Faits et événements Sport: les mondiaux d'Helsinki rappellent les heures de gloire de l'athlétisme tchécoslovaque
Dès samedi tous les regards seront tournés vers la Finlande et sa capitale, Helsinki, où se dérouleront pendant une dizaine de jours les championnats du monde d'athlétisme. Le stade d'Helsinki est quasiment devenu un monument historique en République tchèque.
Emile Zatopek
C'est dans ce stade qu'Emile Zatopek remporta trois médailles d'or au JO
de
1952, sur 5000m et 10000m, mais surtout au terme d'un marathon qui a
marqué
l'histoire du sport, sous les yeux des commentateurs de la radio
tchécoslovaque que vous venez d'entendre. Son épouse, Dana Zatopkova, y
décrochera également l'or au javelot.
31 ans plus tard, toujours dans ce même stade d'Helsinki, la chance va de nouveau sourire aux athlètes tchécoslovaques lors des championnats du monde de 1983: ce sera l'heure du « show Kratochvilova ». Jarmila Kratochvilova permettra à son pays de terminer au quatrième rang de la compétition, derrière l'URSS, la RDA, et les USA. Le record qu'elle établit alors sur 800m est l'un des rares à ne jamais avoir été battu.
Alors à la veille des mondiaux qui se déroulent dans un lieu aussi symbolique pour le sport national, quelles sont les chances des Tchèques cette année ?
Jaroslav Baba
Malgré la déception due à la non-participation du maître du javelot Jan
Zelezny, la presse sportive reste enthousiaste et consacre une large place
au « dieu du stade » Roman Sebrle, décathlonien hors-norme médaillé d'or
aux derniers jeux d'Athènes. A ses côtés, un jeune homme pourtant déjà
très expérimenté et lui aussi médaillé en Grèce, Jaroslav Baba, 20 ans,
qui avait réussi à se hisser à la troisième marche du podium du concours
du saut en hauteur. Baba arrive en Finlande en très grande forme, après
avoir notamment passé le mois dernier une barre à 2,36m lors du meeting de
Rome.
Autre grand espoir tchèque à Helsinki : le disque féminin, avec Vera Cechlova-Pospisilova. Quatrième à Athènes, cette impressionnante athlète de 26 ans arrive en Finlande avec un moral d'acier. Cette saison, elle a déjà battu la championne olympique, la Russe Natalya Sadova. Sa motivation ? La promesse faite par son mari de lui acheter un chien...
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Vlasta Formankova nommée juge de la Cour constitutionnelle
Le président de la République Vaclav Klaus vient de nommer un nouveau juge de la Cour constitutionnelle. Il s'agit de Vlasta Formankova, une juge dont la carrière professionnelle n'est pas sans tâche.
Vlasta Formankova, photo: CTK
Il va de soi qu'un juge de la Cour constitutionnelle devrait être une
personne irréprochable dont l'intégrité n'éveille pas de doutes. Ce n'est
pas tout à fait le cas de Vlasta Formankova. D'ailleurs elle avoue,
elle-même, avoir fait "une erreur". Il y a 26 ans, donc sous le
communisme, elle a condamné à dix mois de prison un aubergiste pour des
propos irrespectueux à l'adresse de membres du Parti communiste. C'est à
cause d'elle que l'aubergiste Jan Cermak a passé finalement cinq mois en
prison. En 1990, après la chute du régime arbitraire, il a été réhabilité
à titre posthume et le tribunal a constaté que même sous le communisme et
avec les lois en vigueur à cette époque-là, le comportement de Cermak ne
pouvait pas être qualifié d'infraction à la loi.
Selon Vlasta Formankova, le verdict en question a été cependant exceptionnel dans sa carrière : " Comme je n'ai jamais été membre d'un parti, et dans la période avant 1989 j'ai été l'unique juge pénal sans parti de la Cour régionale de la ville de Plzen, on ne me confiait jamais des affaires politiques."
Président du Sénat Premysl Sobotka
La candidature de Vlasta Formankova a été l'objet, jeudi, d'un débat
houleux au Sénat, chambre haute du parlement tchèque. Finalement le Sénat
a appuyé cette candidature, à une majorité serrée, malgré les objections
des sénateurs qui reprochaient à la candidate non seulement son verdict
contre Jan Cermak, mais mettaient en cause aussi son impartialité
politique. La presse s'interroge sur les compétences de la nouvelle juge
de la Cour constitutionnelle présentée souvent comme une brillante
juriste.
Cependant, selon le journal Mlada fronta Dnes, Vlasta Formankova ne s'est jusqu'à présent pas exprimée sur des problèmes constitutionnels, sur des projets d'amendements de la Constitution et n'écrit pas dans la presse spécialisée. L'impression qui se dégage donc de l'ensemble de sa carrière serait plutôt terne. Cela n'a pourtant pas découragé ses partisans dont le président du Sénat, Premysl Sobotka, du Parti civique démocrate (ODS), formation principale de l'opposition. "Les raisons du soutien de la candidature de Vlasta Formankova? Il faut que nous sachions évaluer ce que les gens savent faire. (...) Moi aussi je considère qu'il y a une petite tâche sur la réputation de Vlasta Formankova, mais je suis quand même content du dénouement de cette affaire."
A noter que c'est surtout grâce au soutien des sénateurs de l'ODS que la candidature de Vlasta Formankova a été finalement approuvée par le Sénat.
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Des cours de langue en Tchéquie pour les personnes aux origines tchèques
Selon les chiffres dont dispose le ministère des Affaires étrangères, environ deux millions de Tchèques ou personnes d'origine tchèque vivent à l'étranger, dispersés sur les cinq continents de la planète. 7000 d'entre eux se trouvent actuellement en France. Un chiffre relativement important si l'on tient compte du fait que la population totale du pays intra muros s'élève à peine à un peu plus de 10 millions d'habitants. Afin que tous ces exilés, expatriés, enfants, petits-enfants, voire parfois arrières petits-enfants de parents tchèques n'oublient pas leurs origines ou renouent avec celles-ci, le ministère des Affaires étrangères finance, chaque été, des cours de langue et de civilisation tchèques destinés à une soixantaine d'étudiants de toute génération sélectionnés sur dossier. Le riche programme d'enseignement, composé de cinq heures de cours quotidiennes mais aussi d'excursions et de bien d'autres activités culturelles encore, est préparé par l'Institut pour la préparation linguistique et professionnelle de l'Université Charles. Nous nous sommes donc rendus sur les lieux, à Dobruska, en Bohême de l'Est, à 150 kilomètres de Prague, pour rencontrer quelques-uns des rares étudiants francophones présents, parmi lesquels Veronika Legrand, une sexagénaire roumaine de Timisoara aux origines tchéco-françaises :
Vous pourrez entendre un plus long reportage sur les cours de langue pour les personnes aux origines tchèques vivant à l'étranger organisés à Dobruska, en Bohême de l'Est, ce week-end dans la rubrique « Le Tchèque du bout de la langue ».
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Hommage au cardinal Frantisek Tomasek, figure de la Révolution de velours
C'est dans la cathédrale Saint-Guy, au Château, que les Pragois ont rendu hommage vendredi au cardinal Frantisek Tomasek, disparu le 6 août 1992. La personnalité de cet homme de foi disparu il y a treize ans a été reconnue et admirée au-delà du cadre de l'Eglise. Il a tenu tête au régime communiste, sans jamais se laisser briser, malgré trois années de prison et de travaux forcés, et malgré toutes les pressions exercées sur lui par les autorités.
Cardinal Frantisek Tomasek en novembre 1989
On écoute celui qui a pris sa succession au début des années 90, le
cardinal Miloslav Vlk :
« Le cardinal Tomasek, mon prédécesseur, était un homme qui se distinguait par son courage. Et même si le régime a tenté de l'isoler, de lui faire comprendre qu'il était un général sans armée, le cardinal Tomasek n'a jamais abandonné, il a combattu pour la liberté de tous ».
L'ancien ministre français des Affaires étrangères, Roland Dumas, s'est rendu à Prague à la fin des années 80, avant la chute du régime. Il a eu lui aussi l'occasion de rencontrer ce personnage hors du commun :
Roland Dumas
« Lorsque je suis venu ici la première fois, avant le premier voyage
officiel de François Mitterrand, j'ai été reçu par le cardinal Tomasek,
qui était un personnage très haut en couleurs, non seulement parce qu'il
avait le visage coloré mais aussi parce qu'il était sympathique dans son
propos. Il mélangeait des phrases d'allemand avec du français et gardait
une lucidité incroyable à plus de 90 ans. Il s'exprimait très bien et
accompagnait généralement ses propos - qui étaient un tout petit peu
séditieux - de gestes. Quand on lui demandait si on pouvait parler
librement, il disait "Ja", mais faisait un geste de la main qui
signifiait "faîtes attention". En sa présence, on était vraiment
impressionné. »
« En ce moment crucial de combat pour la vérité et la justice dans notre pays, moi et l'Eglise catholique dans son ensemble sommes du côté de la nation » : cette phrase fut prononcée dans la cathédrale Saint-Guy par le cardinal Tomasek durant les journées historiques de novembre 1989. Il s'éteindra trois ans plus tard, en août 1992, à l'âge de 93 ans.
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