Faits et événements Yasser Arafat - passé et présent des relations du « rais » défunt avec Prague

11-11-2004 | Alain Slivinský

Le leader de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, vient de décéder à Paris. Présenter cette personnalité, très controversé dans le monde, serait bien inutile. Nous nous sommes intéressés à ses relations avec la Tchéquie et l'ancienne Tchécoslovaquie.

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Yasser Arafat, photo: CTKYasser Arafat, photo: CTK Pas besoin de voir le visage, d'entendre la voix : il suffisait de voir une tête sumontée d'un keffieh à damier noir et blanc, portée par un personnage en treillis kaki, pour savoir qu'il s'agissait de Yasser Arafat, le leader des Palestiniens. Pendant la guerre froide, Yasser Arafat entretenait de très bons contacts avec les pays du bloc soviétique. Il est venu souvent en Tchécoslovaquie et à Prague. La capitale tchèque est, justement, très étroitement liée à l'image que nous avons de Yasser Arafat, plus exactement à son couvre-chef. On était en août 1956, et Prague était l'hôte de la réunion de l'Union internationale des étudiants (où elle possédait son siège). Arafat était présent, continuant encore des études de génie civil à l'université du Caire, mais était aussi déjà très actif dans les milieux politiques palestiniens. Et son keffieh, encore d'un blanc immaculé, ce fut à Prague qu'il le porta pour la première fois, en tant que symbole politique. Il suscita une grande attention et, l'année suivante, le keffieh coiffait les têtes de ses collègues palestiniens, lors de la réunion estudiantine. Du blanc, il passa au damier noir et blanc. Les visites de Yasser Arafat à Prague furent nombreuses (une dizaine). En effet, le régime communiste soutenait logistiquement, mais aussi matériellement, les « mouvements de libération nationale », très souvent forts proches d'organisations terroristes, même comme le Fatah, par exemple. Il parraît que la police secrète communiste, la StB, déjoua une tentative d'attentat contre Arafat, lors de son séjour à Prague, en 1983.

Palestine, photo: CTKPalestine, photo: CTK Le « rais » est venu en Tchécoslovaquie pour la dernière fois, en 1990, après la chute du communisme. Il fut reçu par le président de la République Vaclav Havel. Ce dernier rencontra, encore une fois le leader palestinien, lors d'un voyage au Proche-Orient, en 1997. En ce temps-là, Arafat n'était plus considéré comme un terroriste mais, Prix Nobel de la Paix en 1994, conjointement avec le Premier ministre israelien, Ytzhak Rabin, et le ministre des Affaires étrangères, Shimon Peres, « pour leur efforts en vue d'aboutir à la paix au Proche-Orient », il était devenu le plus haut représentant officiel palestinien... Elu président de l'Autorité palestinienne en 1996. Arafat a disparu, et avec lui une page de l'histoire a été tournée, sans apporter ce que le « rais » et le monde espérait : la paix au Proche-Orient. A ses obsèques, en Egypte, la République tchèque sera réprésentée par le ministre des Affaires étrangères.

Prague soutient Ankara pour l'ouverture de négociations avec l'UE

11-11-2004 | Alexis Rosenzweig

Le gouvernement tchèque a décidé, mercredi, de soutenir l'ouverture des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Tout comme la Commission européenne, qui a recommandé cette ouverture en décembre dernier, le cabinet de centre-gauche de Stanislav Gross a souligné qu'Ankara devrait remplir toutes les conditions d'adhésion. L'ouverture de telles négociations n'engendre pas automatiquement l'adhésion, a ajouté le Premier ministre, qui défendra la position tchèque, lors du prochain sommet de l'UE le mois prochain, un sommet au terme duquel la décision finale des 25 doit être prise.

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Photo: CTKPhoto: CTK Pour l'heure, le débat sur l'entrée de la Turquie dans l'UE n'a pas vraiment animé la scène politique tchèque, et seules quelques voix discordantes se sont faites entendre. Josef Zieleniec, député européen élu sur la liste des libéraux du SNK, a été l'un des rares à s'élever contre la prise de position du gouvernement. Je vous propose d'écouter Jana Hybaskova, elle aussi euro-député, élue sur la même liste du SNK, mais qui a une opinion totalement différente. Elle vient justement de discuter du sujet, à Bruxelles, avec Vladimir Spidla, eurocommissaire tchèque, et Josef Zieleniec :

« M. Zieleniec nous a indiqué qu'il était vigoureusement opposé à la position adoptée par le gouvernement, car d'après certains documents qu'il a pu obtenir du ministère des Affaires étrangères, la raison principale reste le souhait de surmonter les problèmes liés aux différences culturelles. Personnellement, je suis favorable à l'ouverture de ces négociations parce que si les critères fixés par l'UE, que nous avons dû nous aussi remplir, sont atteints par la Turquie, alors il n'y a aucune raison de ne pas entamer ces négociations. D'après moi, c'est à nous, qui représentons les nouveaux pays, de partager notre expérience avec les autres pays. »

L'appel du reporter Jaromir Stetina pour la libération d'une jeune slovaque enlevée dans le Caucase

11-11-2004 | Anna Kubišta

Les enlèvements de journalistes ou de travailleurs humanitaires sont devenus d'une dramatique banalité à travers le monde. Pourtant, certains sont plus médiatisés que d'autres : dans le cas de Miriam Jevikova, jeune Slovaque enlevée dans le Caucase, le reporter tchèque Jaromir Stetina a décidé de réveiller des hommes politiques muets et une société impassible.

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Miriam JevikovaMiriam Jevikova Une jeune femme oubliée au beau milieu d'un conflit oublié, une guerre dont on prononce trop rarement le nom : Miriam Jevikova, une étudiante slovaque de 28 ans, résidente en République tchèque et membre d'une organisation humanitaire tchèque, a disparu début juin, en Ingouchie, dans le Nord du Caucase. La jeune étudiante, qui parle le russe couramment, se trouvait dans la région dans le cadre d'un séjour d'échange entre travailleurs humanitaires de l'Organisation pour l'aide aux réfugiés. Tout particulièrement sensible aux conflits persistants dans la poudrière caucasienne, elle voulait rendre visite à des amis en Ingouchie. Partie de Vladikavkaz, elle devait rejoindre un ami qui l'attendait dans la ville de Nazran, mais jamais elle n'est arrivée au rendez-vous. Les dernières nouvelles de Miriam ? Un sms avec le message suivant : « Ça fait deux heures qu'on me traîne à travers champs ». Et un appel anonyme en juillet réclamant un million de dollars, réitéré à deux reprises dans le mois. Depuis, silence radio.

Devant l'immobilisme et l'inaction des autorités slovaques et tchèques, qui justifient leur silence par leur action secrète et une nécessité de protéger Miriam en ne laissant rien filter, Jaromir Stetina, grand correspondant de guerre, écrivain, et dont l'étudiante suivait les cours à l'Université Charles, a décidé, il y a un mois, de lancer une pétition adressée en premier lieu au président tchèque. A ce jour, le nombre de signataires avoisine les 6000 noms, autant de personnes qui demandent à Vaclav Klaus d'user de son poids politique pour faire pression sur l'administration russe.

Fin octobre, le ministre des Affaires Etrangères slovaque, Eduard Kukan, s'était rendu à Moscou et avait expliqué à son retour que les services russes s'occupaient de l'enlèvement et qu'ils en connaissaient les auteurs, avant de finir par accuser les journalistes et la presse de ralentir l'ensemble du processus. Il est bien l'une des rares personnes à s'exprimer de manière aussi optimiste : le journal slovaque Pravda a rapporté les doutes de Tatiana Lokchinova, de l'organisation Helsinki pour les droits de l'homme, à Moscou, qui tendrait à craindre que Miriam ne soit déjà plus en vie.

Jaromir Stetina, photo: CTKJaromir Stetina, photo: CTK Il y a quelques semaines, Jaromir Stetina a accordé une interview à l'hebdomadaire Reflex : outre la manière dont certains médias ont traité le conflit, Stetina s'insurge contre l'amnésie et la surdité des hommes politiques dans le cas d'enlèvements tels que celui de Miriam : « C'est complètement immoral que nos médias et nos politiques ne s'en soucient pas. Regardez ce qu'a fait le président français lors de l'enlèvement des deux journalistes. Il a dit : ces journalistes, c'est la France. Est-ce que vous avez entendu quelque chose de semblable chez nous? C'est une honte ! On a l'impression que notre président ne sait même pas qu'il est arrivé quelque chose à cette pauvre enfant. »

Certes, à ce jour, il n'y a guère plus de nouvelles des journalistes français que de Miriam ; cependant, quatre mois après la disparition de cette dernière, peut-on dire que le président tchèque, qui dit avoir de « très bonnes relations » avec le président Poutine, ou les autorités slovaques aient réellement fait montre d'empressement dès le début pour secourir la jeune femme ? En tout état de cause, c'est en attendant sur une action citoyenne qu'il faudra placer ses espoirs.

Plus d'information sur : www.miriam.jevikova.net

Le 12 novembre 1989, Agnès de Bohême fut canonisée au Vatican

11-11-2004 | Jaroslava Gissübelová

Il y a 15 ans, le 12 novembre 1989, Agnès de Bohême, de la dynastie des rois Premyslides, surnommée "mère des pauvres" fut canonisée à Rome. L'Eglise étant un ennemi idéologique du régime d'alors, la canonisation a pris une importance particulière. Beaucoup la considèrent comme un prélude de la révolution de Velours qui a éclaté cinq jour plus tard.

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Agnès de BohêmeAgnès de Bohême Selon le prêtre Miloslav Fiala, la société tchécoslovaque a été trop sécularisée pendant 40 ans de dictature pour que les leaders de la révolution aient pu être directement inspirés par la canonisation. Mais lorsque des milliers de gens enthousiasmés et renforcés sont retournés de Rome, après la canonisation, c'était un réconfort et un défi pour tous. Depuis la semaine Palach en janvier 1989, les pressions ont pris de l'ampleur et on pressentait que quelque chose allait se produire, tôt ou tard. Et c'est dans cette attente que la canonisation a eu lieu, au Vatican. Les autorités ont refusé qu'elle soit organisée à Prague, sous prétexte de ne pas pouvoir garantir la sécurité du pape. Mais elles n'ont pas pu refuser les visas à près de 10 000 catholiques qui s'y sont rendus.

Agnès, née en 1211, fille du roi Premysl Otakar 1er, renonce à une carrière politique à laquelle elle est prédestinée, ainsi qu'à toute demande de mariage, pour consacrer sa vie à Dieu. Elle est profondément influencée par François d'Assise. Après avoir créé un hôpital et une école dans la Ville-Ville de Prague, Agnès devient fondatrice de l'unique ordre tchèque de la confrérie hospitalière reconnue par le pape en tant qu'Ordre des chevaliers de la croix. Jusqu'à sa mort en 1282, Agnès reste à la tête de cet ordre dont la mission est de soigner les malades, aider les pauvres et accorder un asile aux pèlerins. Peu après sa mort, le peuple la prend pour une sainte, croyant que sur son intercession des miracles se produisent. Les tentatives de béatification n'aboutissent qu'en 1874. Plus de 700 ans après sa mort, le 12 novembre 1989, Agnès est canonisée, au Vatican.

Treize jours plus tard, près de 7000 personnes participent à une messe pontificale à la cathédrale Saint-Guy à l'occasion de sa canonisation. La messe est célébrée par le cardinal Frantisek Tomasek. Des milliers de gens rassemblés devant le palais archiépiscopal le saluent en scandant des mots d'ordre invitant à la séparation de l'Eglise de l'Etat et en demandant la liberté pour les religieux et l'accomplissement conséquent des droits constitutionnels. Cet événement s'inscrit dans la série des manifestations perpétuées qui culminent le 29 décembre, par l'élection de Vaclav Havel.

Le mois de l'histoire noire pour la première fois à Prague

11-11-2004 | Alexis Rosenzweig

Mercredi, à Prague, se tenait une conférence avec pour thème l'histoire du peuple noir. Intitulée « pourquoi l'histoire noire est-elle une histoire populaire ? », cette conférence organisée à l'initiative de l'association Humanitas Afrika avait lieu dans la grande salle de la mairie de Prague.

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Vincent Zoundji, membre de Humanitas Afrika, nous en dit un peu plus :

"Il s'agit de célébrer une des journées du mois de l'histoire des Africains, ou bien des Noirs, qui se fait un peu partout dans le monde. Ce sont les Américains qui l'ont initié, et progressivement ça a pris toutes les autres partie du monde, Humanitas Afrika a décidé de l'instaurer en République tchèque, pour la première fois cette année. Les intervenants viennent de partout, il y a des Tchèques, des Africains, et des gens d'autres parties du monde également."

Zdislava Kratenova, chargée des relations publiques de l'association, a expliqué au micro de Radio Prague le but de Humanitas Afrika :

« Humanitas Afrika est née en 2000, à l'initiative d'Africains vivant en République tchèque et de Tchèques. Nous sommes une organisation tchéco-africaine, dont le but est d'approfondir la compréhension et promouvoir la tolérance entre les peuples. Nous avons également des programmes essentiellement centrés sur la formation et l'éducation. Le projet principal consiste à soutenir financièrement des élèves ghanéens vivant en dehors des villes. A Prague, nous espérons pouvoir fonder un centre d'information africain, avec une petite bibliothèque, donc en ce moment nous préparons l'installation de cette bibliothèque et de ce futur centre communautaire. »

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