Faits et événements L’énigme de l’horoscope d’Albrecht de Wallenstein résolue
Une exposition exceptionnelle consacrée à Albrecht de Wallestein, noble tchèque commandant en chef des armées impériales habsbourgeoises dont nous commémorerons l’année prochaine le 425e anniversaire de la naissance, s’ouvrira, jeudi, au palais Wallenstein, siège du Sénat tchèque. Parmi les 600 objets présentés, c’est l’horoscope de Wallenstein qui éveille la plus grande curiosité, puisque son existence était encore ignorée jusqu’à tout récemment.
Photo: Stepanka Budkova
Jour après jour, minute après minute, durant toute une décennie,
l’horoscope prédit le destin du duc Albrecht de Wallenstein, à la fois
stratège, fin commerçant, politicien et chef militaire qui a marqué
l’histoire de l’Europe durant la Guerre de Trente ans. Pourquoi la
découverte d’un horoscope fait-elle sensation parmi les historiens et
chercheurs tchèques ? Si on laisse de côté la grande valeur artistique
du manuscrit - les éphémérides graphiques de couleurs bleu et or imitant
le ciel et les étoiles tandis que le papier est orné de filigranes - les
250 pages de prédictions quotidiennes détaillées, rédigées en allemand
et en latin, font de cet horoscope un document unique tant pour son
étendue que pour son contenu. On était au courant de son existence depuis
déjà le XIXe siècle, lorsqu’il avait été découvert à la
bibliothèque du château de Kopidlno, non loin de Jicin, en Bohême de
l’Est. Mais comme le nom de Wallenstein n’y figurait pas –
l’anonymat était de rigueur à l’époque - personne ne soupçonnait
qu’il s’agissait de cet homme.
Photo: Stepanka Budkova
D’après la date et l’heure de naissance exacte, l’horoscope a pu
être attribué, plus de 350 ans plus tard, à Wallenstein, et le mérite
en revient au docteur Petr Masek, chef des bibliothèques du Musée
national :
« Il n’est point étonnant que l’horoscope ait été établi en secret, puisqu’il représentait un document stratégique de toute importance. Pour une personnalité qui faisait bouger l’histoire de l’Europe au début du XVIIe siècle, il était très important de savoir quel serait le déroulement de sa vie. »
L’horoscope aurait été achevé à la fin de 1627, à Neiss, en Silésie. Son auteur demeure pour l’instant inconnu. Les prédictions quotidiennes y sont désignées pour la période allant du 1e mars 1628 au 22 septembre 1638. Cet horoscope correspond-il à la vie du duc et à sa mort, Albrecht de Wallenstein ayant été assassiné en 1634, à Cheb ? On écoute l’astrologue Pavel Turnovsky :
L'assassinat d'Albrecht de Wallenstein à Cheb
« Le plus important dans cet horoscope est la planète Uranus, encore
inconnue à l’époque et qui désigne une individualité forte, une
personnalité prête à tout faire pour conserver son indépendance. Avec
justement la connaissance d’Uranus, on peut aujourd’hui compléter que
ces traits caractéristiques de la personnalité de Wallenstein étaient
présents dans son horoscope : c’était un homme avec une forte
personnalité, d’une grande dureté mais aussi d’une grande modernité.
La mort prématurée n’y apparaît pas. L’horoscope a prédit
qu’Albrecht de Wallenstein mourrait à l’âge de 63 ans des suites
d’une apoplexie, alors que lui-même souhaitait mourir sur un champ de
bataille… »
Le château de Kopidlno, où l’horoscope a été retrouvé, appartenait jusqu’en 1638 au comte Jindrich Schlik, l’un des généraux et proches collaborateurs de Wallenstein. Il n’est donc pas exclu que l’horoscope ait été commandé par le comte afin de connaître le destin de son commandant…
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Le président Vaclav Klaus invité d’une grande émission de la BBC
L’émission « Hardtalk » de la BBC World avait un invité de marque, ce lundi 12 novembre, en la personne de Vaclav Klaus. Dans la bande annonce de son programme, la BBC ne cachait pas que le chef de l’Etat tchèque était surtout invité en raison de ses idées très controversées sur le changement climatique.
Vaclav Klaus, photo: CTK
L’animateur Stephan Sackur ne prit aucune serviette avec le président
tchèque en lui demandant d’amblée s’il pensait sérieusement que
l’humanité ne devait rien faire suite aux conclusions des savants
réunis à un forum de discussion à l’ONU affirmant que la planète se
réchauffe dangereusement. Vaclav Klaus a répété que le réchauffement
n’existait pas en principe ou que, du moins, il n’était pas démontré
qu’il était le résultat des activités humaines. D’après lui, la
campagne écologique ne serait qu’une discussion idéologique et
politique. Les politiciens ne chercheraient qu’à changer la société et
non pas le climat. Le président tchèque, en réponse au insinuations de
l’animateur sur son éventuelle arrogance, a déclaré : « Je considère
comme incroyable de parler de mon arrogance et non pas de celle d’Al Gore
qui, lui, est un véritable apôtre de l’arrogance ».
Par ailleurs, pour la première fois sur la scène internationale, Vaclav
Klaus s’est prononcé pour l’implantation du radar antimissile
américain en Tchéquie :
« Premièrement, il y a un grand nombre d’installations militaires
américaines en Europe, dans un grand nombre de pays, mais pas en
République tchèque. C’est pour cette raison qu’il n’y a rien de
choquant à ce qu’une installation de ce genre s’y trouve aussi.
Deuxièmement, en raison de notre passé communiste, nous considérons les
relations transatlantiques comme des plus importantes. Pour moi, donc, le
radar américain représente une forme de coopération transatlantique
entre mon pays et l’Amérique. »
Le président tchèque a encore déclaré à la BBC que cela était plus important que de savoir en quelle année l’Iran ou un autre pays disposerait de missiles balistiques.
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Le Salon international des langues encourage les stages linguistiques et le travail à l’étranger
La 17e édition du Salon international des langues s’est tenu à Prague les 9 et 10 novembre. Si l’allemand était à l’honneur cette année, l’Institut français de Prague continue, comme depuis les débuts du salon, à promouvoir la langue de Molière auprès des étudiants, tout comme d’autres organisations qui souhaitent promouvoir les séjours à l’étranger
Olga Kovandova, coordinatrice des sections bilingues auprès de
l’ambassade de France, explique ce qui est proposé aux visiteurs :
« Nous avons une large offre de cours de langue, de tests et d’examens. Les gens posent surtout des questions sur la langue, les cours de français, les bourses, les stages en France ou la possibilité d’étudier en France dans l’enseignement supérieur. Les étudiants peuvent étudier à l’étranger plusieurs mois pendant leurs études supérieures, et l’ambassade propose surtout des études doctorales. »
Photo: www.expolingua.cz
Zavis Suman est professeur de français, il est venu acheter des manuels
avec deux classes d’élèves auxquels il propose de suivre les
activités
culturelles de l’IFP :
« On est du lycée Minerva, un lycée privé où il y a cinq cours de Français par semaine. Je crois qu’il y a beaucoup de possibilités d’étudier en France maintenant, donc je crois que les étudiants qui choisissent le français sont très motivés. »
Expolingua présente aussi les différentes possibilités de partir travailler à l’étranger. Jana Kacenova travaille pour Eures, le portail européen sur la mobilité de l’emploi, qui centralise tous les postes vacants des autres pays membres de l’UE et conseille les personnes intéressées sur les démarches à suivre :
Photo: www.expolingua.cz
« Ce sont les pays anglophones qui attirent le plus. Pas seulement
à
cause de la langue, mais aussi parce que le marché du travail en
Grande-Bretagne et en Irlande est ouvert. La personne qui vient de
République tchèque n’a pas besoin de permis de travail. Les Tchèques
s’intéressent aussi beaucoup à l’Allemagne et à l’Autriche.
Cependant, ces deux pays font encore valoir la ‘période de
transition’, c’est-à-dire que le candidat a besoin d’un permis de
travail. Et c’est l’employeur qui doit en faire la demande. Il y a
aussi un grand intérêt pour les pays francophones, mais là encore, se
pose le même problème qu’en Allemagne ou en Autriche. »
Photo: www.expolingua.cz
Pour Jana Kacenova, ces séjours à l’étranger concernent souvent des
étudiants à l’université qui, quelque soit leur niveau d’études,
sont prêts à travailler dans l’hôtellerie ou la restauration, afin
d’acquérir une expérience et d’améliorer leur niveau de langue. Une
expérience qu’ils pourront ensuite faire valoir sur le marché du
travail tchèque.
Autre possibilité pour les plus précoces, les séjours linguistiques dès le lycée par l’intermédiaire de l’association AFS, Vivre sans frontière. Petra Pojerova a elle-même fait un séjour à Toulouse grâce à l’AFS. Enthousiasmée par cette expérience, elle a gardé des contacts sur place et, désormais, elle présente bénévolement les services proposés par l’association :
Photo: www.expolingua.cz
« On envoie des étudiants des Tchèques, des Français à
l’étranger,
etc. En même temps, on reçoit des étudiants du monde entier. Du
Brésil,
des Etats-Unis, du Japon… On en envoie à peu près une cinquantaine et
une cinquantaine vient chez nous. A l’étranger, les étudiants sont
reçus dans des familles d’accueil, ce sont des familles qui le font
bénévolement. L’étudiant y est logé, il est nourri, il essaye de
vivre avec eux et comme eux. Il fréquente un lycée français par
exemple.
Il essaye de vivre comme les Français ou comme les Brésiliens… Ces
séjours peuvent durer trois mois, six mois ou un an. »
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Milan Kundera réhabilite sa comédie «Ptakovina»
Le théâtre pragois Cinoherni klub a obtenu l’autorisation de Milan Kundera de jouer sa pièce « Ptakovina », mot argotique qu’on pourrait traduire comme « connerie, idiotie, bêtise ». Cette comédie « un peu noire », qui se situe à la limite du théâtre absurde, a été longtemps désavouée par son auteur. Aujourd’hui, nous assistons donc à sa réhabilitation.
Milan Kundera
Cela se passe dans une école où quelqu’un a dessiné sur le tableau
noir un losange, symbole du sexe féminin. Pour trouver l’auteur de
cette
provocation, une enquête est ouverte qui dévoile la « face cachée »
des personnages de la pièce et les traits inavouables de leur
caractères.
La pièce qui s’insérait dans le courant satirique dénonçant la
stupidité du régime communiste a été jouée par plusieurs troupes
tchèques en 1969. Mais quand, en 1990, le théâtre pragois Studio
Ypsilon
voulait la mettre en scène, il s’est heurté au refus de Milan Kundera.
Les préparatifs du spectacle s’étaient déroulés malheureusement à
l’insu de l’auteur dont l’autorisation n’avait été sollicitée
que trop tard. Kundera avait au moins deux raisons pour son refus. Il
estimait qu’il ne s’agissait que d’une esquisse et non d’une
oeuvre
achevée et que la pièce écrite en 1966 ou 1967 ne serait plus
d’actualité. C’est Jiri Srstka, directeur de l’agence Dillia, qui a
réussi, longtemps après, lors de discussions amicales avec l’auteur,
à
réfuter ces objections. Jiri Srstka explique pourquoi il faut
aujourd’hui jouer cette comédie :
Jiri Srstka, photo: CTK
« Cela a été très bien dit par le metteur en scène Ladislav
Smocek
qui montera la pièce sur la scène du théâtre pragois Cinoherni klub.
On
sait d’ailleurs que Milan Kundera n’a donné son autorisation qu’à
condition que la pièce soit montée dans ce théâtre justement par
Ladislav Smocek. Je vais citer les paroles du metteur en scène : « Dans
cette pièce Kundera était encore une fois en avance sur son temps. Sans
aucun doute la pièce ne date pas. Il y a d’excellentes observations sur
des problèmes qui nous intéressent toujours : mouchardage, écoutes
secrètes et délations de toute sorte. Elle ne manque pas d’humour et
en
plus elle évoque des thèmes corrosifs qui démontrent la cruauté des
rapports entre les gens, ce que le public, habitué à une dramaturgie
modelée selon des critères fixes, ne réalisait pas à l’époque. »
D’après Jiri Srstka, il y a peut-être même une certaine différence entre la perception de cette pièce par le metteur en scène et celle par l’auteur lui-même.
« Milan Kundera a estimé que c’était avant tout une comédie, que la mise en scène devait obéir aux règles du genre et que les spectateurs devaient surtout s’amuser. Quant à Ladislav Smocek, il trouve dans la pièce encore une espèce de second plan dont Milan Kundera ne parle presque pas. »
Quoi qu’il en soit, la période de disgrâce pour « Ptakovina » semble terminée et Jiri Srstka peut se féliciter de son intervention adroite car la pièce réhabilitée reviendra bientôt sur scène :
« Je crois que c’est un espoir très réel. La pièce sera donnée au début du printemps. J’en ai parlé avec le directeur du Cinoherni klub, Vladimir Prochazka, et Ladislav Smocek, et je dirais que la première pourrait avoir lieu au début ou dans le courant du mois de février. »
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