Faits et événements Jiri Dedecek : Brel et moi, c'est une affaire de coeur
La sortie, la semaine dernière, du CD au titre franco-tchèque "Musime videt-Il nous faut regarder", signé Jiri Dedecek a été très remarquée par la critique.
Jiri Dedecek
Chanteur, auteur, compositeur et érudit amoureux de la
musique française, Jiri Dedecek y interprète les chansons de Jacques Brel,
ou plutôt ses versions tchèques de ces chansons. Aussi, elles ont donné
lieu à un récital que Jiri Dedecek présente, avec succès, sur plusieurs
scènes pragoises. Jiri Dedecek au micro de Guillaume Narguet.
"Brel, c'est une affaire de coeur pour moi... Tout avait commencé en 2002, lorsque la Délégation Wallonie-Bruxelles m'a demandé de traduire quelques chansons de Brel à l'occasion d'une exposition qui a été consacrée. Cela était une grande découverte pour moi, ses chansons m'ont beaucoup touché. Je me suis identifié à son univers. Quand je chante 'La chanson des vieux amants', par exemple, c'est comme si c'était une chanson à moi. Et le public réagit aussi très bien, quand je joue 'Les bourgeois', ils rigolent beaucoup."
Jacques Brel
Comment faire passer en tchèque le message de ses chansons, car ce sont
des textes particuliers, qui racontent son pays ?
"Si vous parlez, par exemple, de la chanson 'Le plat pays', c'est peut-être vrai, mais celle-là, je ne l'ai pas traduite. Justement, de son oeuvre, j'ai choisi les chansons que je qualifierais d'universelles, qui parlent à tout le monde, comme 'Les bourgeois' ou 'Les vieux'. Ce sont des sujets qui concernent tout un chacun. Dans ces cas-là, il est 'facile' de transmettre le message de Brel, c'est-à-dire qu'il faut bien traduire son texte et puis plus ou moins bien le chanter, avec une voix qui n'est pas celle de Brel, bien évidemment."
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Les Tchèques se réjouissent de la libération des journalistes français en Irak
"Heureuse fin du drame des journalistes en Irak", "Les otages français sont libres", titrent, ce mercredi, les quotidiens tchèques.
Christian Chesnot et Georges Malbrunot, photo : www.rfi.fr
En République tchèque aussi, la libération des journalistes
français Georges Malbrunot et Christian Chesnot, détenus depuis plus de
quatre mois en Irak, a été accueillie avec une joie sincère. Le milieu
journalistique a suivi le drame de ses confrères avec une attention
particulière : les souvenirs d'une semaine de captivité, en avril dernier,
en Irak, de deux reporters de la Radio et de la Télévision tchèques et d'un
cameraman, sont encore frais. Il y a deux mois, alors que les deux Français
étaient encore retenus en Irak, l'ex-otage de la Radio tchèque, Vit
Pohanka, a parlé de ses sentiments sur leur situation à Alexis Rosenzweig.
Vit Pohanka
"Personnellement, quand je pense à Christian Chesnot Georges
Malbrunot, il suffit que je lise quelque chose sur leur situation pour
ressentir même physiquement un certain malaise. Ils sont peut-être retenus
seulement dans le but, pour les ravisseurs, d'avoir l'occasion d'exercer
une pression et peut-être même dans le but de se faire de l'argent. C'est
doublement injuste dans leur cas : nous savons, et les Irakiens aussi le
savent, quelle a été la position de la France contre l'invasion en
Irak."
Mais enfin, Vit Pohanka a constaté que le fait que Ch. Chesnot et G. Malbrunot soient de nationalité française était un facteur positif.
"Je pense que cela joue certainement en leur faveur. Dans notre cas, malgré le fait que les ravisseurs connaissaient vaguement la Tchécoslovaquie, et pas la République tchèque, ils ignoraient la présence des policiers militaires tchèques sur le sol irakien. Heureusement, nos policiers étaient stationnés dans le sud, près de Bassorah, et nous étions, comme nos collègues français apparemment, près de Fallouja. Je crois que s'ils n'étaient pas Français, leur sort aurait déjà été celui subi par les derniers otages assassinés."
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Mise en liberté de « l'assassin de la Spartakiade »
Jiri Straka, trois meurtres, deux tentatives de meurtre, viols, vol à main armée. La justice tchèque vient de décider de le remettre en liberté. Pour quelles raisons ?
Jiri Straka, photo: CTK
Jiri Straka avait seize ans, en 1985. C'était l'année de la Spartakiade, la
grande fête gymnique tchécoslovaque, du temps du régime communiste. C'est
au printemps de cette année, que le jeune adolescent a commis ses atroces
crimes. En 68 jours, ou plutôt nuits, il a agressé huit femmes, pour les
dévaliser au début, ensuite les violer et, à la fin en assassiner trois.
C'est pour cette raison qu'il a reçu le surnom « d'assassin de la
Spartakiade ». Pendant l'instruction et le procès, les experts ont
démontré qu'il s'agissait d'un sadique qui ne pouvait être guéri. Il fut
condamné à 10 années de réclusion criminelle, seulement, car il était
mineur. Après neuf années de prison et dix autres années passées dans un
hôpital psychiatrique, la cour d'Ostrava, en Moravie du nord, vient de
décider de sa remise en liberté, sur la recommandation des médecins. Le
verdict a suscité une grande attention de la part des médias, mais surtout
des familles des victimes, des experts en psychiatrie et sexologie
criminelle et des policiers qui ont mené l'enquête. Certains médecins
affirment que Jiri Straka est guéri, qu'il a subi une castration et un
traitement destiné à freiner ses impulsions sexuelles. Pour eux, il est
inutile qu'il reste enfermé dans un établissement, d'où des sorties lui
sont, d'ailleurs, permises. Libre, il continuera à être suivi par les
services psychiatriques. Petr Weiss, sexologue et psychologue renommé,
affirme qu'il y a très peu de chance qu'il renouvelle ses actes.
Jiri Straka, photo: CTK
« D'après les dernières études, il apparaît que seulement 17 % des
déviants sexuels récidivent. Cela veut dire ceux qui ont subi un
traitement, mais répètent leur acte. J'insiste sur le fait que parmi les
déviants qui ont subi un traitement et une castration, il n'y a jamais eu
de récidive ».
Jiri Straka pense s'établir chez ses parents, dans la région des monts Jeseniky, où ils ont déménagé de Prague, après l'affaire de leur fils. Les habitants de la commune de Velke Losiny, où ils habitent, déclarent avoir peur de vivre dans le voisinage de « l'assassin de la Spartakiade », même si les experts affirment qu'il est guéri. Pour le policier Jiri Markovic, qui a arrêté Jiri Straka, les maniaques sexuels de son genre, même après avoir été castrés, peuvent récidiver. Lui-même se souvient de deux cas, dans les années soixante-dix du siècle dernier. Pour les proches des victimes, « l'assassin de la Spartakiade devait rester toute sa vie derrière les barreaux ».
Professionnalisation de l'Armée tchèque : la quille pour les derniers appelés
Finie la corvée de patates et le lit au carré ! Les derniers appelés du service militaire ont quité les casernes ce mercredi. Désormais, la République tchèque est l'un des premiers pays d'Europe centrale et orientale, avec la Hongrie, à disposer d'une armée entièrement professionnelle.
Les derniers appelés du service militaire, photo: CTK
« Nous ne pouvons pas dire qu'à partir du 1er janvier 2005, nous
serons une
armée de professionnels et que nous serons complètement prêts. Ce n'est
pas
vrai. » C'est avec des propos teintés de prudence et de réalisme que
le
général Josef Sedlak, commandant en chef des Forces Armées, a réagi à la
fin effective du service militaire obligatoire. Selon lui, la libération
des conscrits de l'Armée tchèque est l'unique raison qui permette
d'affirmer que celle-ci est aujourd'hui totalement professionnelle.
146 ans après son introduction ordonnée, en 1858, par l'empereur d'Autriche et roi de Hongrie François-Joseph 1er, et cinq ans après son entrée dans l'OTAN, la République tchèque est cependant le neuvième pays européen, depuis la Grande-Bretagne en 1962, à restructurer son armée pour en faire un corps de métier. Le développement de systèmes technologiques toujours plus pointus, pour l'emploi desquels une formation de douze mois ne suffit plus, la réduction des effectifs pour des raisons budgétaires, et enfin sa spécialisation au sein de l'Alliance atlantique dans la lutte contre les armes de destruction massive, la médecine militaire et les systèmes d'observation et de détection passive sont les trois principales raisons du changement de nature de l'Armée tchèque. Celle-ci sera désormais composée d'environ 22 000 militaires et 20 000 autres employés civils, alors qu'ils ont été jusqu'à 300 000 soldats en pleine période de Guerre froide.
Karel Kühnl avec les derniers appelés du service militaire, photo: CTK
Mardi, c'est à Strakonice, en Bohême du sud, que le ministre de la
Défense, Karel Kühnl, s'est rendu pour passer en revue et saluer la
dernière unité s'apprêtant à rejoindre la vie civile. « Je ne devrais
pas
ressentir de plaisir que des soldats quittent l'armée, mais pourtant, j'en
ressens. Le service national obligatoire, qui avait été instauré sous
domination autrichienne, se termine. Et je dois avouer que dans ce sens,
je suis satisfait que nous précédions les Autrichiens », a-t-il
déclaré
pour l'occasion.
Si l'Etat, l'Armée et les jeunes hommes tchèques ont donc toutes les raisons d'être satisfaits de cette évolution, en revanche, certains centres d'aide sociale et autres établissements de santé, comme les hôpitaux, regrettent déjà le précieux travail de fourmi de tous les volontaires qui préféraient effectuer un service civil plutôt que militaire. Car si la fin du service national signifie bien la disparition du service militaire, elle entraîne également celle du service civil.
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