Les Tchèques célèbres et moins célèbres Alois Haba
Le compositeur Alois Haba, artiste d'avant-garde, est le représentant de musique progressive, un genre tout à fait inhabituel. Dans la période de l'entre-deux guerres, il était déjà reconnu sur le plan international.
Alois Haba
Secrétaire et plus tard, membre honoraire de l'Association internationale
de musique contemporaine, il était également co-fondateur du Syndicat des
compositeurs tchèques, directeur de l'Opéra du 5 mai et il a participé à
la fondation de l'Association de protection des droits d'auteurs. Alois
Haba a donné avec succès des conférences en Europe et en Asie. Son système
de notation musicale a été repris par exemple au Liban. D'ailleurs, il a
été décoré par la Médaille d'or du mérite, remise par le président de la
République du Liban. Il est entre autre l'auteur d'une centaine de
compositions dans un système de tons absolument spécifiques, des opéras La
Mère (Matka), en quart de ton, La Nouvelle Terre (Nova Zeme) et Que ton
règne vienne (Prijd kralovstvi tve). Et bien évidemment il ne faut pas
omettre les morceaux d'orchestre, les travaux théoriques en quart de ton
et ses études, écrits et essais traduits en plusieurs langues.
Alois Haba
Alois Haba est né en 1893 à Vizovice, en Moravie, dans la famille d'un
pauvre paysan. La Moravie est une région où tout le monde sait danser,
chanter et souvent jouer au moins d'un instrument. La musique lui est donc
proche déjà au berceau. D'ailleurs, il joue dans l'orchestre folklorique de
son père accompagnant les danseurs et les chanteurs de la région. La
musique folklorique influencera énormément son travail de compositeur. A
l'initiative de sa mère, il part à Kromeriz pour étudier à l'Institut de
formation desenseignants. Son talent exceptionnel est découvert par le
professeur de musique Stanislav Sula, élève du célèbre compositeur
Vitezslav Novak. Ce sera justement Stanislav Sula qui suivra de près les
premiers essais en composition d'Alois Haba. Au cours de ses études à
Kromeriz, Alois Haba découvre pour la première fois les oeuvres de Bedrich
Smetana, d'Antonin Dvorak, des grands maîtres de la musique classique du
monde entier et le Philharmonique tchèque. Après avoir terminé ses études
à Kromeriz, Alois Haba obtient un poste d'instituteur à l'école primaire
de Bilovice, toujours en Moravie. Le jeune instituteur étudie la musique
en autodidacte, surtout la chanson et la musique folklorique. Mais, son
travail ne lui apporte pas de satisfaction véritable. Finalement, fin août
(1914) il décide de partir à Prague pour passer l'examen d'admission au
Conservatoire. Il est admis et étudie sous la direction du fameux
Vitezslav Novak. Ensuite, il poursuit son perfectionnement à Vienne, chez
Franz Schrecker, et à Berlin chez Ferrucci Busoni.
A l'époque, les jeunes musiciens d'avant-garde étaient contre les survivances des époques révolues. Mais, Alois Haba n'est pas partisan de concerts provocateurs à scandale comme ceux d'Arnold Schönberg, pionnier de la musique atonale. Contrairement à A. Schönberg, il opte surtout pour la liberté créative, pour une nouvelle technique. En 1920, A. Haba présente une nouveauté : un quatuor à cordes, opus 7, en quart de ton. C'est une idée révolutionnaire qui sera suivie même par A. Schönberg. Par l'étude approfondie de différents genres de musiques du monde entier et de groupes ethniques, A. Haba a pu certainement plus facilement comprendre le fond du système de tons et créer ainsi une base théorique de la musique en quart de ton.
Haba Quartet : Peter Zelienka, Sha Ye, Arnold Ilg et Hovhannes Mokatsian
La première de son opéra en quart de ton La Mère (Matka) a lieu En 1931, à
Münich et seize ans plus tard à Prague. Après la Seconde Guerre mondiale le
département de composition d'A. Haba est transféré à l'Académie de musique.
A côté de ses activités pédagogiques, le célèbre compositeur assume maintes
fonctions au sein de l'Association de protection des droits d'auteurs, du
Syndicat des compositeurs tchèques et la direction de l'Opéra du 5 mai.
Dans les années cinquante le Philharmonique tchèque joue La route de la
vie (Cesta zivota) avec un succès. Les oeuvres d'Alois Haba et de ses
disciples sont présentées aux festivals de l'Association internationale de
musique contemporaine et aux concerts de l'Association de la musique
moderne et de l'association Présent (Pritomnost).
Ce remarquable pédagogue et compositeur consacre les dernières années de
sa vie à la composition. Il est décédé le 18 novembre 1973 à Prague.