Faits et événements Une étonnante découverte archéologique en Moravie du sud
Une découverte susceptible de réécrire l'histoire de l'ère préhistorique a été réalisée ces derniers jours par les archéologues au sud de la Moravie. L'objet provenant de fouilles aux alentours du village de Masovice est le bas d'une statue de femme dont l'âge est évalué à près 7000 ans. Les archéologues le qualifient d'événement de portée européenne.
Photo: CTK
La statue de la déesse de la fécondité, plus précisément une partie du
corps - depuis la taille jusqu'aux pieds, a été retrouvée à Masovice qui
attire depuis 8 ans les archéologues puisque sa « soeur aîné », la célèbre
Venus de Vestonice créée il y a 25 000 ans, avait été retrouvée non loin de
là. La trouvaille de plus de 400 fragments d'objets enfouis dans la
localité de Masovice a été couronnée d'un succès exceptionnel que
l'archéologue de Znojmo, Zdenek Cizmar, qualifie de découverte du siècle :
« C'est fort probablement la plus grande plastique de la culture préhistorique retrouvée jusqu'à présent sur notre territoire. Elle est unique, aussi, par la façon dont elle a été créé : elle est creuse, à l'intérieur. «
Le bas de la statue de femme baptisée Vénus de Masovice est haute de 30
centimètres, ce qui permet d'en déduire que toute la statue avait 60 cm de
hauteur. L'auteur a créé cette oeuvre il y a près de 7000 ans, autour de
l'an 4700 avant J.C. Les traces de couleurs jaune et rouge sur la jambe ont
permis de situer la statue dans cette ère.
Milos Cizmar, photo: CTKIl ne fait pas de doute que
c'est la plus ancienne plastique colorée de la culture morave. Les membres
de cette culture ne représentaient que les femmes en tant que symbole de la
vie et de la continuité de la famille. Les formes féminines de la statue
laissent entendre qu'elle était le symbole de la fécondité, dit Vladimir
Podborsky, de l'Institut d'archéologie de l'Université Masaryk de Brno :
« Il est très probable que la figure a été utilisée comme l'idole centrale de ce lieu du culte. »
Effectivement, la localité de Masovice est un paradis d'archéologues. Les objets retrouvés témoignent de ce que 7000 ans en arrière, un centre de rites que certains comparent à la construction mégalithique de Stonehenge en Grande-Bretagne, occupait cet emplacement. Car en plus de la plastique de la femme, les archéologues y ont découvert un rondel dont un fossé circulaire de 110 mètres de diamètre s'est conservé et qui était utilisé comme lieu du culte et probablement aussi comme un calendrier. Les archéologues espèrent trouver le reste de la statue. En attendant, la partie de la plastique baptisée Hedvika selon le nom qui figure dans le calendrier le jour de sa trouvaille a été transportée au musée de la Moravie du sud, à Znojmo.
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Le nouveau traité simplifié européen « compromis acceptable » pour le Premier ministre Mirek Topolanek
Les vingt-sept chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne sont parvenus à un accord, dans la nuit de jeudi à vendredi, à Lisbonne, sur un nouveau traité simplifié qui pallie la Constitution rejetée par la France et les Pays-Bas et devrait permettre de réformer le fonctionnement des institutions européennes à l'avenir. Un accord qui satisfait plus ou moins l'ensemble des pays membres de l'Union, y compris la République tchèque.
Photo: CTK
Le nouveau traité ne satisfait personne, mais tout le monde est satisfait
de l'accord trouvé. Un constat paradoxal qui était pourtant celui du
Premier ministre Mirek Topolanek au moment d'analyser le résultat des
laborieuses négociations menées au Portugal :
« Cela a été un compromis difficile à trouver, et ni moi ni personne ne peut être totalement satisfait de ce traité. Mais en l'état actuel des choses, la capacité à trouver un compromis et à obtenir vingt-sept voix en sa faveur est plus important et a plus de valeur que le texte en lui-même, car cet accord va désormais nous permettre de mener de nouvelles discussions. »
José Socrates et Mirek Topolanek, photo: CTK
Le chef de la délégation tchèque, qui était également accompagné du
ministre des Affaires étrangères, Karel Schwarzenberg, et du vice-Premier
ministre chargé des Affaires européennes, Alexandr Vondra, a également
qualifié de « compromis acceptable » le traité de Lisbonne, qui, comme l'a
affirmé le Premier ministre portugais, José Socrates, a le mérite de sortir
l'Europe d'une « crise institutionnelle ».
Mirek Topolanek a également fait part de la satisfaction de Prague par rapport à ce qui est appelé la flexibilité réciproque, un point que les Tchèques sont parvenus à faire valoir, bien que seulement sous une forme susceptible d'être encore modifiée. Néanmoins, la Commission européenne a formulé la promesse qu'elle allait se pencher sur le sujet. Concrètement, cette flexibilité réciproque est un mécanisme qui prévoit la possibilité de transférer certaines compétences dans le cadre de l'UE non seulement à Bruxelles mais également dans le sens opposé en direction des pays membres.
Mirek Topolanek, photo: CTK
Une chose est cependant acquise à l'issue de ce sommet de Lisbonne. Les
dirigeants européens étant parvenus à leurs fins, la République tchèque
assurera bien la présidence de l'UE au cours du premier semestre 2009. En
effet, la présidence, à laquelle le gouvernement tchèque se prépare
intensivement actuellement, aurait pu être remise en cause par la date de
l'entrée en vigueur du nouveau traité. Si celui-ci, qui doit d'abord être
approuvé dans chacun des pays membres avant d'être définitivement signé en
décembre prochain, entrait en vigueur en janvier 2009, le système dit de
présidence tournante se serait arrêté. Mais Mirek Topolanek a rassuré tout
le monde en précisant qu'il n'en serait rien d'ici la présidence tchèque.
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Vaclav Havel : « l'originalité versus la banalité »
Le projet de l'architecte Jan Kaplicky, qui est sorti vainqueur d'un appel d'offres pour la nouvelle Bibliothèque nationale et qui a été affublé de la dénomination familière de «pieuvre », ne cesse de défrayer la chronique et de provoquer les émotions. Au moment où son installation, prévue initialement sur l'esplanade de Letna, demeure très incertaine compte tenu de la position négative à son égard du conseil municipal, où le clivage entre les camps de ses partisans et de ses opposants semble s'approfondir, le quotidien Lidove noviny publie à ce sujet un texte de Vaclav Havel, ex-président et dramaturge.
Vaclav Havel, photo: Ondrej Nemec, LN, 19.10.07
« J'étais heureux que Prague, une ville qui ne possède que très peu de
jolis bâtiments modernes, puisse enfin se targuer d'un édifice fortement
intéressant... Pourtant, la médiocrité et la banalité l'emportent une
nouvelle fois », écrit Vaclav Havel dans son texte au titre on ne peut plus
éloquent « L'originalité versus la banalité ». Il cite plusieurs bâtiments, « banals » d'après lui, genre verre et béton, édifiés au cours des
dernières années dans le centre-ville - qui d'ailleurs n'ont provoqué
pratiquement aucune vague de désapprobation - exprimant la crainte que la
situation ne se répète avec Letna. En ce qui concerne ce quartier situé non
loin de l'enceinte du Château de Prague et doté d'assez grands espaces
verts, Vaclav Havel déplore le fait que, de nouveau, « des règles de jeu
pour cette localité n'aient pas été définies ». Ainsi, on peut s'attendre à
l'édification de « monstruosités sauvages, tels qu'un immense aquarium pour
requins et, surtout, un gigantesque stade à la place de celui qui s'y
trouve actuellement... Tandis qu'à l'étranger, on a l'habitude d'édifier
les stades en dehors de la ville, on voit que Prague s'apprête à en avoir
un, près du Château. La bibliothèque, en revanche, est mal vue ».
Vaclav Havel situe le problème dans un plus large contexte, critiquant plus ouvertement que jamais les transformations urbaines et leur impact sur le paysage tchèque. « Prague et d'autres villes prolifèrent comme un cancer, avec ses supermarchés, hypermarchés, bâtiments administratifs, parkings gigantesques, entrepôts, chantiers et bâtiments indéfinissables qui les entourent et qui liquident le paysage. »
Selon l'ex-président de la République, « Letna sert d'exemple de la manière dont les choses se passent lorsque la main invisible du marché dirige tout ». Et de constater « qu'il ne s'agit là que d'une faible partie des phénomènes typiques pour notre époque et, tout spécialement, pour l'édification du capitalisme à la tchèque ».
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La police tchèque désire se rapprocher de la population
La police tchèque se trouve au seuil d'une nouvelle étape de la lutte contre la criminalité. Ses nouvelles initiatives doivent changer complètement l'image des policiers aux yeux de la population, car elle ne veut plus mettre l'accent sur son rôle répressif. Le ministre de l'Intérieur, Ivan Langer, a présenté deux projets qui doivent jouer un rôle essentiel dans ce changement.
Ivan Langer, photo: CTK
Selon le ministre, il faut mettre en application les nouveaux programmes de
prévention de la criminalité ainsi que les principes de Community policing
:
« Le premier pas sera le renforcement du rôle des organes d'autogestion régionaux, parce que nous considérons les régions comme des entités particulières qui devraient avoir la capacité de définir leurs propres initiatives préventives. »
Le ministère promet également de donner une nouvelle conception et un caractère plus durable aux projets préventifs surtout dans les villes qui ont plus de 25 000 habitants. Les projets de mesures préventives pour ces villes devraient être désormais préparés pour quatre ans, afin qu'on puisse coordonner ces programmes et leur donner un caractère systématique. Le ministère s'apprête à remodeler la police selon les principes du Community policing. Ivan Langer explique :
« Ce qui est essentiel c'est le changement du rôle de la police. La
nouvelle direction de la police est composée de personnes qui ont collaboré
au projet de Community policing et c'est le projet que nous désirons
introduire dans le travail quotidien de la police. »
Le concept de Community policing échappe à toute définition uniforme. C'est un fil conducteur du fonctionnement quotidien de l'organisation de chaque action de chaque membre individuel du système. Il change radicalement le modèle traditionnel de la police qui est désormais conçue comme un organisme en perpétuelle évolution. Il oriente les services de l'ordre vers la création d'une police communautaire en mettant l'accent sur le lien entre la police et la population. Il implique que la police soit socialement bien intégrée et qu'elle réponde en premier lieu aux besoins de la population, et ce en collaboration avec celle-ci. Les régions doivent avoir la possibilité de définir leurs propres thèmes dans le domaine de la prévention de la criminalité.
« Si je considère quelque chose comme vraiment nouveau c'est la pression
sur le changement de la police afin que soit remplie la devise « Servir et
protéger ». Les policiers doivent communiquer dans une plus grande mesure
avec les organes d'autogestion. Ils ne doivent plus être une unité armée
qui reste fermé vis-à-vis de la population. Ils doivent renoncer au rôle du
poing répressif qui tape sur la table. »
Evidemment toutes ces intentions et ces programmes ne peuvent être accueillis que positivement par la population qui se plaint souvent du travail de la police. Pour l'instant cependant, toutes ces déclarations sont assez théoriques. Ce n'est que le proche avenir qui montrera si la police tchèque arrivera à appliquer les principes de Community policing aussi dans son travail de tous les jours.
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Le groupe Miou Miou chante tout en douceurs...
Elle est toute menue, toute frêle, elle a des cheveux dont la couleur est très proche de la comédienne française dont le groupe a pris le nom. Karolina Dytrtova est la chanteuse du groupe tchèque Miou Miou, et chante dans la langue de Molière. Rencontre et découverte.
Photo: Marek Chalupnik, www.miou-miou.cz
C'est vrai que quand on la voit pour la première fois, elle fait un peu
penser à Miou Miou, et quand on le lui dit, ça la fait rire, un peu gênée.
Il paraît qu'on ne lui a jamais fait la réflexion :
« Le nom du groupe, c'est en effet d'après cette comédienne. Bon, elle n'est pas au courant du tout, ça fait deux ans qu'on se dit qu'on va lui écrire une lettre pour lui dire, mais on ne l'a encore jamais fait... Quand on cherchait un nom pour le groupe, plusieurs idées ont été suggérées. On a choisi cette variante. Un des membres du groupe était au ciné, il a vu des affiches avec marqué en grand 'miou-miou'. En plus nous avons une poétique très liée aux chats, donc miou-miou, c'est un peu comme miau miau. »
En effet, le style de musique, la voix de Karolina, la pochette des albums et les paroles des chansons, sont douces et sucrées, tant et si bien qu'on les croirait sorties d'une pochette pleine de bonbons et de friandises. Les textes et la musique de Miou Miou, c'est comme une vieille armoire d'une maison à la campagne, où s'entasseraient de vieux jouets, une pomme desséchée, des journaux jaunis et des crayons de couleurs. Pour Karolina Dytrtova, les compositions du groupe, c'est avant tout du jeu, les textes sont ludiques, mais forcément, c'est un univers qui ne plaît pas toujours à tout le monde :
« Peut-être que pour certains, cela peut sembler trop enfantin, mais moi j'ai toujours beaucoup aimé le dadaïsme. Les textes sont créés de manière différente. La plupart du temps, les idées viennent en tchèque, et après nous traduisons le texte en français. On s'entoure toujours de quelqu'un, un natif, qui nous aide à le faire, pour que cela veuille dire quelque chose en français, on part quand même du tchèque. »
Karolina Dytrtova se dit fan de Keren Ann et de Françoise Hardy pour citer ses inspirations françaises, ou encore Suzanne Vega, et elle est surtout un inconditionnelle du Grand Serge. Gainsbarre bien sûr. Un peu surprenant sans doute, car ses chansons à lui, si elles étaient ludiques également, jouaient évidemment sur un univers bien plus provocateur !
Karolina Dytrtova, photo: Marek Chalupnik, www.miou-miou.cz
La jeune chanteuse reconnaît qu'ils ont choisi eux-mêmes le nom de leur
musique : « pop expérimentale », histoire qu'on sache comment les désigner.
S'ils n'ont pas joué en France, pour l'instant, ils aimeraient bien. En
tout cas, leur musique est appréciée hors Tchéquie... notamment au Japon,
où ils ont sorti une version remasterisée du dernier album La Grande
Finale.
Karolina Dytrtova chante donc et compose en Français mais elle n'a pas malheureusement pas voulu répondre à mes questions dans cette langue. Dommage. Elle explique pourquoi :
« En fait, mon français a grandi et évolué avec le groupe. Je ne me sens toujours pas très à l'aise pour parler, et ça me donne beaucoup de travail quand je dois écrire les textes en français. Et pourquoi avoir choisi le français ? Parce que c'est une langue qui nous semble très ludique. Il y a beaucoup de nuances. Ça va avec notre musique, c'est donc venu tout seul, et puis bien sûr ça nous plaît. »