Faits et événements Les époux Cori, uniques lauréats du prix Nobel de médecine nés en Bohême
Il a y soixante ans, Carl Ferdinand Cori et son épouse Gerty Theresa Radnitz-Cori recevaient le prix Nobel de médecine. C'est pour rappeler l'oeuvre et la vie de ces deux chercheurs nés à Prague que la faculté de médecine de l'Université Charles a organisé du 7 au 9 novembre un séminaire en présence de descendants de cette illustre famille.
Gerty Cori, photo: www.nobel.se
Après les Curie et les Joliot-Curie, les époux Cori sont devenus le
troisième couple à obtenir le Prix Nobel. En 2000 déjà, des plaques
commémoratives avaient été dévoilées à Prague sur la façade de la maison de
la rue Salmovska, où est né Carl Ferdinand Cori en 1896, et sur celle de la
rue Petrska, où a vu le jour, la même année, sa future femme. Les
conférences données cette semaine dans le cadre du séminaire ont été
consacrées à la vie, aux liens familiaux et aux recherches des Cori. Des
visites guidées de leurs maisons natales et des cimetières où reposent des
membres de leurs familles étaient également organisées.
Les chemins de Carl Ferdinand et de Gerty Theresa se croisent lors de leurs études de médecine à l'Université allemande de Prague où ils finiront par obtenir, en 1920, leur diplôme de docteur en médecine. Encore au cours de la même année, ils partent pour Vienne où ils se marient contre la volonté de leurs parents qui ne voient pas d'un bon oeil la liaison de cette jeune fille juive avec le jeune docteur. Le couple envisage de s'établir à Vienne mais la situation matérielle et professionnelle que l'Autriche peut lui offrir est loin d'être satisfaisante. C'est pour cette raison que les Cori partent pour les Etats-Unis où ils finiront par travailler ensemble à l'Université Georges Washington à Saint Louis, dans l'Etat du Missouri.
Carl Cori, photo: www.nobel.se
Leurs recherches dans le domaine de la biochimie aboutissent à la
découverte de la conversion catalytique du glycogène et le rôle de
l'hypophyse dans le métabolisme du sucre. Pavel Cech, chef du Cabinet
d'histoire de la médecine de l'Université Charles, explique les mécanismes
de ce processus :
« C'est la découverte des réactions chimiques du métabolisme des polysaccharides. Le processus appelé « Cori cycle » concerne le glycogène, le saccharide animal qui se dépose dans le foie, et l'exploitation du glucose produit par la conversion du glycogène. Le glucose est ensuite canalisé par le sang vers les muscles. Dans les muscles il est exploité et, transformé en acide lactique, renvoyé par le sang vers le foie. Ainsi le cercle se referme et le processus se répète infiniment. »
C'est en 1947que la découverte des époux Cori est couronnée du prix Nobel de médecine. Gerty Theresa mourra en 1957 et son mari vingt-sept ans plus tard.
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- 15-10-2003 | Les époux Cori, prix Nobel de médecine de 1947
- 27-10-2000 | Plaques commémoratives pour les époux Cori
L'élargissement de l'espace Schengen approche
L'élargissement de l'espace Schengen à neuf pays nouveaux membres sur les dix qui sont entrés dans l'Union européenne en 2004 devient une réalité de plus en plus proche. En dehors de Chypre, les frontières tomberont pour eux le 21 décembre. C'est ce qu'ont décidé les ministres de l'Intérieur des « Vingt-sept », réunis à Bruxelles.
Ivan Langer, photo: CTK
L'espace Schengen comptera donc vingt-deux pays membres de l'Union
européenne, y compris la République tchèque (en dehors de la
Grande-Bretagne, l'Irlande, Chypre, la Bulgarie et la Roumanie), mais aussi
la Norvège et l'Islande. Quelle est la signification de cette décision pour
le ministre tchèque de l'Intérieur, Ivan Langer ?
« Il a été définitivement confirmé que le 21 décembre sera la date de la destruction des derniers maillons du « rideau de fer », de l'abolition des contrôles aux frontières de la République tchèque. Les citoyens tchèques pourront donc, enfin, bénéficier d'une liberté fondamentale, celle de la libre circulation sans contrôles. »
Plus de contrôles donc aux frontières terrestres, mais il faudra encore attendre le mois de mars 2008 pour que les contrôles aux aéroports internationaux soient aussi abolis. Plus de frontières, plus de gardes-frontière, mais le citoyen tchèque pourra-t-il se rendre en Allemagne ou en Autriche comme bon lui semblera ? Pratiquement oui, mais il faudra quand même se munir d'une pièce d'identité pour un éventuel contrôle dans l'arrière-pays. En plus de cela, le simple amateur de champignons devra faire attention à n'emprunter que les sentiers touristiques enregistrés quand il se trouvera dans un parc ou une réserve naturelle s'étendant sur le territoire de deux Etats. L'élargissement définitif de l'espace Schengen doit encore être adopté par le Parlement européen. A ce propos, le ministre de l'Intérieur précise :
L'espace Schengen en 2008
« Je suis persuadé que rien n'empêche de prendre une décision définitive,
des consultations doivent encore avoir lieu au Parlement européen, mais
cela ne sera qu'une simple formalité. Il s'est avéré que si l'on rassemble
la vision, la volonté, un travail intense et la coopération internationale,
on arrive à atteindre un objectif aussi ambitieux. »
En effet, arriver à ce que l'espace Schengen soit élargi rapidement n'a pas été facile. Des problèmes importants sont apparus avec le nouveau système de contrôle, avec la base de données informatiques, ce qui a conduit à repousser la date de l'élargissement initialement fixée au 1er janvier 2007. En un an, les pays possédant des frontières avec des Etats qui ne sont pas membres de l'Union européenne, comme la Pologne ou la Slovaquie surtout, ont réussi à aménager ces frontières selon les critères de Schengen. Le ministre de l'Intérieur slovaque, Robert Kalinak, reconnaissait d'ailleurs à Bruxelles que la République tchèque avait apporté une aide importante. Beau cadeau de Noël donc pour les citoyens des pays nouveaux membres de l'espace Schengen. (A propos, savez-vous où se trouve Schengen ? C'est un petit village du Luxembourg où le traité sur la libre circulation des personnes au sein de l'Union européenne a été signé en 1985.)
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Vaclav Havel présente sa nouvelle pièce de théâtre
L'ancien président de la République Vaclav Havel a officiellement présenté cette semaine à Prague sa nouvelle pièce de théâtre, "Odchazeni" ("Sur le Départ"). Une pièce que l'auteur décrit comme librement inspirée du Roi Lear de Shakespeare et dont la première est prévue en juin prochain.
Vaclav Havel, photo: CTK
« C'est l'histoire de quelqu'un qui occupe une importante fonction et qui
doit la quitter » : c'est ce qu'a indiqué Vaclav Havel en présentant sa
dernière oeuvre, tout en précisant tout de suite que cette histoire n'avait
rien à voir avec sa propre expérience de ces dernières années. Cette
nouvelle pièce, publiée aux éditions Respekt, Vaclav Havel avait commencé à
l'écrire dans les années 1980, avant la révolution de velours. Mais
certains repèrent déjà des ressemblances avec des personnages réels, un des
principaux protagonistes pouvant faire penser à l'actuel président de la
République, Vaclav Klaus, rival politique de l'auteur pendant ses années à
la tête de l'Etat :
« Ce sont des choses que vont chercher surtout certains journalistes ou quelques spectateurs. Les metteurs en scène pas autant, parce que je suis en contact avec eux et leur explique beaucoup, en particulier pour les mises en scène ici dans le pays. »
Dagmar Havlova
Le premier rôle féminin sera interprété par la seconde épouse du
président, Dagmar Havlova, qui avait interrompu sa carrière d'actrice
pendant les mandats de son président de mari. Et cette pièce est pour tout
public, comme le précise son auteur :
« Ma pièce 'Sur le départ' est comme toutes mes pièces précédentes destinée à tous ceux qui vont se rendre au théâtre. Mes pièces ont été beaucoup jouées dans le monde entier pour différents publics. Mais il ne faut pas se voiler la face : le théâtre, et particulièrement ce genre de théâtre est un genre minoritaire. La majorité des gens ne va pas au théâtre. Ils regardent plutôt la télévision, vont sur Internet et au cinéma... »
Vaclav Havel, photo: CTK
Alors, près de vingt ans après sa dernière pièce, Vaclav Havel a-t-il le
trac ?
« Je ressens toujours un peu le trac, mais pas beaucoup, parce que je me suis un peu endurci avec les années. J'ai vu tellement de mises en scène de mes pièces, souvent grotesques aussi, qu'il en faut beaucoup pour me perturber. Et en plus ici, il y a de l'espoir que ce soit bien fait au théâtre de Vinohrady. »
La première nationale - et mondiale - de la pièce devrait donc avoir lieu au théâtre « Na Vinohradech » en juin prochain, un théâtre qui fête ses cent ans cette année.
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Le chorégraphe Paco Dècina est venu de Paris présenter son art à Prague
Du 8 au 11 novembre, le théâtre Komedie à Prague présente deux projets de danse contemporaine montés par le chorégraphe italien établi en France Paco Dècina. Le premier spectacle, « Saut dans le vide, » créé et déjà présenté à Prague en 2005, est une pièce pour six danseurs tchèques et slovaques, tandis que le second - « Chevaliers sans armures » connaît sa première à Prague. Paco Dècina l'a créé en 2006 au théâtre de la Cité internationale à Paris. Qu'est-ce qui est le plus important dans son travail ?
'Chevaliers sans armures' « Pour moi, la base de mon travail c'est l'être humain, et le spectacle,
c'est un moment donné pour se retrouver soi-même. »
Parlons de vos deux spectacles. Pourquoi le « Saut dans le vide » tout d'abord ?
'Chevaliers sans armures' « Oui, justement le « Saut dans le vide » - Salto nel vuoto, c'est parce
que quand j'ai été invité par Marie Kinsky à faire un spectacle avec les
danseurs tchèques et slovaques, c'était la première fois que je travaillais
avec eux. Ils ne connaissaient pas véritablement mon travail et surtout ils
avaient une attitude ou plutôt une habitude à travailler avec une
technique, sur des idées, et j'ai voulu les emmener à travailler avec
quelque chose de plus profond. Et ça, c'est quand même quelque chose un peu
déconcertant parce que, tout d'un coup, on a l'impression qu'on nous enlève
le sol sous les pieds... »
Vous avez présenté ce spectacle il y a deux ans à Prague, et c'est donc un développement de ce thème ?
« Non, c'est le même spectacle, mais un spectacle n'est jamais le même, dans le sens qu'à chaque fois qu'on le joue, il est recréé. Ce n'est pas la répétition de quelque chose qui existe déjà. »
Et votre deuxième spectacle qui a eu, ce jeudi, une première à Prague, pouvez-vous le présenter à un auditeur radiophonique ?
'Chevaliers sans armures' « Oui, le deuxième spectacle, « Chevaliers sans armure, » est un duo que
je danse moi-même avec Valeria Apicella. C'est une interprète avec qui je
partage le travail depuis dix ans, elle vient de la même ville que moi, de
Naples, donc on partage une histoire volcanique... »
Et le message du spectacle ?
'Chevaliers sans armures' « Pour moi, c'est aussi un retour à la danse parce que j'avais arrêté
pendant trois, quatre ans, et justement je voulais parler de cette nudité,
de cette humilité qu'on a besoin pour danser, de ce déshabillage, je
dirais. Donc, le titre « Chevaliers sans armure » était très explicite pour
moi, parce que dans le chevalier il y a quelque chose de l'ordre de la
croisade, quelque chose qui est hors la matière. Et enlever l'armure, ça
veut dire qu'on est humble face à la vie... Voilà, c'est juste de cela que
j'ai voulu parler... »
Comment avez-vous trouvé la collaboration avec les danseurs tchèques ?
« Je l'ai trouvée très intéressante. Il y a eu une vraie rencontre, et c'est la chose la plus belle. Après, vous savez, quand il y a rencontre, vous allez au-delà des cultures, parce que l'être humain, au fond, il est relié par tout. Dans la profondeur, on est tous frères et soeurs, dans le moment où il y a rencontre, il y a ouverture et il n'y a aucun problème. »
Photo: www.prakomdiv.cz
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- 06-09-2005 14:33 | Paco Decina, un chorégraphe qui cherche les résonances avec ses danseurs