Faits et événements 85 ans d'Otomar Krejca
Le metteur en scène Otomar Krejca, l'une des figures les plus réputées du théâtre tchèque, fondateur d'une scène d'avant-garde à Prague dans les années soixante, interdit dans son pays par les autorités communistes, auteur de 42 mises en scènes jouées dans 8 pays du monde, francophone et francophile, professeur à la DAMU, fête le 23 novembre ses 85 ans.
Otomar Krejca
Né en 1921, Otomar Krejca est la légende vivante du théâtre tchèque. Au
début des années cinquante, il brille sur les scènes comme Othello ou Don
Juan, et aussi à l'écran, dans des rôles devenus immortels. Depuis 1956,
il dirige la troupe dramatique du Théâtre national. Après le départ de son
ami, le dramaturge Karel Kraus, il quitte lui-aussi la première scène du
pays pour fonder son propre théâtre qui s'appelle Za Branou - Derrière la
porte. Karel Kraus, son co-fondateur, s'en souvient :
« Les grands théâtres ressemblaient plutôt à des usines, il a été très difficile pour nous d'y mettre en place nos propres projets. Donc après avoir fait cette expérience au Théâtre national, nous nous sommes décidés à fonder un théâtre qui répondrait à nos goûts et intentions, à notre vision du théâtre, c'était assez téméraire, peut-être...»
Théâtre Za Branou au palais Adria
Au théâtre Za Branou situé au palais Adria, en plein centre de Prague,
Krejca peut enfin donner un espace aux mises en scène de pièces tchèques
contemporaines et à celles de ses auteurs classiques préférés : Tchekhov,
Musset, Nestroy, Sophocle qui vont influencer plus d'une génération de
spectateurs et passent pour des chefs-d'oeuvre encore aujourd'hui. En tant
que centre de culture indépendante, le théâtre est une épine dans le pied
des autorités. D'autant qu'en 1968, Krejca est parmi les premiers
signataires de la pétition des 2000 mots et proteste ouvertement contre
l'occupation soviétique.
Le régime normalisateur liquide non seulement son théâtre, mais s'en prend également à lui personnellement. Otomar Krejca est interdit dans son pays. Invité à travailler à l'étranger, il est, entre autres, directeur du théâtre de Düsseldorf, et collabore avec plusieurs scènes en France, en Belgique, en Autriche, en Grande-Bretagne, en Suède. Après la chute du régime, il renouvelle son théâtre Za Branou II, mais la critique l'accepte avec embarras. Après des problèmes de financement, il le ferme, définitivement. Une certaine amertume, sinon scepticisme, persiste. Karel Kraus explique:
« Je crois vraiment qu'avec la fermeture du théâtre Derrière la porte, en 1972, une certaine époque s'est terminée. Après, le théâtre est devenu quelque chose d'autre. »
Pour son courage artistique et ses qualités de metteur en scène, Otomar
Krejca s'est vu décerner plusieurs distinctions : en 2001, le prix Thalie
pour l'ensemble de son oeuvre et, un an plus tard, le doctorat honorifique
de l'Académie des beaux arts. Ce mardi, à l'occasion de son 85e
anniversaire, Vaclav Klaus lui a attribué une plaque du président de la
République en signe de reconnaissance de ses mérites pour le théâtre.
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Feu "vert" pour Hyundai
L'accord trouvé entre les associations écologistes, les autorités régionales de Moravie-Silésie et le constructeur automobile Hyundai est le premier du genre dans le pays. La déclaration commune signée ce lundi a pour objectif de réduire l'impact négatif sur l'environnement de la construction de l'usine Hyundai à Nosovice, dans le nord-est du pays, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière polonaise.
Photo: CTK
Les écologistes se sont engagés à ne pas poursuivre leurs actions contre
cette construction, a indiqué l'avocat Pavel Franc, du Service juridique
écologique (EPS) :
« Je considère cette déclaration comme un ensemble de concessions faites par toutes les parties. Parce que notre but, à l'origine, était d'utiliser tous les moyens juridiques possibles pour empêcher la construction de l'usine, pas seulement au nom de la protection de l'environnement mais aussi de l'Etat de droit pour freiner cet investissement à risque. »
Hyundai, qui souhaite mettre en service en 2008 cette usine évaluée à un milliard d'euros, a consenti à implanter un système de management écologique, à interdire la circulation de camions le week-end, et à créer une fondation pourvue de 20 millions de couronnes sur deux ans.
Les autorités régionales se sont par ailleurs engagées à ne pas construire de zones industrielles dans les localités de Dolni Lutyni et Silherovice, comme l'a indiqué le président du conseil régional de Moravie-Silésie, Evzen Tosenovsky :
« Nous pouvons remplacer pour les investisseurs ces zones par d'autres espaces qui n'ont pas ces problèmes liés à l'environnement, donc ce n'est pas un problème crucial. Le problème est de ne pas donner aux investisseurs l'impression que l'avenir de ces zones soit incertain. Et concernant Dolni Lutyni et Silherovice, cela était malheureusement très compliqué. »
En 2008, l'usine Hyundai de Nosovice devrait produire 300 000 véhicules et
600 000 boîtes de vitesse.
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Nancy à l'heure des liens franco-tchèques
La Lorraine est jumelée avec la région d'Ostrava. Ludres, commune située près de Nancy, est de son côté jumelée avec la ville de Domazlice, en Bohême du sud. Nancy est une destination prisée par les étudiants tchèques. Le tchèque est enseigné à l'Université de Nancy, des cours de tchèque sont donnés, aussi, dans le cadre de l'Association Franco-Tchéquie nouvellement constituée. Côté culture aussi, l'Art Nouveau avait connu en Lorraine un épanouissement pareil à celui dont il a bénéficié dans les pays tchèques : témoignage des liens privilégiés qui attachent Nancy et toute la région à la Tchéquie ? Alena Gebertova qui a suivi ces derniers jours, sur place, leurs traces a réalisé pour vous une série de reportages... Aujourd'hui, la parole est donnée à Mme Lea Hansch-Sabrsula, présidente de l'Association en question, qui explique sa principale mission.
Nancy « Son but en fait est de rapprocher toute personne qui est curieuse, qui
est attirée par la République tchèque, par sa culture, par sa population,
par de multiples motivations qu'on peut avoir quand on découvre la
République tchèque. «
Cet intérêt pour la Tchéquie à Nancy est-il fort ?
« Oui. Il y a quand même beaucoup d'intérêt pour la République tchèque. Déjà il faut souligner que Prague est à la mode et que celui qui n'est pas allé encore à Prague ne serait-ce que pour un week-end n'est pas une personne branchée. A part cela, il y a une collaboration étroite entre la Lorraine et la République tchèque, il y a des entreprises lorraines qui fonctionnent en République tchèque, il y a des étudiants tchèques qui étudient à Nancy, comme c'est une ville universitaire, et il y des particuliers qui ont pris goût à la République tchèque, qui y vont, qui y vont avec beaucoup de joie et régulièrement, et qui désirent approfondir leurs connaissances sur le pays. «
Sur quels thèmes comptez-vous axer vos activités, à l'avenir ?
« Notre fil conducteur, ce sont bien sûr des cours de langues, parce que
les gens se heurtent souvent à la barrière linguistique. Les cours de
langues qui fonctionnent donc - nous avons aujourd'hui des apprenants très
motivés qui ont soif de s'exprimer rapidement en tchèque, et puis nos
activités, ce sont aussi des rencontres des gens qui veulent échanger des
expériences, il s'agit de fournir des informations, d'organiser des
voyages. Par exemple au mois de février, nous ferons une deuxième édition
d'un voyage pour les « biérologues », au mois de janvier, nous allons
organiser une Quinzaine de la République tchèque, avec la venue à Nancy de
l'ambassadeur de la RT. Nous allons aussi répondre aux suggestions de nos
adhérents ».
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La Prague de Mozart
C'est pour mettre un point final à l'année Mozart qu'on vient d'inaugurer l'exposition intitulée « La Prague de Mozart ». Elle réunit les documents sur les visites pragoises du compositeur et les présente dans un contexte beaucoup plus large de la vie culturelle et sociale de la capitale de la Bohême entre 1780 et 1800.
L'exposition est installée au palais Clam-Gallas, un des plus beaux
spécimens du baroque pragois qui abrite les Archives de Prague. Le
directeur des archives Vaclav Ledvinka explique pourquoi :
« Effectivement, l'endroit pour cette exposition a été bien choisi parce que Wolfgang Amadeus a donné un concert dans une des salles de ce palais lors d'un des ses séjours pragois. Vous verrez d'ailleurs dans l'exposition des documents qui sont liés à cette prestation musicale. »
Comment évoquer une époque et sa production musicale par une exposition? La musicologue Markéta Kabelkova, un des auteurs de l'exposition La Prague de Mozart, ne cache pas les difficultés d'une telle entreprise :
Wofgang Amadeus Mozart
« Celui qui veut exposer la musique ne dispose que des possibilités
limitées parce que la musique est un phénomène sonore. Il est pourtant
possible avec certaines difficultés d'évoquer la musique par des objets
matériels. Nous présentons donc entre autres des documents écrits et le
visiteur peut se faire une idée des partitions manuscrites et imprimées de
l'époque. Nous exposons aussi des affiches, des livrets et nous cherchons
à
illustrer la musique également par l'image, notamment par des portraits de
musiciens qui pourtant étaient assez rares à cette période. Parmi les
objets les plus précieux il y a le manuscrit autographe de la partition de
Six danses allemandes (Köchel 509) que Mozart a composé à Prague très
probablement pour un bal donné par le comte Jan Josef Filip Pachta. »
Palais Clam-Gallas
Toute une série de documents (livret, affiche, partition) est liée avec la
première pragoise de l'opéra Don Giovanni. On trouve au palais Clam-Gallas
également le clavecin dont les touches se rappellent encore les doigts de
Mozart, mais aussi de nombreux objets évoquant la vie, les goûts et le
style de l'époque : une série de gravures de Prague, une collection
d'éventails, des spécimens d'art vestimentaire. Et on finit par ce
demander pourquoi la société pragoise de la fin du XVIIe siècle était si
ouverte et si sensible à la musique d'un compositeur que Vienne et
l'Autriche accueillaient plutôt tièdement. Selon Marketa Kabelkova il n'y
a
pas de réponse simple à cette question :
« A Prague il y avait beaucoup de musiciens très instruits, on y jouait la production musicale d'Europe centrale. En 1786 on y a donné l'Enlèvement au sérail qui a été la première oeuvre scénique de Mozart présentée à Prague et déjà cet opéra a suscité un grand enthousiasme. Ensuite c'était Les Noces de Figaro, également en 1786, et le succès de cet opéra a valu à Mozart une invitation à Prague. Il y avait dans cette ville une tradition des productions d'opéras depuis les années trente du XVIIIe siècle. A l'époque on vivait avec la nouvelle musique, tout ce qui était plus vieux de trente ans devenait esthétiquement inacceptable. Ces gens-là étaient tout simplement capables de saisir les qualités de cette musique. »
Vous pouvez visiter l'exposition La Prague de Mozart et aussi les beaux
intérieurs du palais Clam-Gallas jusqu'au 28 janvier prochain.
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« L'ambassade de Prague » : l'histoire de la prise de l'ambassade pragoise de la RFA par les réfugiés est-allemands
Dernier clap : la dernière scène du film « L'ambassade de Prague » a été tournée dimanche, après un mois de tournage dans la capitale tchèque et ses environs.
Lutz Konermann
Produit par la chaîne RTL, ce téléfilm est réalisé par Lutz Konermann, qui
a répondu aux questions de RP :
« Ce film raconte l'histoire de la révolution douce de 1989, lorsque plusieurs milliers d'Est-allemands ont pris la fuite vers l'Ouest via l'ambassade de RFA à Prague. Grâce à ce mouvement de masse, le mur de Berlin est tombé quelques semaines plus tard, cinq semaines plus tard exactement. C'était le début de la réunification de l'Allemagne. »
« Le film a été entièrement tourné en République tchèque, même les parties censées être situées à Berlin-Est. Le budget est de deux millions d'euros et le film devrait être diffusé sur RTL d'ici le printemps prochain. »
L'ancien ministre ouest-allemand des Affaires étrangères, Hans-Dietrich
Genscher, devait jouer son propre rôle dans ce téléfilm. Une offre qu'il a
finalement déclinée au dernier moment. Le 30 septembre 1989, c'est lui qui
avait annoncé aux 4000 Est-allemands réfugiés dans l'enceinte de
l'ambassade pragoise de la RFA qu'ils pourraient rejoindre l'Allemagne de
l'Ouest. Quelques heures après, des bus les emmenaient à la gare de Liben,
où des trains spéciaux les attendaient.
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