent la plupart des provisions ainsi que l'un des journaux d'E. Holub.

Il fallut attendre l'assistance financière de l'Autriche pour que l'expédition de l'explorateur tchèque puisse retourner dans sa patrie. Encore une fois, le retour triomphal fut suivi de conférences, d'articles pour différents journaux et d'expositions. E. Holub publia encore un livre intitulé Le second voyage en Afrique du Sud. Holub tenta de se procurer les finances pour son troisième voyage en Afrique. Il envisagea même de s'adresser au président des Etats-Unis dans le cadre du cycle des conférences qu'il espérait réaliser. Malheureusement, son état de santé ne faisait qu'empirer. Le coeur affaibli du grand explorateur tchèque lâcha le 21 février 1902.

Pendant plusieurs décennies l''explorateur de renommée mondiale a sombré dans l'oubli dans son pays natal. Il a vécu les derniers jours de sa vie dans la pauvreté. Son épouse Ruzena a survécu à E. Holub de plusieurs années. Elle vivait à Vienne d'une pension vieillesse très modeste.