Faits et événements Un opéra sur la conquête du Mexique
Le samedi 12 mars aura lieu au Théâtre national de Prague la première mondiale de l'opéra Montezuma. Le projet vient d'être présenté à la presse par les institutions qui participent à cette grande coproduction internationale - le Théâtre national, l'Ambassade du Mexique, l'Institut italien et le Musée national de Prague.
Jozef Kundlák (Photo : CTK)
Le choc des civilisations, la culture des Aztèques et la conquête du
Mexique par l'armée de Hernan Cortés - tel est le sujet de l'opéra
Montezuma, écrit sur commande pour le Théâtre national de Prague par le
compositeur italien Lorenzo Ferrero. C'est la dixième oeuvre lyrique de
cet auteur qui considère l'opéra comme la meilleure forme du théâtre, un
genre qui a un grand potentiel pour s'adresser au spectateur contemporain.
L'opéra est conçu comme une vision onirique d'une femme de notre époque,
Marina, qui plonge en rêve au XVIe siècle, à l'époque de la conquête du
Mexique par l'armée espagnole et de la chute du souverain des Aztèques,
Montezuma.
Lorenzo Ferrero (Photo : CTK)
Pour caractériser ces personnages, le compositeur utilise de divers genres
musicaux. Lorenzo Ferrero : "D'abord il y a une femme de notre époque,
qui est une chanteuse de rock et de pop, ce n'est pas du tout une
cantatrice d'opéra. Elle dispose d'une forme de voix que nous pouvons
entendre aujourd'hui presque partout. Par contre, les personnages
historiques, ceux de Montezuma et de Cortes, sont des personnages d'opéra
ce qui ne veut pas dire seulement qu'ils chantent comme à l'opéra, mais
qui s'expriment par des airs, des scènes et des formes musicales qui sont
beaucoup plus près de l'opéra traditionnel. Tout est lié par l'utilisation
abondante de la musique symphonique qui occupe ici un espace beaucoup plus
grand qu'il est habituel à un opéra."
Ivan Kusnjer joue Hernán Cortés (Photo : CTK)
Bien que l'action de ce drame lyrique ne respecte pas exactement les
données historiques, le livret est basé sur des citations de documents et
d'oeuvres littéraires d'époque. Les personnages s'expriment dans leurs
langues maternelles et chantent donc en espagnol, en anglais et dans la
langue des Aztèques. Tout le spectacle est plein de mouvement. Nicholas
Muni, metteur en scène de l'opéra :
Nicholas Muni et Radka Fisarova (Photo : CTK)
"Dans notre production, on trouve beaucoup de mouvement et de rapides
changements de tableaux, ce qui rappelle le cinéma. Je pense que Lorenzo
Ferrero a admirablement exprimé, par sa musique, cette sensation onirique
du temps qui passe, de la fluidité des événements. D'une part, notre
production est donc très simple sinon minimaliste, d'autre part, elle est
aussi très complexe dans sa façon d'exprimer la succession des
événements."
Radka Fisarova joue Dona Marina (Photo : CTK)
A la même occasion, le musée Naprstek de Prague présente une petite
exposition d'objets illustrant la civilisation, la culture et la religion
des Aztèques.