Faits et événements Débat sur l’avenir de la cité universitaire de Strahov
La cité universitaire de Strahov à Prague, dans laquelle sont logés quelque 5 000 étudiants, risque de disparaître de la carte de la capitale. Il s’avère de plus en plus probable que cet ensemble urbain sera démoli et remplacé par un luxueux quartier résidentiel.
La cité universitaire de Strahov, photo: Kristyna Makova
L’ensemble de Strahov se trouve sur la colline de Petrin non loin du
centre de Prague et offre une vue splendide sur la capitale. L’endroit
fait donc rêver les entrepreneurs en bâtiment et les chefs d’agences
immobilières, car la construction de nouveaux logements à Strahov serait
sans doute une affaire bien lucrative. Au début des années 1960, a été
construit à cet endroit un grand centre d’hébergement pour les
participants aux spartakiades, grandes fêtes gymniques du régime
communiste, qui avaient lieu tous les cinq ans au stade de Strahov se
trouvant à proximité. L’ensemble de bâtiments a été ensuite remanié
à peu de frais et transformé en centre d’hébergement pour les
étudiants de la CVUT (Ecole supérieure polytechnique de Prague ). Déjà
à l’époque, la cité universitaire n’était pas très confortable, et
avec le temps, les conditions dans lesquelles vivaient les étudiants
devenaient de plus en plus précaires.
La cité universitaire de Strahov, photo: Kristyna Makova
Il se peut, cependant, que bientôt l’aspect du plateau de Strahov
change complètement. Selon le directeur du Département du développement
de la capitale de la Mairie de Prague, Borek Votava, la ville lance un
appel à concurrence pour la nouvelle conception urbanistique de cet
endroit. Borek Votava, cité par le journal Lidove noviny, souligne que la
nouvelle conception concernera non seulement la cité universitaire, mais
aussi l’immense stade, des parcs de stationnement à proximité et
pratiquement tout le plateau de Strahov.
Le résultat de l’appel à concurrence pourrait également trancher le débat sur l’avenir de la cité universitaire. Elle pourrait être transférée à Ruzyne, une banlieue située assez loin du centre près de l’aéroport de Prague. La CVUT n’est pas en principe contre une telle solution mais, selon la directrice de son Département des relations extérieures, Andrea Vondrakova, elle pose, d’ores et déjà, deux conditions incontournables : la nouvelle cité doit être située à un endroit bien accessible par les transports urbains et sa construction ne doit pas être financée par l’école.
Et les étudiants ? Leurs opinions sur le projet sont mitigées. D’une
part, ils regrettent de quitter un site situé au cœur de la capitale,
d’autre part ils ne rejettent pas la perspective d’aménager dans une
cité universitaire moderne et confortable. Certes, ils préféreraient la
modernisation de la cité déjà existante, mais le coût d’un tel projet
est évalué à 2,5 milliards de couronnes, quelque 93 millions d’euros.
Selon le recteur adjoint de la CVUT, Vaclav Havlicek, les négociations
avec d’éventuels investisseurs dans ce projet sont en cours. Il faut se
poser une question fondamentale : combien coûterait l’hébergement
d’un étudiant dans la cité universitaire après une réhabilitation
aussi coûteuse ? Vu le montant des frais, le projet de transfert de la
cité universitaire dans la banlieue de Prague devient de plus en plus
probable.
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Une équipe archéologique tchèque découvre une tombe égyptienne inviolée
Les sables d’Egypte n’ont apparemment pas fini de dévoiler leurs trésors. Une équipe d’archéologues tchèques travaillant sur le site des pyramides d’Abousir a fait une découverte unique en novembre dernier, mais révélée seulement ces derniers jours dans le quotidien Mlada fronta Dnes (MfD). Sous la direction de l’égyptologue Miroslav Barta, les fouilleurs ont mis à jour une chambre funéraire intacte du IIIe millénaire av. J.-C. qui a miraculeusement réchappé aux pillages.
Miroslav Barta près du sarcophage de Neferinpu, photo: Institut égyptologique tchèque
Cela faisait cinquante ans qu’une découverte semblable ne s’était pas
produite. Un événement, donc, d’après le professeur Ladislav Bares,
directeur de l’Institut d’égyptologie tchèque de l’Université
Charles :
« Il y a extrêmement peu de tombes non pillées et aussi bien conservées pour cette époque de l’histoire égyptienne. Chaque tombe découverte est toujours un point de vue intéressant pour comprendre les traditions funéraires égyptiennes, mais aussi,plus généralement, leurs us et coutumes et leur manière de penser. »
La tombe découverte par l’équipe tchèque est celle d’un homme répondant au nom de Neferinpu. Située au fond d’un puits de dix mètres de profondeur, son entrée était murée avec de la brique et de la pierre. Ce n’est qu’après avoir découvert où celle-ci se trouvait que les ouvriers ont pu petit à petit dégager le passage. S’est alors ouverte à l’équipe une chambre funéraire de quatre mètres sur deux, d’une hauteur de 1,30 m. Et au milieu de la chambre, un sarcophage en calcaire, intact donc, abritant la dépouille. Ladislav Bares nous en dit plus :
Ladislav Bares
« Cette découverte présente la tombe d’un fonctionnaire, d’un
dignitaire égyptien. Il s’agissait d’un prêtre responsable de
l’office des morts, c’est-à-dire un fonctionnaire royal inférieur. Il
a été enterré avec sa canne, symbole de son pouvoir, et avec plusieurs
vases. Cela indique une certaine position, et donc comment des
fonctionnaires de son niveau vivaient, quelle fortune ils avaient, quelles
étaient les récompenses du roi. En effet, il est impensable que la tombe
et son contenu n’aient été autre chose que le résultat d’un cadeau
royal. »
Le fonctionnaire égyptien n’était pas momifié et ses restes sont en très mauvais état. Comme le précise le chef de la fouille, Miroslav Barta, dans une interview au quotidien MfD, la suite va consister en une analyse anthropologique du squelette du fonctionnaire. D’après les premières conclusions de l’équipe, le prêtre est décédé à l’âge de 50 ans, un âge relativement avancé pour la période de l’Ancien empire.
Le site archéologique d’Abousir, photo: egyptologie.ff.cuni.cz
Rappelons que l’Institut égyptologique tchèque possède une concession
sur le site archéologique d’Abousir, à 25 km du Caire, où elle mène
ses recherches depuis les années 1970, sous la direction de
l’égyptologue Miroslav Verner. Comme le rappelle le directeur de
l’Institut, Ladislav Bares, les recherches de l’équipe tchèque
continuent dans trois directions : d’une part, les tombes royales de la
Ve dynastie ; ensuite la partie sud du site où a été découverte la
tombe de Neferinpu va continuer d’être fouillée, car il s’agit
d’une zone où sont enterrés d’autres fonctionnaires égyptiens.
Enfin, une troisième zone est étudiée par les Tchèques, datant
d’environ 500 avant J.-C., époque à laquelle les Perses ont fait la
conquête de l’Egypte. Peut-être d’autres découvertes à suivre donc.
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Un SDF qui a sauvé un nouveau-né n'a pas supporté la récompense innatendue
L’histoire d’un SDF qui a sauvé un nouveau-né déposé dans une poubelle et qui s’est retrouvé lui-même en situation de risque a remis sur le tapis le problème de la réintégration des personnes sans abri.
Miroslav Szamszely, photo: CTK
Au mois de décembre dernier, un SDF a découvert dans une poubelle un sac
contenant un petit garçon né quelques heures auparavant. Le bébé
retrouvé a été sauvé et son sort s’annonce favorable, contrairement
à celui de son sauveur : Miroslav Szamszely, qui a vécu pendant plus de
dix ans dans des canaux, n’a pas supporté l’intérêt du public et des
médias que son acte a provoqué : la récompense inattendue des autorités
– une chambre dans un foyer d’asile et un emploi, a fait de lui le
patient d’un établissement psychiatrique. En effet, il s’est écroulé
sous le poids du changement radical de son style de vie après à peine un
jour passé dans son nouveau domicile : au matin, il a sauté par la
fenêtre de sa chambre. A l’hôpital où il a été transporté, il
s’est attaqué au médecin qui le soignait et il a dû être hospitalisé
à la clinique psychiatrique pragoise de Bohnice. Le directeur de la
clinique, Ivan David, confirme que l’homme souffre de graves troubles
psychiques :
« Je ne peux pas révéler son diagnostic mais je voudrais dire que le phénomène des SDF est la conséquence de la capacité réduite de ces personnes à s’adapter aux exigences de la société, ce qui fait que de nombreuses personnes se retrouvent dans la rue. Un tiers des SDF souffrent de maladies psychiques, notamment de psychoses. »
Ivan David réfute la spéculation selon laquelle les médias, de par leur intérêt accru pour l’homme qui a sauvé le bébé et qui voulait rester dans l’anonymat, aient pu le pousser à sa tentative de fuite ou de suicide. Le sentiment d’être poursuivi fait justement partie de sa maladie. L’homme passera plusieurs semaines à la clinique mais il est fort probable qu’il se retrouve, ensuite, à nouveau dans la rue. Son affaire a attiré l’attention sur un problème dont Prague souffre : l’absence de soins sociaux à ces personnes, dit Ivan David :
Ivan David
« J’espère que son sort malheureux contraindra les conseillers
municipaux responsables de la politique sociale et du logement à
s’occuper de cette catégorie des personnes sans abri mentalement malades
et de celles qui vivent à long terme dans des établissements
psychiatriques et sont des SDF potentiels car elles n’ont pas où aller,
une fois l’hospitalisation terminée, car la capacité des services
sociaux à Prague est absolument insuffisante. »
Selon un récent recensement effectué par la municipalité, le nombre de SDF à Prague serait autour de 2000. Des ONG telles que l’Armée du salut évaluent ce nombre à plus de 3500 personnes. A la question de savoir si les soins aux SDF s’améliorent, son président Pavel Ondrak répond :
« La municipalité cherche à avoir une stratégie mais qui est souvent plutôt négative avec des formes de répression : les sans-abri sont chassés du centre-ville alors qu’il s’avère qu’il faut un travail individuel et de longue haleine avec ces personnes. »
Selon Ondrak, si une personne vit pendant un an dans la rue, cela prendra au moins trois ans avant qu’elle s’intègre dans la société.
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