Faits et événements Beaucoup de bruit autour de la CzechTek 2005

03-08-2005 14:34 | Alexis Rosenzweig

Trois jours après l'intervention de la police anti-émeute contre les participants au festival techno CzechTek, la polémique se poursuit. Ce mercredi, une nouvelle manifestation a été organisée à Prague devant le ministère de l'Intérieur. Tout le monde en parle, tout le monde prend partie. Même Vaclav Havel s'est invité dans le débat en proposant de servir de médiateur entre autorités et organisateurs.

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Strahov, photo: CTKStrahov, photo: CTK En attendant la manifestation, des centaines « teufeurs » s'étaient repliés dans le quartier de Strahov, sur les hauteurs de la capitale. Ceux qui restent sont en grande majorité venus de l'étranger, et notamment de France :

« On a assisté de loin aux affrontements... Un mouvement de panique, de foule, puis des gens amochés. »

« Moi, j'ai pris un coup de matraque. A la base on était pacifistes, on regardait sans rien faire, sans rien balancer, jusqu'à ce qu'une voiture de police rentre dans un groupe et qu'un mec passe sous une bagnole. Ca nous a mis en rage, et là on a mis le bordel, c'est clair. »

« Nous protestons contre la brutalité exercée sur nos amis. Nous sommes ici pour avoir la possibilité de partager entre les nations, et pas seulement de la musique. A cause des médias, les teufs techno c'est devenu n'importe quoi. Y a plus de respect chez les jeunes, c'est n'importe quoi. Nous ça fait longtemps qu'on fait des teufs, on sait ranger les choses, on nettoie tout. »

Strahov, photo: CTKStrahov, photo: CTK « Avant, pour tous les teufeurs c'était le paradis ici. Toutes les tribus françaises et européennes venaient en Tchéquie parce qu'il y avait ce gros Teknival. Maintenant c'est fini ; si ça se passe comme ça s'est passé cette année, c'est fini. Le mouvement est parti de l'Ouest et il ira le plus loin possible dans l'Est, en Roumanie, Bulgarie... »

A noter que sur les huit personnes inculpées après les heurts avec les forces de l'ordre, deux sont des ressortissants français. Le Premier ministre Jiri Paroubek a par ailleurs décidé de se rendre mercredi sur les lieux des affrontements, qui ont fait environ 80 blessés.

Libuse Barkova, fraudeuse ou victime d'une conspiration?

03-08-2005 14:34 | Václav Richter

"La justice est parfois aveugle," déclare Libuse Barkova, une femme d'affaires tchèque qui vient d'être condamnée par la Cour municipale de Prague à cinq ans de prison pour fraude à l'assurance. Son procès a été très suivi car il ne manque pas de connotations politiques.

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Libuse Barkova, photo: CTKLibuse Barkova, photo: CTK "Je ne crois pas que je puisse finir en prison. Je suis innocente", affirme Libuse Barkova, 41 ans, divorcée et mère de trois enfants. Déjà avant son procès, elle était bien connue des lecteurs des journaux tchèques. La presse a commencé à s'intéresser à ses activités en début d'année lorsqu'il s'est avéré qu'elle était amie de Sarka Grossova, l'épouse du Premier ministre Stanislav Gross. Les deux femmes entreprenantes avaient décidé d'investir ensemble dans l'immobilier. Peu de temps après, la presse avait découvert que Libuse Barkova possédait à Prague un immeuble qu'elle louait à une maison close. Le scandale avait alors éclaboussé la famille de Stanislav Gross et accéléré la chute politique du Premier ministre contraint de démissionner tout en gardant cependant le poste de chef de la social-démocratie.

Au premier abord, la fraude à l'assurance pour laquelle Libuse Barkova vient d'être condamnée n'a rien à voir avec la politique. On lui reproche d'avoir fait des déclarations frauduleuses dans ses réclamations d'assurance concernant ses biens immobiliers dans le village de Buzice, en Bohême du Sud. La caisse d'assurances Kooperativa lui a payé presque 8 millions de couronnes, quelque 260 000 euros, pour un toit arraché par le vent et des maisons endommagées par la crue catastrophique de 2002. Selon la partie plaignante cependant, le toit aurait été enlevé sur la commande de Libuse Barkova elle-même et ses maisons se trouvaient à un endroit qui n'a pas été inondé.

Libuse Barkova refuse néanmoins de reconnaître le bien fondé de ces arguments :"Nous avons présenté une multitude de documents et de preuves, mais on ne les a pas pris en considération, on ne les a pas acceptés. Ce n'est pas juste. Lors d'un procès, on doit prendre en considération la partie plaignante mais aussi l'accusé. Les deux parties doivent avoir le droit de se défendre de la même façon. S'ils ont le droit de se défendre par tous les moyens et que nous, nous n'avons aucun moyen de nous défendre, alors je considère le jugement rendu comme injuste."

Libuse Barkova et l'avocat Vit Siroky (à droite), photo: CTKLibuse Barkova et l'avocat Vit Siroky (à droite), photo: CTK Et Libuse Barkova de conclure que son procès était une conspiration qui devait scandaliser la famille de Stanislav Gross et obliger ce dernier à démissionner. Selon l'avocat de Libuse Barkova, Vit Siroky, certaines circonstances inhabituelles confirmeraient ce soupçon. Il s'étonne notamment de la façon employée pour compléter le dossier et des preuves qu'on y trouvait : "C'est bizarre, les éléments du dossier ont été traités d'une façon très étrange. Il n'y avait que les preuves sur la culpabilité de ma cliente. D'autres documents ont disparu. Nous ne disposons donc que d'un fragment."

Libuse Barkova a tout de suite fait appel. Elle se prépare dès aujourd'hui à la suite du procès et a déjà engagé un deuxième avocat.

Les Tchèques peuvent désormais s'engager sans risque dans les armées étrangères

03-08-2005 14:34 | Guillaume Narguet

Les citoyens tchèques qui se sont engagés ou désirent s'engager dans une armée étrangère ou au sein de la Légion étrangère française sans la permission du président de la République ne risquent plus de peine de prison à leur retour au pays. C'est ce qu'a annoncé récemment le ministère de la Défense. « Le service dans une armée étrangère faisant partie de l'OTAN n'est plus considéré comme un acte délictueux », a confirmé son porte-parole, Andrej Cirtek, en faisant référence au nouvel amendement de la loi martiale entré en vigueur le 1er janvier.

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Jusqu'à la fin de l'année dernière, des peines privatives de liberté de trois à huit ans, voire dix en cas de menace pesant sur le pays, pouvaient être prononcées à l'égard de ceux qui faisaient abstraction de la législation. Désormais, les Tchèques peuvent donc rejoindre l'armée de leur choix, même si ceux s'étant mis au service des forces militaires d'un pays membre de l'OTAN restent susceptibles d'être rappelés au pays en cas de situation de crise. Précisions du porte-parole du ministère :

« S'il s'agit d'un citoyen tchèque en service dans une armée étrangère et que le pays se retrouve sous une quelconque menace, alors ce citoyen est susceptible d'être appelé à rejoindre notre armée. Néammoins, il faut également préciser que les décisions à prendre dans un tel cas dépendraient de la situation. Je pense qu'une guerre ou une situation de menace seraient des situations tellement exceptionnelles que les mesures à prendre au moment voulu sont impossibles à prévoir exactement aujourd'hui. »

Pour les Tchèques qui voudraient intégrer les rangs de l'armée d'un pays n'étant pas admis au sein l'OTAN, une autorisation spéciale délivrée par le président de la République reste toutefois nécessaire. Et comme le confirme Andrej Cirtek, l'accord du chef de l'Etat ne se résume pas à une simple formalité :

Andrej CirtekAndrej Cirtek « Ces demandes sont relativement rares et le président étudie donc attentivement chacune d'entre-elles car il n'est quand même pas courant qu'un citoyen tchèque veuille intégrer l'armée d'un autre Etat que celle de son pays dorigine. »

Par ailleurs, en dehors de quelques occasions exceptionnelles, le nouvel amendement ne s'applique pas aux étrangers qui désireraient s'engager dans l'Armée tchèque, comme l'explique Andrej Cirtek :

« La nouvelle loi martiale stipule qu'un citoyen originaire d'un pays membre de l'Alliance atlantique ne peut combattre dans l'Armée tchèque qu'en cas de situation de guerre ou de menace pesant sur le pays. Ceci dit, un soldat professionnel doit être de nationalité tchèque, c'est la condition de base. »

Selon des sources non-officielles et difficilement vérifiables, le nombre de tchèques servant actuellement dans des régiments étrangers s'éleverait à environ 200. En cas de situation de paix, la majorité des armées étrangères, tout comme la tchèque donc, font de la nationalité des soldats une condition sine qua non à l'intégration dans leurs rangs. La nouvelle loi tchèque pourrait donc avoir des retombées sur la Légion étrangère française où les origines des postulants nesont pas prises en compte.

Le projet tchèque des greffes de la cornée connaît du succès à Kaboul

03-08-2005 14:34 | Jaroslava Gissübelová

Le programme des greffes de la cornée lancé à la mi-juillet par le médecin tchèque Martin Filipec dans une clinique de Kaboul a déjà permis de restituer la vue à quinze patients.

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On parle de miracle en Afghanistan, un pays où les troubles de la vue liés à une grave sous-alimentation sont très répandus, mais où la greffe de la cornée n'avait jamais été réalisée jusqu'à présent. A l'origine du programme, il y avait la photo d'un petit garçon afghan aveugle, Adjamal, parue dans la presse tchèque. Le drame de ce garçon, maigre et démuni, a donné lieu à la naissance du projet des greffes de la cornée dont la clinique ophtalmologique pragoise Lexum et l'association civique Berkat sont les patrons.

Martin FilipecMartin Filipec Le médecin tchèque Martin Filipec et son collègue italien Claudio Caressi ont déposé leurs valises à Kaboul à la mi-juillet. Depuis, ils ont examiné plus d'une centaine de malades désireux d'avoir de « nouveaux yeux. » Leur nombre dépasse les possibilités de l'équipe tchéco-italienne. Le choix des patients dépend du diagnostic, affirme le docteur Filipec, selon qui la priorité est donnée aux enfants, aux jeunes et aux pères des familles nombreuses. A ce jour, quinze patients ont déjà subi une opération. Le plus jeune d'entre eux a été Tabasom, une fille de 4 ans qui souffrait depuis sa naissance de leucome et qui serait restée aveugle jusqu'à la fin de sa vie si une lentille spéciale ne lui avait été offerte par la clinique pragoise Lexum. Lexum a également offert à l'hôpital de Kaboul l'équipement nécessaire pour la réalisation des greffes.

Le docteur Martin Filipec, qui s'est déjà rendu au Kenya et au Venezuela pour soigner des mal-voyants, fait partager son expérience aux médecins de l'hôpital de Kaboul. Avec son assistance, deux patients ont ainsi été opérés par le directeur de l'hôpital. L'ophtalmologiste tchèque est également en train de former une équipe de quatre médecins afghans pour qu'ils puissent continuer le travail après son départ de Kaboul prévu pour la fin du mois d'août.

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