Faits et événements Deux regards sur la construction européenne

04-07-2005 14:30 | Alena Gebertová

Deux Prix Nobel français ont récemment séjourné à Prague. Alena Gebertova a profité de l'occasion pour leur demander quelle est leur attitude vis-à-vis des perspectives de la construction européenne et quelle importance ils attribuent à l'édification de l'espace européen commun, en matière de science notamment. M. Claude Cohen Tannoudji, Prix Nobel de physique :

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Claude Cohen TannoudjiClaude Cohen Tannoudji « Je pense qu´elle est essentielle, elle est décisive, parce que pour se comparer à un pays comme les Etats-Unis qui a un nombre d´universités de tout premier plan, il faut édifier ensemble l´espace scientifique européen. Je pense que si l´on prend l´ensemble des pays européens, dans la matière grise, l´Europe est comparable aux Etats-Unis, et si elle est bien gérée, alors elle peut l'égaler, voire lui être supérieure. »

Le professeur Jean-Marie Lehn, Prix Nobel de chimie, est plus catégorique encore:

« La construction européenne est pour moi plutôt une idée historique, une évolution historique importante, c'est un développement qui s'inscrit dans l'histoire, tout comme se sont construits les empires romains, égyptiens... L'Europe se fait avec une énorme différenc :, au lieu de faire parler les armes, elle est faite par les gens qui essaient de s'entendre. Pour cette raison, je regrette beaucoup ce que les Français ont voté, je crois qu'ils ont eu totalement tort et ils le regretteront... C'est un essai de réaliser ce que personne n'a encore jamais réalisé au monde... essayer de rassembler les gens de 25 pays qui, jadis, se sont combattus, se sont entretués pendant de longues années. C'est difficile, des gens avec des cultures, des langues, des habitudes différentes, c'est difficile, mais c'est d'autant plus intéressant... La recherche et la science n'ont pas de frontières. La science est universelle. C'est d'ailleurs la seule culture universelle. »

Jiri Dienstbier : « Les élites politiques européennes sont enfermées dans un ghetto et oublient de parler avec les gens »

04-07-2005 14:30 | Guillaume Narguet

Premier chef de la diplomatie tchécoslovaque après la chute du régime communiste en 1989 et avoir été l'un des leaders de la dissidence, Jiri Dienstbier a été décoré de la Légion d'honneur, la semaine dernière, à l'ambassade de France pour avoir consacré et même sacrifié une partie de sa vie à la lutte pour la liberté. A l'issue de la remise de la décoration, entre deux poignées de main et accolades de félicitations, Jiri Dienstbier, Européen convaincu et amoureux de la France, nous a dit ce qu'il pensait du « non » français lors du référendum pour la ratification de la Constitution européenne.

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Jiri DienstbierJiri Dienstbier Résumé : « Le problème est que les élites politiques ont disparu dans une sorte de ghetto et elles ont oublié de discuter avec les gens de leurs décisions. Par exemple, on ne devrait pas soumettre la question de la Constitution au référendum. Comment voulez-vous demander aux gens de voter « oui » ou « non » alors qu'il s'agit d'un document de 400 pages ? Cela est possible pour des questions comme l'élargissement ou la monnaie commune. Regardez aux Pays-Bas : les gens ont voté contre la Constitution parce qu'ils ne sont pas satisfaits avec l'euro. C'est la faute des politiciens. »

Un week-end de folie à Karlovy Vary...

04-07-2005 14:30 | Magdalena Segertová

La station thermale de Bohême de l'Ouest Karlovy Vary appartient cette semaine aux cinéastes et cinéphiles : elle est le théâtre du 40e Festival du Film de Karlovy Vary. Le présent et le passé de cette rencontre majeure du cinéma en Europe centrale avec Magdalena Segertova.

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Robert Redford, photo: CTKRobert Redford, photo: CTK Robert Redford, Sharon Stone et Liv Ullmann : Karlovy Vary vient de vivre un week-end de folie, en présence de trois plus grandes stars de cette 40e édition du festival. Et si Robert Redford, rayonnant lors de la conférence de presse, a fait part aux journalistes de son faible pour la bière tchèque, il a évoqué aussi la politique américaine ou encore ses attaches à la culture tchèque. Le lien entre la politique tchèque et l'art, symbolisé par Vaclav Havel, la paix dans le monde et son étonnant parcours artistique... tels étaient les fils conducteurs du discours qu'a prononcé Sharon Stone, après que lui fut remis le prix du festival, le Globe en cristal, et avant d'introduire la projection du film Broken Flowers de Jim Jarmusch, dans lequel elle joue un second rôle. Beaucoup plus avare de ses propos que Robert Redford et Liv Ullmann, Sharon Stone a tout de même bien profité de l'occasion pour poser devant les photographes sur le tapis rouge, et ce pas moins d'un quart d'heure, mais cinq minutes de moins quand même qu'à Cannes, auront remarqué les rabat-joie....

Les vedettes internationales ont toujours donné du lustre au festival de Karlovy Vary, même sous le communisme... Mais à l'époque, l'ambiance était tout autre, comme nous le raconte Eva Zaoralova, journaliste et actuelle directrice artistique du festival.

Les communistes tchèques lancent leur radio sur Internet

04-07-2005 14:30 | Alexis Rosenzweig

Radio Halo Futura, c'est le nom de la nouvelle radio du Parti Communiste de Bohême et de Moravie (KSCM), le premier parti politique tchèque à profiter de la nouvelle loi sur la communication audiovisuelle des formations politiques.

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Le président du parti Miroslav GrebenicekLe président du parti Miroslav Grebenicek Depuis l'année dernière et le vote d'un nouvel amendement adopté par les députés, les partis politiques représentés au Parlement ont, en effet, la possibilité de lancer des chaînes de radio ou de télévision pour diffuser leurs idées et programmes. Jusqu'ici, aucun d'entre eux n'avait profité de cette nouvelle législation - ce sont donc les communistes qui font figure de pionniers.

Un logo avec un phare et un slogan qui promet « un phare pour un futur différent », une équipe composée des rédacteurs de l'organe de presse du parti, Halo noviny, et voilà les communistes à la pointe du progrès, « bientôt prêts à diffuser vingt-quatre heures sur vingt-quatre » comme l'espère le directeur de ce nouveau projet, Milan Rokytka. Des infos, des chroniques, de la musique, bref un programme qui se veut généraliste, sans oublier les invités. Le premier d'entre eux, lors des essais de la radio samedi dernier, n'a pas vraiment créé la suprise - il s'agissait du président du parti, Miroslav Grebenicek.

La chanson populaire morave intitulée « J'ai planté un cerisier » pourrait devenir le jingle de la radio du PC tchèque qui a fait des cerises rouges son emblême. D'autres formations politiques pourraient suivre le modèle de cette radio qui a pour l'instant un budget annuel d'environ 3000 euros. Mais aucune d'entre elles ne possède la logistique et les effectifs qu'a le KSCM à sa disposition grâce à son quotidien Halo noviny, seul organe de presse partisan ayant survécu à la chute du régime communiste...

Pour l'heure, les responsables des principaux partis, dont le Premier ministre ou le président du Sénat, préfèrent utiliser les possibilités offertes par la chaîne parlementaire 24CZ pour répondre aux questions des citoyens-téléspectateurs.

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