Faits et événements Vitezslava Kapralova, une jeune femme dans le domaine des hommes

26-01-2005 | Václav Richter

Il y a 90 ans naissait à Brno, Vitezslava Kapralova, femme qui allait s'imposer dans un domaine habituellement réservé aux hommes. Elle allait devenir compositeur.

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Vitezslava KapralovaVitezslava Kapralova Tout était précoce dans la vie de Vitezslava, dite Vitka Kapralova. A cinq ans elle joue déjà avec son père du piano à quatre mains, à neuf ans elle signe sa première composition. Enfant, elle est souvent malade mais cela ne l'empêche pas de développer son talent avec une étonnante énergie. C'est contre la volonté de son père, compositeur lui aussi, qu'elle étudie la composition et la direction d'orchestre aux conservatoires de Brno et de Prague. Et c'est à 22 ans qu'elle dirige l'Orchestre philharmonique tchèque en interprétant La Sinfonietta militaire qu'elle a créée et dédiée au président Edvard Benes pour manifester son soutien à sa patrie menacée par le nazisme. Comme si elle savait qu'il ne lui restait que peu de temps.

En 1937, elle arrive à Paris. Elle y étudie avec Nadia Boulanger, Charles Münch mais surtout avec Bohuslav Martinu, le compositeur tchèque établi depuis quelque temps en France, marié et de vingt-cinq ans son aîné. Les rapports entre le compositeur déjà célèbre et la jeune adepte de l'art de la composition se transforment bientôt en une amitié profonde et en amour. Martinu ne sera d'ailleurs pas le seul à être sensible au charme de la jeune femme, fragile et capricieuse, mais aussi consciencieuse et persévérante. Plusieurs jeunes hommes, dont le jeune écrivain Jiri Mucha, fils du célèbre peintre Alphonse Mucha, tournent autour d'elle, semblables à des papillons attirés par sa flamme.

Vitezslava KapralovaVitezslava Kapralova Le lien qui unit Vitka à Martinu est cependant privilégié. Le compositeur l'appelle "Vitulka ou Pisnicka - Chansonnette", elle est sa muse mais aussi sa partenaire qui le comprend et est capable de faire fructifier ses leçons avec une maîtrise et une originalité étonnantes. Ils s'inspirent mutuellement, ils composent ensemble, ils s'aiment mais leur liaison est sans espoir. En avril 1940, Vitka, dont la santé se détériore subitement, épouse Jiri Mucha et fuit avec lui pour échapper à l'armée allemande qui va occuper Paris. Elle succombe à sa maladie, probablement la tuberculose, en juin de la même année à Montpellier, à l'âge de 25 ans.

Elle laisse plusieurs oeuvres qui témoignent de son talent exceptionnel : la Sinfonietta militaire, un quatuor à cordes qui, malgré sa parenté avec Janacek et Martinu, est une oeuvre mûre et accomplie, Préludes d'avril, un cycle de compositions pour piano d'une finesse et d'une sensibilité très particulières, Partita pour piano et orchestre à cordes et autres. Son souvenir restera gravé aussi dans l'âme de Bohuslav Martinu. C'est en pensant à elle qu'il composera sa cantate "Réveil des sources", oeuvre qui devait glorifier, selon ses propres termes, "le plateau Vysocina avec tous ses ruisseaux et ses fontaines dans une composition simple, pleine de voix d'enfants, de rires cristallins comme celui de Vitulka ..."

Le 60e anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz dans la presse tchèque

26-01-2005 | Guillaume Narguet

Les plus hauts dirigeants de 44 pays du monde se retrouvent, ce jeudi, à Auschwitz-Birkenau, en Pologne, à l'occasion du 60e anniversaire de la libération du plus grand camp d'extermination nazi. A la veille des cérémonies de commémoration, la presse tchèque a consacré une large place à l'événement. Résumé...

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Gerhard Schröder, photo: CTKGerhard Schröder, photo: CTK Les principaux quotidiens tchèques se posent avant tout la question de savoir si la tragédie de l'Holocauste pourrait se répéter un jour. Hospodarské noviny analyse le discours prononcé par Gerhard Schröder, mardi, à Berlin. Sur la scène du Deutsches Theater, le Chancelier allemand a évoqué la « responsabilité particulière » que portent les Allemands, tout en n'omettant pas de rappeler le devoir de mémoire auquel doivent s'astreindre tous les peuples. « Dans la vie de l'homme, la mémoire a un double rôle, note le journal économique pragois. L'oubli permet souvent de rendre cette vie supportable, mais ce qui reste dans la mémoire permet d'éviter de répéter les mêmes erreurs ». Le commentateur conclut en affirmant que l'Allemagne n'est pas la seule à devoir faire en sorte que le passé ne se reproduise plus. « Certes, ce sont les Allemands qui ont installé le nazisme au pouvoir avec leurs bulletins de vote et leur absence d'envie de se poser des questions et de savoir. Mais si le nazisme s'est déployé à l'ouest et à l'est, c'est par la faute de tous ceux qui ont conclu avec le régime des accords et des pactes ».

Auschwitz, 1945, photo: CTKAuschwitz, 1945, photo: CTK Mlada fronta Dnes réfute l'idée selon laquelle Auschwitz ne serait plus, aujourd'hui, qu'un chapitre clos de l'histoire. « C'est une erreur. Il n'y a pas de raison de croire que cela ne puisse pas se reproduire. L'Holocauste n'était pas une catastrophe naturelle. Ce sont les hommes qui l'ont inventé et les hommes ne changent pas », peut-on ainsi lire. Comme pour illustrer les propos de leurs confrères, Pravo rappelle que, vendredi, des députés appartenant au parti néonazi allemand NPD ont bruyamment perturbé la minute de silence que les élus du Parlement de Saxe voulaient respecter en hommage aux victimes du nazisme. « Comment cela est-il possible ? », s'interroge le journal, avant de constater amèrement que « ce sont 9 % des suffrages qui ont envoyé ces douze nazis au Parlement ». Comme si l'histoire était un éternel recommencement...

A la recherche de son identité juive

26-01-2005 | Alena Gebertová

L'holocauste... On en parle beaucoup, ces jours-ci, à l'occasion du 60ème anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz. Mais arrive-t-on toujours à trouver les mots justes ?... Tereza Rejskova, 23 ans, n'a pas connu ses grands-parents de leur vivant, bien qu'ils aient eu la chance d'avoir survécu à Auschwitz. Leur histoire, Tereza la connaît quand même...

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« Je connais leur histoire, parce que nous en parlons souvent, à la maison. En plus, je m'intéresse à l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, à tout ce qui concerne l'holocauste. Je lis beaucoup de livres consacrés à ce thème. On parle beaucoup de mes grands-parents. Ma mère est Juive et, aussi, mes grands-parents étaient Juifs. C'est grâce à maman que je sais beaucoup de choses, car elle n'a pas peur d'en parler. »

AuschwitzAuschwitz Tereza a visité le camp d'Auschwitz, il y a dix ans. Depuis, le thème de l'holocauste ne la quitte plus.

« Je le sens en effet partout. Je peux dire que nous connaissons beaucoup de gens qui sont Juifs ou bien qui ont des connexions ou des racines juives. Ainsi je rencontre souvent le thème de l'holocauste. Je veux parler de ça, mais parfois, c'est difficile voire impossible, pour eux... pas pour moi, car je suis curieuse. »

Et Tereza d'ajouter, en tchèque :

« L'holocauste joue également un rôle important dans la recherche de mon identité juive. C'était un événement tellement fort que, pour beaucoup de Juifs, il représente l'unique lien à leur identité juive. »

Protestations des exploitants et des syndicats forestiers

26-01-2005 | Alain Slivinský

Ce mardi, environ 3 000 représentants des syndicats et des exploitations forestières privées ont manifesté devant le ministère de l'Agriculture. La raison ? Les changements réalisés par le ministre de l'Agriculture, Jaroslav Palas, à la direction de l'entreprise publique des Forêts de la République tchèque.

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Le ministre de l'Agriculture Jaroslav Palas, photo: CTKLe ministre de l'Agriculture Jaroslav Palas, photo: CTK Il vient de limoger le directeur général et le président du conseil d'administration. Pourtant, cela n'est pas la raison de la colère des exploitants forestiers privés. Ce qui ne leur plait pas est ce que le ministre a déclaré, au début de sa rencontre avec les manifestants : « Je voudrais dire clairement que l'exploitation des 7 millions et demi de mètres cubes de bois, dans les forêts tchèques, vous sera toujours confiée. La seule chose que je ne permettrai pas, en tant que ministre de l'Agriculture, est que les énormes bénéfices de cette activité soient encaissés par les chefs des exploitations forestières privées, alors que l'entreprise des Forêts de la République tchèque accuse zéro de bénéfice ». Le ministre n'a pu continuer, car il s'est retrouvé sous une pluie de boules de neige, mais aussi d'oeufs pourris.

Photo:CTKPhoto:CTK Tout le problème réside dans le fait que l'entreprise publique des Forêts de la République tchèque est, certes, l'administrateur des forêts qui ne sont ni privées, ni domaniales. D'un autre côté, pour l'exploitation du bois, elle fait appel à des entreprises privées, sur la base de contrats, conclus jusqu'à maintenant, plutôt à l'amiable. Le ministère de l'Agriculture voudrait changer cette pratique : lancer des appels d'offres pour l'exploitation de sa propriété, en l'occurrence les bois et forêts tchèques, et assurer, ainsi, un bénéfice plus important à l'entreprise publique. Les exploitants forestiers protestent, car leurs contrats à long terme ont été résiliés. Ils menacent de poursuivre le ministère en justice. La plus grosse société forestière tchèque, CE WOOD, a décidé de passer outre. Elle continue ses activités sur la base de son contrat de l'année dernière.

L'entreprise publique des Forêts de la République tchèque administre la moitié, environ, des bois et forêts tchèques. Bénéfices, en dépit de ce qu'affirme le ministère : dans les 200 millions d'euros pas an.

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