Faits et événements Ludvik Hess: Il ne faut pas lever l'anonymat des mères qui déposent leurs enfants dans des "boîtes à bébé"

31-03-2006 14:50 | Václav Richter

Trois nouveau-nés ont déjà été déposés dans des "boîtes à bébé" ou "baby boxes" dans l'établissement médical "Gyncentrum" à Prague. Cette possibilité qui est offerte aux femmes qui ne peuvent pas ou ne veulent pas s'occuper de leurs enfants, peut sauver les vies des bébés qui ont eu le malheur de naître dans des familles incomplètes ou dans des conditions sociales difficiles.

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Récemment l'idée de ces "boîtes à bébé" a été compromise par une déclaration d'une représentante de la police tchèque, Alena Plskova, selon laquelle la police rechercherait les mères ayant abandonné de cette façon leurs enfants. Elle considère que la police devrait connaître l'identité de la mère pour des raisons de santé car dans une "baby box" on peut trouver des enfants de parents toxicomanes ou alcooliques. Ces enfants naissent, d'après Alena Plskova, avec le syndrome de dépendance.

Cependant on estime en général que dans de telles conditions les baby boxes seraient tout à fait inutile. La déclaration d'Alena Plskova a déjà été fermement critiquée par Ludvik Hess de la Fondation des enfants menacés qui est initiateur de la création des "baby boxes" en République tchèque : "Le sous-colonel Plskova a nui par sa déclaration à l'idée de baby box. Il est tout à fait évident et confirmé par les experts que mettre un enfant dans une baby box n'est pas un acte criminel. La légalité en a été confirmée par le fait que le ministère du Travail et des Affaires sociales a publié une directive méthodique sur les mesures à adopter dans de tels cas. On y apprend ce qu'il faut faire si nous trouvons un enfant, à qui il faut l'annoncer, on précise quelles sont les compétences des organes judiciaires et administratifs en la matière. Le ministre de la Santé David Rath a confirmé par écrit que les établissements médicaux peuvent mettre une baby box à la disposition du public."

Ludvik HessLudvik Hess Ludvik Hess met en garde contre la levée de l'anonymat des mères qui se trouvent souvent dans des situations extrêmes dont elles ne voient pas d'issue : "La mère qui craindra que la police la poursuive ou seulement la recherche choisira sans doute la solution la plus simple, c'est-à-dire de déposer l'enfant n'importe où, si elle ne décide pas carrément de le tuer. Cette déclaration de Mme Plskova n'a pas été réfléchie."

La présidente du Fonds des enfants menacés Marie Vodickova, a déjà porté plainte contre Alena Plskova. A son avis la police doit rechercher des criminels ou des personnes disparues et non pas les mères malheureuses qui ont sans doute une raison grave pour abandonner leur enfant. Alena Plskova refuse pour le moment de commenter cette critique.

Inondations : la situation s'est stabilisée, mais des averses sont redoutées

31-03-2006 14:50 | Guillaume Narguet

La République tchèque reste préoccuppée par les inondations. La situation est particulièrement critique dans les alentours de la ville de Znojmo, en Moravie du Sud, ainsi qu'en Bohême du Sud. Vendredi matin, le niveau d'alerte maximal restait décrété dans une quarantaine de localités du pays.

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La rivière Dyje, photo: CTKLa rivière Dyje, photo: CTK Il a certes plu dans la nuit de jeudi à vendredi, mais d'une manière générale, la situation s'est quelque peu améliorée au cours de la journée de jeudi et dans la matinée de vendredi. A Znojmo notamment, en Moravie du Sud, où le niveau de la rivière Dyje s'est stabilisé. Les autorités restent toutefois sur leurs gardes, de nouvelles averses, qui s'ajoutent au dégel et à l'importante fonte des neiges de ces derniers jours, étant annoncées pour ce week-end. Quelques kilomètres plus à l'est, à Uherské Hradiste, deux cent patients de l'hôpital ont été évacués préventivement. Aucune des zones habitées de la région n'a toutefois encore été sérieusement endommagée et le niveau des rivières diminue lentement.

Znojmo, photo: CTKZnojmo, photo: CTK La situation est plus préoccupante en Bohême du Sud autour des villes historiques de Jindrichuv Hradec et de Tabor, le niveau de la rivière Luznice continuant de monter. Par ailleurs, la couche de neige reste toujours importante en altitude. Les hydrologues estiment que dans les jours à venir, le niveau de la rivière pourrait encore augmenter de plus de quarante centimètres en certains endroits. Dans le reste du pays, cependant, la situation est stable ou tend même à s'améliorer, principalement dans les bassins de la Vltava et de l'Elbe, même si à Usti nad Labem, en Bohême du Nord, environs trois cents personnes ont déjà été évacuées. Quant à Prague, on en restait vendredi au niveau deux d'alerte sur une échelle de trois degrés, le niveau trois étant le niveau d'alerte maximal à partir duquel même certaines stations de métro sont fermées.

La situation des Roms tchèques vue par le Conseil de l'Europe

31-03-2006 14:50 | Alexis Rosenzweig

La Slovaquie et la République tchèque ont été invitées à un nouvel effort pour mieux intégrer leurs communautés roms et à dédommager les femmes stérilisées de force, dans deux rapports du commissaire européen aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, publiés mercredi.

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Le commissaire aux droits de l'homme relève que "les initiatives prises jusqu'à présent n'ont eu qu'un effet limité pour réduire l'exclusion sociale de pans entiers de la population rom", estimée en République tchèque entre 200 000 et 300 000 personnes.

En dépit d'améliorations notables ces dernières années, "les progrès sont lents" note Alvaro Gil-Robles qui a notamment déclaré à l'AFP être "préoccupé par le placement et le transfert injustifié d'enfants roms dans des établissements scolaires spéciaux". La situation "demeure alarmante" dans le domaine de l'éducation, selon M. Gil-Robles qui demande l'intégration du système éducatif ainsi qu'une législation interdisant la ségrégation.

Otakar MotejlOtakar Motejl Sur la question des stérilisations forcées de femmes roms tant en Slovaquie qu'en République tchèque, le commissaire réclame notamment la mise en place de "mécanismes permettant aux victimes d'obtenir réparation".

Le médiateur tchèque, Otakar Motejl, avait reconnu en décembre dernier qu'une soixantaine de femmes, principalement d'origine rom, avaient été stérilisées sans leur consentement en République tchèque, un mois après le jugement d'un tribunal tchèque reconnaissant pour la première fois la stérilisation forcée.

La francophonie en République tchèque renforcée par la perspective de la présidence de l'UE

31-03-2006 14:50 | Alena Gebertová

La tournée de la chanson francophone a été probablement le plus grand événement des Journées de la Francophonie, qui se sont déroulées tout au long du mois de mars, en République tchèque. Une façon de marquer l'attachement du pays aux valeurs francophones et le fait que le pays a le statut d'observateur de la Francophonie. Ce statut, que signifie-t-il par ailleurs pour la République tchèque ? Alena Gebertova a posé la question au ministre des Affaires étrangères, Cyril Svoboda.

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Le ministre des Affaires étrangères Cyril SvobodaLe ministre des Affaires étrangères Cyril Svoboda « Cela permet de faire valoir l'idée et la connaissance de la culture française, tout comme de mettre en relief le besoin de la diversité des langues, le besoin de connaître et de comprendre les différentes cultures et traditions. L'importance de la francophonie en République tchèque s'accroît puisque, dans trois ans environ, le pays présidera l'Union européenne avec la France. Il est donc impératif que les gens tiennent compte qu'il est bon et utile de ne pas apprendre uniquement l'anglais ».

Chose dite chose faite, on rappellera que le ministre Svoboda souhaite rendre obligatoire l'enseignement du français pour certaines catégories des hauts fonctionnaires de l'Etat.

Ondrej Pesek de la Faculté de pédagogie de Ceske Budejovice, qui s'est vu remettre le prix Galica pour la meilleure thèse doctorale, décerné dans le cadre des Journées de la francophonie 2006, espère lui aussi voir accroître l'intérêt pour la langue française dans la perspective de cette présidence.

 « Je pense que cela est très important. Le fait que le français soit une langue relativement beaucoup utilisée au sein de l'Union européenne contribue en quelque sorte à une sorte de hausse d'intérêt pour le français en général. Je pense qu'en perspective de la présidence de l'Union européenne qu'on assurera avec la France, connaître le français sera très important pour pouvoir bien négocier avec nos partenaires et pour que les travaux techniques puissent être efficaces, au sein de cette présidence ».

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