Faits et événements Pour la première fois, une babybox a accueilli un bébé abandonné

21-02-2006 15:14 | Jaroslava Gissübelová

La première et pour l'instant l'unique babybox à Prague, comme s'appelle le système pour accueillir des bébés abandonnés, a prouvé son utilité : un premier enfant sain, âgé d'un mois, y a été déposé par sa mère.

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Ludvik HessLudvik Hess L'alarme pour que des responsables viennent chercher le nourrisson a sonné pour la première fois vendredi dernier, après 20 heures, au Gyncentrum à Prague-Hloubetin, où le premier système pour accueillir des bébés abandonnés avait été installé en juin dernier. Le médecin, Pavel Müller, a trouvé dans la couveuse une petite fille, jolie et saine. Sa mère attendait à quelques pas d'ici pour se persuader que les médecins viennent la chercher. Puis, elle a disparu. La lettre qu'elle a laissée est adressée au fondateur des babybox en République tchèque, Ludvik Hess, de la Fondation pour enfants abandonnés Statim : « C'est très difficile pour moi, mais je sais que je ne pourrai pas y arriver toute seule : avoir des jumeaux et être mère célibataire n'est pas facile... je vous serais reconnaissante de faire adopter la jumelle par des parents qui attendent plus de dix ans un enfant... ». Des mots qui témoignent que la femme a aimé son bébé et dû longuement réfléchir avant de déposer l'un des jumeaux dans la boîte à bébé. L'acte de naissance qu'elle a glissé dans les langes a paradoxalement compliqué sa route vers une famille adoptive. Car ainsi, la fille, Sonia, n'est plus un bébé anonyme. Les jumeaux sont nés prématurément, il y a un mois, à la clinique obstétrique pragoise U Apolinare. Selon la législation tchèque, il faut que le tribunal attende deux mois, un délai pendant lequel la mère peut réclamer son bébé, et seulement après, il sera possible de le confier aux soins d'une famille adoptive.

Sonia, photo: MFDnes, 21.2.06Sonia, photo: MFDnes, 21.2.06 L'histoire du premier bébé déposé dans la babybox a soulevé une vague d'intérêt et de solidarité. Des dizaines de gens ont manifesté le désir d'aider la mère qui s'est retrouvée dans une situation de crise. Ils proposent une aide financière mais qui serait remise à la mère uniquement dans le cas où elle déciderait de s'occuper de son enfant. Les boîtes à bébé sont, à part les accouchements sous X, une stratégie anti-abandon permettant aux mères de se séparer de leur enfant en toute sécurité. La fondation Statim veut en créer une vingtaine dans tout le pays. Le triste bilan des 5 dernières années démontre que onze nouveau-nés indésirables ont été tués ou abandonnés dans des poubelles, en République tchèque.

L'industrie de la chaussure tchèque sinistrée par l'invasion chinoise

21-02-2006 15:14 | Guillaume Narguet

En 2005, près de 60 millions de paires de chaussures chinoises ont été vendues en République tchèque, tandis que dans le même temps, les entreprises locales n'en fabriquaient que 5,5 millions. Dans le pays où a vu le jour l'empire de la célèbre marque de chaussures Bata, le déclin de ce secteur traditionel de l'industrie tchèque du XXe siècle est forcément plutôt mal vécu. Aujourd'hui, seules quelques petites et moyennes entreprises, qui ont réagi en misant sur des produits de qualité, résistent encore à la concurrence asiatique bon marché qui inonde le marché.

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Photo: CTKPhoto: CTK Les chiffres confirment la tendance selon laquelle les fabricants de chaussures tchèques vivotent et tendent à disparaître, à l'exception de quelques survivants ingénieux qui parviennent encore à résister. Ainsi, selon l'Institut tchèque de la statistique, alors que 13 millions de paires "made in Czech" étaient encore produites en 2000, le nombre a baissé de près de 60 % en cinq ans ! A l'inverse, sur la même période, le nombre de paires de chaussures importées a plus que doublé pour passer de 30 à 73 millions, dont 80 % sont d'origine chinoise. Et en remontant encore un peu dans le temps, on s'aperçoit qu'en 1993, 32 millions de paires étaient encore fabriquées en République tchèque par 27 000 employés. Or, aujourd'hui, seules un peu plus de 4000 personnes travaillent encore dans le secteur.

Un constat désolant valable pour la chaussure, mais aussi pour l'industrie textile en République tchèque et dans de nombreux autres pays de l'UE. A Bruxelles, on en est arrivé à la conclusion que les chaussures asiatiques étaient vendues à des prix de dumping, c'est à dire inférieurs au prix de revient. Par exemple, pour l'année dernière, le prix d'achat moyen d'une paire de chaussures chinoise pour les distributeurs tchèques était de 47 couronnes, soit 1,65 euro, et ce alors même que l'association chinoise de la chaussure indiquait que la production revenait à environ 67 couronnes, 2,35 euros.

Photo: CTKPhoto: CTK Pour tenter de freiner cette tendance, le porte-parole du commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, a annoncé, lundi, que la Commission européenne allait discuter avec les Etats membres de l'instauration de droits de douane antidumping sur les chaussures en cuir en provenance de Chine et du Vietnam.

En attendant, certains fabriquants s'adaptent en diversifiant leur production. En plus des chaussures dont la qualité se doit d'être supérieure à la chinoise pour justifier leur prix plus élevé, certaines entreprises de plus ou moins petite taille se lancent, par exemple, dans la confection de divers articles de maroquinerie. Mais surtout, les derniers mohicans de la chaussure aimeraient qu'un accord entre Bruxelles et Pékin soit trouvé pour limiter la hausse des exportations chinoises à destination de l'UE, comme ce fut le cas pour le textile à Shangaï en juin 2005.

Plus de poudres à laver aux phosphates sur le marché tchèque

21-02-2006 15:14 | Alain Slivinský

Le ministre de l'Environnement, Libor Ambrozek, vient de signer un arrêté interdisant la vente de poudres à laver contenant des phosphates sur le marché tchèque. Les gros fabricants déclarent que cette mesure ne les inquiète pas outre mesure.

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La moitié des marques de poudres à laver va disparaître des rayons des magasins en Tchéquie, à partir de la fin septembre, dernière limite de vente autorisée. L'arrêté ministériel qui vient d'être signé, entre en vigueur le 1er juillet, et les fabricants bénéficient donc de ce délai pour changer la composition de leurs poudres. Les produits contenant des phosphates, ce qui est fréquent dans ceux qui sont bon marché et vendus sous les marques des grandes surfaces, seront interdits de vente. Pourquoi ? Les phosphates nuisent grandement à l'écologie, ils sont des agents de pollution des eaux et ils favorisent le développement des algues. D'après Maria Logrova de la société Setuza, l'un des plus gros producteurs tchèques de poudre à laver, cela va conduire à l'augmentation des prix de ces produits. En effet, la production de lessives sans phosphates est de 10 à 15 % plus chère. Pourtant, la société Setuza ne pense pas rencontrer de problèmes, car elle produit déjà des poudres contenant un taux très faible de phosphates ou sans phosphates du tout. Beaucoup de gros fabricants, comme Henkel, par exemple, ont depuis longtemps remplacé les phosphates par un agent purificateur plus écologique, mais aussi plus cher, la zéolite. Naturellement, cela aura des répercussions sur le prix de ses produits. D'un autre côté, les poudres à laver bon marché sont souvent, d'après des études réalisées par certains quotidiens, comme Mlada fronta Dnes, très peu efficaces même avec une forte teneur en phosphates. La norme adoptée par le ministère de l'Environnement tchèque est plus sévère que la norme européenne : interdiction de vente de produits contenant plus de 0,5 % de phosphates en Tchéquie contre 6,5 % en Europe.

Le ministre de l'Environnement Libor AmbrozekLe ministre de l'Environnement Libor Ambrozek Le ministre de l'Environnement est clair : « Le taux élevé de phosphates, donc de phosphore dans les eaux usées, est une des principales causes de la prolifération des algues qui envahissent le lac Macha ou le lac de barrage de Brno, tout comme de nombreux cours d'eau, les rendant impropres à la baignade ou autres activités de loisirs. » La Tchéquie suit donc l'orientation adoptée par d'autres pays comme la France, l'Allemagne ou l'Italie en matière de protection de l'environnement. Le ministre Ambrozek regrette une chose. L'interdiction des phosphates dans les poudres à laver ne peut être appliquée aux tablettes utilisées dans les laves-vaisselles. Ces dernières polluent aussi fortement les eaux usées, mais pour leur fabrication, il n'existe pas encore d'alternatives aux phosphates.

Foot : Lustrinelli, un Suisse au Sparta

21-02-2006 15:14 | Guillaume Narguet

En choisissant de rejoindre le Sparta Prague durant le mercato d'hiver, l'attaquant international suisse Mauro Lustrinelli a surpris plus d'un observateur dans son pays et en République tchèque. Samedi, l'ancien avant-centre du FC Thoune a disputé son premier match en championnat sous son nouveau maillot. Malgré ce renfort et le soutien de ses 15 000 supporters, le champion en titre s'est pourtant incliné face au leader, le Slovan Liberec (1-2). Mais pour Lustrinelli, cette première n'a été qu'à moitié ratée, car c'est lui qui fut l'auteur du seul but de son équipe. Et le public de Letna, le stade du plus prestigieux des clubs tchèques, n'a pas tardé à adopter celui qu'il surnomme déjà « Lustrigol ».

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Mauro Lustrinelli, photo: www.sparta.czMauro Lustrinelli, photo: www.sparta.cz Un accueil qui a enchanté ce dernier, même s'il ne lui a pas fait oublier la déception de la défaite :

« C'était magnifique. Tous les fans nous ont supportés pendant quatre-vingt-dix minutes. C'est aussi pour cela que c'est dommage que nous n'ayons pas gagné ce match de reprise très spécial. Mais il faut accepter le résultat. La déception reste, car c'est quand même nous qui avons « fait le match » tandis que Liberec a pris les points, mais il faut garder les choses positives pour progresser. »

Pour être venu à Prague à l'automne dernier avec le FC Thoune pour affronter le Sparta lors de la phase de poules en Ligue des champions, l'ancien Tessinois savait dans quelle ville il mettait les pieds :

« Ici, il y a toujours beaucoup de choses à faire. Dès que nous avons un peu de temps libre, je m'efforce d'aller en ville. Prague est vraiment très jolie, simplement, pour l'instant, je n'ai pas encore eu beaucoup l'opportunité d'alller visiter, mais cela viendra. »

En signant un contrat de deux ans et demi avec le club tchèque sacré trente-deux fois champion, Lustrinelli a choisi un club situé sur la carte de l'Europe du football à l'Est, alors que la grande majorité de ses compatriotes évoluent généralement en Allemagne, en France ou en Angleterre. Pourtant, lorsqu'on lui demande pourquoi il a choisi le Sparta, Mauro fait mine de s'étonner :

Sparta Prague - Slovan Liberec, photo: www.sparta.czSparta Prague - Slovan Liberec, photo: www.sparta.cz « Mais c'est très simple ! Les dirigeants du Sparta ont fait une proposition à Thoune et de mon côté, j'avais envie et besoin de quelque chose d'autre, d'une nouvelle aventure et d'une nouvelle expérience. Alors, nous avons discuté et nous avons rapidement trouvé un langage commun. Et aujourd'hui, je suis très content, honoré et fier d'être ici. »

Surtout, à quelques mois de la Coupe du monde, Mauro Lustrinelli non seulement ne craint pas que l'orientation pour le moins originale donnée à sa carrière puisse l'éloigner de la sélection helévétique, mais il est même convaincu que ses buts pour le Sparta renforceront ses chances de faire partie du groupe pour l'Allemagne :

« Bien entendu, j'en ai parlé avec Kobi Kühn, l'entraîneur de la sélection. Il m'a dit que pour lui, ce n'était vraiment pas un problème. D'ailleurs, je viens de recevoir une convocation pour le match contre l'Ecosse le 1er mars. De toute façon, je crois que si je joue bien ici, j'aurai encore plus de chances de faire quelque chose de bon à la Coupe du monde. Et ça, c'est ce que je veux ! »

Enfin, l'idée que ses partenaires en sélection puissent gentiment se moquer de lui le fait plutôt sourire :

« Non, non ! (il se marre un peu) Je suis tout à fait sûr que quand je vais retrouver mes coéquipiers, tout le monde va être très curieux et me demander comment cela se passe ici. C'est normal, je suis le premier. Croyez-moi, je suis très fier d'être ici et je crois que nous pouvons faire quelque chose d'important. »

Et si quelques buts pouvaient s'ajouter à sa fierté et son bonheur d'être au Sparta, alors Mauro Lustrinelli pourrait bien vite devenir la coqueluche du public pragois.

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